BTP : la prédominance des entreprises étrangères inquiète les professionnels

L’Organisation Patronale des Entrepreneurs de la Construction au Mali (OPECOM) était en Assemblée Générale. C’était samedi dernier au siège du Conseil National du Patronat du Mali (CNPM). Objectif: informer les membres sur le rapport d’activité 2014. C’était en présence du ministre de l’Equipement, des Transports et du Désenclavement, M. Mamadou Hachim Koumare.

Mamadou Hachim Koumaré Ministre Equipement transports désenclavement

L’Organisation Patronale des Entrepreneurs de la Construction au Mali, l’ordre des Ingénieurs Conseils, l’Ordre des Urbanistes, l’Ordre des Architectes, l’Ordre des Géomètres-Experts, tous sont d’accord sur un point: le Mali est en chantier, des centaines de milliards sont débloqués par l’Etat. Mais plus de 70% de cette manne financière échappe aux entreprises nationales. Ce constat général a été fait lors de cette journée d’échange entre professionnels des bâtiments et travaux publics.

Prenant la parole, le président de l’OPECOM, Ismaël dit Siratigui Diallo, est le premier à faire part de son inquiétude. « La plupart des marchés dans le domaine des BTP aujourd’hui sont attribués à des entreprises étrangères. Il existe une opacité totale dans le traitement des appels d’offre. Le phénomène est tel que l’on se demande parfois si ceux qui attribuent ces marchés sont vraiment des Maliens. Personne ne viendra développer le Mali à la place des Maliens», a affirmé le président de l’OPECOM, avant d’égrainer une série de mesures à prendre à court et  long terme, en vue de redresser le secteur.  Il s’agit entre autres, d’assouplir les critères d’attribution des marchés, notamment le niveau de caution, les chiffres d’affaires et d’autres critères tels que l’exigence de réalisation des travaux similaires; de dédommager les entreprises qui ont subi des préjudices lors de la crise politico-sécuritaire qu’a connue le Mali; mettre en place un fonds de garantie au profit des entreprises du BTP; élargir le préfinancement des marchés aux entreprises nationales; exiger la préférence nationale ou communautaire aux marchés sur financement extérieur depuis la signature des conventions; exiger la sous-traitance à hauteur de 40% au moins des travaux par les entreprises nationales ; la mise en place d’une société de location des entreprises nationales. Faisant écho aux préoccupations qui lui sont soumises, le ministre de l’Equipement, des Transports et du Désenclavement, M. Mamadou Hachim Koumare, a promis de s’attaquer au mal. Il a également exigé des entreprises nationales la compétence et la qualité. Par ailleurs, il a annoncé la création future par son département d’un prix dont le décernement signifiera la reconnaissance du gouvernement aux entreprises nationales les plus méritantes.

Mamadou TOGOLA

 

Source: Canard Déchainé

Vous aimez nos articles, suivez-nous

Articles similaires.