BIM-SA : Chronique d’une faillite

Manque de liquidité dans les caisses, micmac orchestré pour empêcher des clients de rentrer en possession du fruit de leur labeur, la banque internationale pour le Mali (BIM-SA) semble lanterne rouge du secteur bancaire tellement la situation est grave. Explications.

 

A la banque Internationale pour le Mali (BIM-SA), filiale du Groupe Attijariwafa bank, fini le temps de traiter son client avec respect et considération. Le temps du client roi est révolu, même si la raison d’être d’une entreprise demeure ses clients. Ces derniers temps, servir le partenaire jusqu’à la satisfaction n’est plus une priorité.

Pour la petite histoire, les enseignants affiliés à cette structure bancaire ont tous les problèmes du monde pour rentrer en possession de leurs salaires du mois de novembre dernier, au même que ceux des banques telles que la BNDA, la BMS-SA, la BDM-SA… n’ont eu aucun souci du genre.

Selon  ces clients de la BIM-SA, qui crient leur insatisfaction du service bénéficié, le retard de salaires ou la retenue sur les prêts ne sont que la partie visible des multiples difficultés que la BIM fait subir à ses clients.

Dans la plupart des agences de la BIM-SA en ce temps de covid-19, les clients voulant faire de retrait sont obligés de rester sous soleil accablant. Il n’y a même pas de hangar ou de chaises devant des agences, réservés aux clients.

Nous sommes à l’agence de Banakabougou, le vendredi 11 décembre dernier. Ici, les affiliés à cette banque sont obligés de rester sous soleil ardent, pas de chaises non plus. Certains étaient contraints par la force de l’incompétence de l’agence à s’asseoir sur des motos au parking. Ce jour, après un léger temps de travail, c’est une longue attente pour les clients, faute de liquidité à la caisse avant le ravitaillement vers 11 heures.

Fatigué, un client se fâche et lâche sa colère: « Il faut même fermer cette agence, on n’ena pas besoin. Nous devons tous quitter cette banque pour nous faire respecter au moins. » Avant de décamper sans être servi.

Après cet épisode, un autre client, domicilié à l’agence de Kalaban 1 s’est vu refoulé à la caisse, parce que son gestionnaire est injoignable. Selon le témoignage du client qui se dit trop déçu, le chef d’agence de Kalaban 1 n’est pas à sa première.

«A chaque fois que je veux faire un retrait, c’est le calvaire qui commence pour moi. On téléphone en vain à lui. Il est toujours sur répondeur, aux heures de travail », raconte notre interlocuteur qui s’interroge : « Est-ce possible qu’un chef d’agence soit sur répondeur à chaque fois qu’on a besoin  de lui ? Ne le fait-il pas en complicité avec sa hiérarchie pour freiner le mouvement d’argent ? ». Rien n’est moins sûr.

Selon les spécialistes du secteur des banques, la lenteur de la BIM-SA s’explique par ses méthodes archaïques de traitement, abandonnées de nos jours par la plupart des banques au profit des nouvelles technologies.

De par cette pratique huilé qui consiste à empêcher les clients de retirer ce qui leur appartient, il y a lieu de s’interroger sur les raisons profondes de cette nouvelle situation qui n’augure pas du bon pour les détenteurs des liquidités. Ne dit-on pas que quand le mal s’annonce, c’est le sauve qui peut ?

O.M

Source : L’observatoire

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