Budget d’Etat/budget genre 2014 : QUELLE COHERENCE ?

Dans le cadre de son projet d’appui aux initiatives de contrôle citoyen de l’action publique financé par l’ambassade du Danemark, le Groupe de suivi budgétaire a organisé vendredi une rencontre consacrée aux « résultats de l’analyse de la cohérence du budget genre 2014 et le budget de l’Etat ». La rencontre qui s’est déroulée dans les locaux de la structure était présidée par le sous-directeur par intérim des aides extérieures de la direction générale du budget, Mohamed El Moctar Assadeck. Il avait à ses côtés Mme Keïta Fatoumata Boukanem de la Cellule stratégie de lutte contre la pauvreté (CSLP) et les consultants Boubacar Bougoudogo et Souleymane Diallo.

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Cette rencontre s’est attachée à partager avec les organisations faitières de la société civile, les partenaires techniques et financiers, les autorités politiques et administratives et les médias, les résultats de l’analyse de la cohérence entre le budget d’Etat et celui du genre de cette année. Le Groupe veut, à travers cette analyse, envoyer un signal fort aux départements sectoriels pour faire de la réduction des inégalités liées au genre, un objectif important de la planification et de l’affectation des ressources. L’initiative participe de l’évaluation du processus budgétaire 2014 et de la stratégie nationale de planification et budgétaire relative au genre.

La notion de genre s’inscrit actuellement dans le courant de la « bonne gouvernance ». Malgré les progrès réalisés, des inégalités économiques et sociales subsistent entre les femmes et les hommes à travers le monde. Les gouvernements se sont engagés à réduire ces inégalités suite aux législations et engagements adoptés lors de la Conférence mondiale des Nations unies sur les femmes (Pékin, 1995).

Le genre est un concept qui se réfère aussi bien aux rapports sociaux entre femmes et hommes qui sont des relations de pouvoir, qu’aux différences sociales entre les femmes et les hommes. D’autres différences peuvent également avoir un impact sur le genre et doivent être prises en compte dans le cadre des analyses du contexte et de la planification de projets. Comme la race ou l’ethnie, la classe sociale, l’âge, le statut familial, etc. L’intégration du genre permet « l’amélioration, le développement et l’évaluation des processus politiques afin que l’inégalité hommes-femmes soit incorporée dans toutes les politiques », explique le rapport. Il y est aussi précisé que la budgétisation sensible au genre (BSG) est une politique qui examine de manière comparative la situation des hommes et cette approche vise à réfléchir à l’inégalité des femmes et hommes de manière préventive et transversale dès l’élaboration d’une politique sur les effets différenciés que celle-ci pourrait avoir sur l’un ou l’autre sexe. Elle vise aussi à déterminer si elle est susceptible de réduire ou, au contraire, de renforcer des inégalités existantes. Ainsi, la budgétisation sensible au genre (BSG) est une démarche qui permet le leadership des femmes dans les sphères publiques et productives de la politique, de l’économie et de la société, au parlement, dans les institutions de la société civile, souligne le rapport.

La BSG est l’analyse de l’impact de l’allocation des ressources publiques sur l’égalité des femmes et des hommes. Elle est donc un outil de gestion qui doit permettre d’atteindre l’objectif gouvernemental d’égalité des femmes et des hommes, mais aussi d’assurer une gestion efficace pour la satisfaction du citoyen, ajoute  le rapport.

Ramatou SENOU

source : essor

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