APCAM : Les paysans exigent la vérité sur des nouveaux marchés d’intrants agricoles

Il est demandé au successeur de Bakary Togola des éclaircissements sur des décisions surprenantes dont l’attribution des marchés de fournitures d’intrants agricoles à un soumissionnaire moins disant. Le collectif des paysans producteurs de coton du Mali a écrit au président par intérim des Société coopératives des producteurs de coton une lettre le 23 décembre dernier à l’issue d’une réunion à Bamako.

 

Si les producteurs ont agi de la sorte, c’est que leurs représentants étaient présents à l’ouverture des plis quelques semaines avant. Et c’est sur la base des informations données par leurs délégués ayant participé aux travaux de passation des marchés d’intrants coton pour la campagne 2019-2020 que le collectif a demandé des comptes au président par intérim du GIE  chargé des intrants.

Selon la lettre des paysans, à l’ouverture des plis le fournisseur Afrique Auto a proposé 192 500 FCA la tonne d’urée, il était alors le moins disant. Mais à la surprise générale, le collectif a appris qu’un marché de 5000 tonnes a été donné au même fournisseur à 287 500 CFA la tonne et le reste des quotas à d’autres fournisseurs au même prix.

Au total, le besoin en urée s’élevait à 105 000 tonnes, soit une différence de 95 000 FCA par tonne. Le  collectif qualifie de surcharge ce surplus et exige des explications pour rassurer les acheteurs finaux que sont les paysans.

Autre zone d’ombre, en ce qui concerne la qualité des intrants, le collectif a observé que seul TOGUNA dans la formulation du complexe coton prévoit en plus du NPK, le Calcium. Pourtant,  le marché a été attribué à d’autres fournisseurs des formules sans calcium. «Dans les quatre phases de développement du cotonnier tous ces éléments fertilisants NPK sont importants, mais le calcium est obligatoire dans trois phases sur quatre, le P deux fois sur quatre, le N une fois sur quatre et le K trois fois sur quatre », déplore le collectif.

En somme, le collectif des paysans affirme que tout complexe coton sans calcium et d’autres oligo-éléments est de qualité douteuse. Pour sa défense, les « accusés » ont donné une explication sur la décision litigieuse. En fait, ils ont décidé du «maintien des prix de soumission en lieu et place des prix d’adjudication. Il a été choisi de prendre « le prix contractuel 2019/2020 si le prix de soumission 2020/2021 est supérieur au prix contractuel 2019/2020. Le prix de soumission 2020/2021, si le celui-ci est inférieur au prix contractuel 2019/2020».

Pour ne rien arranger à la situation, Crop Life, le partenaire du Mali dans l’importation des intrants, le retard de la signature des contrats compromet sa capacité à tenir le délai du 31 mars pour fournir la dotation nécessaire à la prochaine campagne. Crop Life regrette que « ces contrats ne sont toujours pas disponibles» dans une lettre datée de décembre dernier.

Or, les  90% des produits sont conçus en Chine et en Inde et leur fabrication est conditionnée à la mise en place des instruments bancaires de paiement, conditionnée à son tour à la signature des contrats. Par ailleurs, les fêtes chinoises qui durent un mois commencent en janvier, donc toute commande confirmée en janvier ne sera fabriquée qu’en février. Il faut ajouter à cela que les fournitures en provenance d’Inde et de Chine destinées au Mali prennent un délai de livraison oscillant entre 135 et 150 jours.

Soumaila T. Diarra

Source: Le republicain mali

Vous aimez nos articles, suivez-nous

Articles similaires.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *