3es journée des banques au Mali : L’impact de la crise en débats

Deux activités majeures domineront cette édition 2013 des « Journées des banques ». Mais l’un des moments les plus attendus et qui fera l’objet d’échanges fructueux entre les professionnels des banques, étudiants et chercheurs, sera sans doute la conférence débats sur l’impact de la crise sur l’activité économique et le fonctionnement des banques et établissements financiers. D’ores et déjà, le président de l’APBEF estime à plus de 18 milliards de F CFA la perte subie par les banques à cause de la crise.

Moussa Alassane Diallo, président de l’APBEF

Fidèle à sa tradition, l’Association professionnelle des banques et établissements financiers (APBEF) organise les 5 et 6 avril prochains au CICB, la 3e édition des « Journée des banques » au Mali.
Rendez-vous d’échanges et de promotion de l’activité bancaire dans notre pays, ces journées offrent aux banques de s’ouvrir au public et de renforcer le lien partenarial avec les consommateurs, explique le président de l’APBEF, qui était face à la presse le 28 mars au siège de l’organisation.
L’objectif de cette rencontre est promouvoir au Mali la bancarisation. Selon Moussa Alassane Diallo, si celle-ci reste un instrument incontournable de développement, son taux demeure encore très faible dans notre pays, avec 11 % contre un objectif de 20 % avant la date du 31 décembre 2012.
Les Journées des banques au Mali visent également à vulgariser les produits et services bancaires. C’est pour cela, ajoute le président Diallo, l’une des activités majeures sera l’organisation du salon des banques et établissements financiers.
« Chaque banque et établissement financier animera un stand pour présenter ses produits et services et discutera avec les visiteurs du salon », précise-t-il. Ce salon, ajoute Moussa Alassane Diallo, prévoit l’installation des stands animés par les cadres des banques et vise à créer un espace d’expression pour les structures bancaires.

18 milliards de pertes
Cette année, les « Journée des banques »  interviennent dans un contexte particulier, marqué par la crise politique et sécuritaire au Mali. Quel est l’impact de cette crise sur le secteur des banques et des finances dans notre pays ? Les organisateurs vont engager la réflexion sur la question à travers une conférence débats sur la thématique.
Cette conférence, qui réunira les professionnels du secteur, les étudiants et chercheurs, sera l’occasion d’évaluer les conséquences de la crise sur les banques et le budget d’Etat. Ce qui fait dire au président de l’APBE, que cette tribune sera celle d’un échange avec le public sur une question d’actualité.
Mais d’ores et déjà, M. Diallo annonce une perte globale de plus de 18 milliards de F CFA pour les banques et établissements financiers suite au coup d’Etat du 22 mars et la chute des trois régions du Nord. Sur ce chiffre, détaille le président de l’APBEF, 4 milliards sont perdus au titre des encaisses, 12 milliards sont dus à la faillite des entreprises financées avant la crise, et 2 milliards suite aux dégâts matériels après les saccages des bâtiments et le vol des engins après l’envahissement du Nord par les groupes armés.
Heureusement, renchérit le président de l’APBEF, aucune perte en vies humaines n’a été enregistrée. Si le conférencier est formel que le retour des banques dans les trois régions du Nord ne sera effectif qu’après le retour de la paix et de la stabilité, il convient que la reconstruction ne se fera pas sans les structures bancaires.
Aussi, promet-t-il, l’épreuve de la crise doit être vite remontée. « On ne va pas annoncer la fin du monde à cause de cette perte, car la crise est une dimension de la gestion économique des entreprises… », rappelle Moussa Alassane Diallo, pour qui l’une des innovations de cette année, sera sans doute la participation des étudiants des filières banques de l’Université du Mali.
« Il s’agit pour nous d’établir une relation entre les banques et les établissements de formation des ressources humaines », conclut-il.
Issa Fakaba Sissoko

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