Corridor Mali-Sénégal : les acteurs portuaires actualisent le pacte de Saly

Maliens et Sénégalais relisent et actualisent depuis hier le Pacte de Saly, un accord signé le 30 novembre 2020 par l’ensemble de la communauté des acteurs portuaires de Dakar. L’atelier d’information de deux jours organisé à cet effet se tient dans un hôtel de la place. L’ouverture des travaux a été présidée par la ministre des Transports et des Infrastructures. Dembélé Madina Sissoko avait à ses côtés son collègue chargé de l’Industrie et du Commerce, Mahmoud Ould Mohamed, le directeur général du Port autonome de Dakar, Aboubacry Sédikh Bèye et le président de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali, Youssouf Bathily.

Cette rencontre fait suite au Forum économique sénégalo-malien tenu à Dakar les 3 et 4 juin derniers. Elle est une réponse des autorités sénégalaises à l’invitation de l’Union nationale des chambres consulaires du Mali, partenaire essentiel du Port de Dakar visant à passer en revue les 58 points de consensus obtenus à Saly entre les acteurs de la communauté portuaire.

L’objectif recherché est de raffermir les relations entre nos deux pays à travers la relecture et l’actualisation du Pacte de Saly, a annoncé le ministre de l’Industrie et du Commerce, à l’entame de son propos. Il s’agit, pour Mahmoud Ould Mohamed, de parvenir à une meilleure fluidité du trafic sur le corridor Bamako-Dakar et une uniformisation des coûts et tarifs appliqués de part et d’autre. La rencontre servira également de cadre d’échanges autour d’autres préoccupations qui entravent la libre circulation des personnes et des biens sur ce corridor, a-t-il ajouté.

Cela est nécessaire au regard de l’importance des échanges commerciaux entre nos deux pays. «Plus de 80% des importations du Mali passent par le Port autonome de Dakar. Près de 90% de nos exportations transitent également par le même port. Conséquemment, une bonne partie des recettes du Port autonome de Dakar provient de ce trafic. C’est dire combien nos deux pays sont interdépendants au moment où la compétitivité devient de plus en plus rude, voire agressive», a souligné Mahmoud Ould Mohamed, rappelant qu’aujourd’hui, tous les ports de la sous-région se modernisent pour être davantage compétitifs. Ce qui lui fait dire que le Pacte de Saly demeure un précieux outil qui mérite d’être actualisé.

Abondant dans le même sens, la ministre des Transports et des Infrastructures a attiré l’attention sur l’évolution croissante du volume du trafic de marchandises sur ce corridor qui est passé de 3.792.555 tonnes à 4.088.247 tonnes sur la période allant de 2018 à 2020. Dembélé Madina Sissoko a également rappelé la présence de Maliens sur la quasi-totalité des segments d’activités du Port autonome de Dakar : trafics conteneurisé, conventionnel, routier et le segment des hydrocarbures. Elle s’est aussi félicitée des concours actifs des Chambres consulaires et des services techniques de son département à la pérennisation des actions d’assistance quotidienne des opérateurs économiques sur l’axe Dakar-Bamako pour l’approvisionnement correct et à moindre coût du pays en produits de première nécessité.

En dépit des efforts fournis pour rendre le corridor compétitif, force est de constater que de nombreuses recommandations issues des rencontres antérieures peinent à être matérialisées. En la matière, Dembélé Madina Sissoko a cité les recommandations concernant le droit de transit des produits pétroliers à l’instar des autres marchandises, la baisse des frais de dépotage, la réduction des frais d’escorte, les tracasseries routières, la relecture de la convention concernant l’utilisation des installations portuaires affectées au Mali, la relance du trafic ferroviaire entre Dakar et Bamako.

Pour sa part, le directeur général du Port autonome de Dakar a expliqué : «L’évolution du transit malien entre 2018 et 2020, en termes de tonnage global (3% à 8%), sur le trafic global portuaire de 14% en 2020 de même que le top 5 de votre transit des principaux produits, augurent des lendemains meilleurs pour notre partenariat», a souligné Aboubacry Sédikh Bèye. De ce point de vue, a-t-il ajouté, «votre activité sur la place portuaire devra, comme toujours, bénéficier de facilités et d’avantages aussi bien dans les procédures administratives que sur les corridors, pour un partenariat gagnant/gagnant.»

Makan SISSOKO

Source: Essor
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