Veille de gel des positions des mouvements armés ; Apres Kidal et Gao, Tombouctou dans la tourmente

Le vendredi 30 janvier 2015, des hommes armés ont attaqué le village de Kano, dans la région de Tombouctou. Bilan : un mort et une vingtaine de personnes pris sommairement en otage. Le même jour, Bamba, un village de Gao, a été attaqué par des bandits armés qui ont pillé des boutiques. Le Nord du Mali est en proie, depuis des semaines, à une violence inouïe au moment où l’ONU annonce la tenue prochaine, à Alger, d’une réunion extraordinaire pour geler les positions des mouvements armés dans cette partie du pays et à créer les conditions d’une reprise des pourparlers inclusifs de paix.

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Le vendredi, un groupe armé non identifié a fait une victime et enlevé brièvement une vingtaine de personnes dans le village de Bamba(Tombouctou). Abdoulaye Maiga, un élu local de la région de Tombouctou, contacté par l’AFP, a fait état d’une vingtaine de personnes (des habitants) qui ont été brièvement enlevées et un habitant du village a été tué par une roquette tirée contre sa maison par les assaillants. « L’enlèvement a duré quelques heures avant que la vingtaine de personnes ne soient libérées par les ravisseurs à la suite d’une «intervention de notables». Les assaillants, des hommes à la peau claire, qui appartiennent à un groupe armé évoluant sur le terrain et dont certains étaient enturbannés, ont emporté des biens appartenant aux villageois et détruit quelques cases », a indiqué la source à l’AFP. A Bamba, dans la région de Gao, le même jour, des hommes armés ont pillé des boutiques et emporté des marchandises. Ces attaques viennent confirmer la recrudescence de la violence, dans le Nord du Mali, depuis plusieurs semaines, contre les forces maliennes, mais également contre les civils. Après Tenenkou(Mopti), Nampala(Ségou), Tabankort(Gao) et la ville de Kidal, la violence s’est invitée dans la région de Tombouctou. Une situation, sans précédente, qui illustre l’enlisement des négociations de paix à Alger. Le 17 janvier une attaque complexe a été menée contre le camp de la Minusma à Kidal qui s’est soldée par la mort d’un casque bleu et un blessé, tous deux appartenant au contingent tchadien. Mais avant, le vendredi 16 janvier, la ville de Tenenkou subissait l’assaut d’une attaque « djihadiste » faisant 3 morts (des militaires maliens), une victime civile, 5 blessés et 6 terroristes tués. Auparavant, le 5 janvier, le camp militaire de Nampala, près de la frontière mauritanienne, a été la cible d’une attaque terroriste. 14 militaires maliens y perdront la vie. Outre ces attaques terroristes, les groupes armés du Nord s’entredéchirent pour le contrôle du territoire. Et cela, en violation flagrante du cessez- le-feu dans le Nord comme prévu dans les différents accords de médiation. La localité de Tabankort, dans la région de Gao, par sa position géographique, est devenue, ces derniers moments, la convoitise des groupes armés, toutes tendances confondues (Gatia, Mnla et du Hcua etc.) Face aux tirs directs dans leur direction le 17 janvier, les casques bleus ont utilisé les moyens forts, en bombardant la position rebelle dans cette zone. Le mercredi 20 janvier, la tension qui a regagné Kidal s’est traduite par des manifestations contre la Minusma et des actes de désobéissance en brûlant des pneus sur les grandes artères de la ville et en s’attaquant aux équipements et aux bureaux de la Minusma. A noter que ce regain de violences inouïes intervient alors que le gouvernement et les groupes armés doivent bientôt entamer une nouvelle étape des pourparlers dans la capitale algérienne.                          Madiassa Kaba Diakité

 

source : Le Républicain

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