Situation de Kidal : L’Etat malien et la communauté internationale interpellés à l’EID

La salle de mille places du Centre internationale de conférence de Bamako (CICB) a abrité le mardi 10 décembre 2013, les travaux de la 18ème session de l’Espace d’Interpellation Démocratique (EID). Cette journée commémorative de la déclaration universelle des droits de l’homme était placée sous l’égide du Médiateur de la République.

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Elle a enregistré la présence des membres du gouvernement dont le premier ministre Oumar Tatam Ly, des diplomates accrédités au Mali, des représentants des partis politiques, des organisations de la société civile et de défense des droits de l’homme. Pour une fois, la a société civile malienne n’a pas fait que de la figuration. Elle a plutôt interpellé la communauté internationale et l’Etat malien d’éclaircir la situation de la région de Kidal qui est devenue une zone de non droit.
« La situation de Kidal reste énigmatique pour nous. C’est une zone de non droit où deux journalistes de la Radio France Internationale ont été assassinés. La paix et la réconciliation  ne seront pas possibles sans la justice. Ce retour progressif à la normalité ne doit pas occulter les faits graves. A cet effet, nous interpellons la Communauté internationale et l’Etat Malien d’éclaircir la situation de Kidal», c’est ce qu’a déclaré le représentant de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH-Mali) lors de cette session d’interpellation démocratique. A quand la fin du traitement spécial réservé à la région de Kidal ? S’interroge le président du Conseil national de la jeunesse (CNJ-Mali), Mohamed Salia Touré. Avant de souligner que Kidal  n’est pas ailleurs, mais c’est le Mali. Le représentant du Barreau malien, Me Konaré a émis l’inquiétude des avocats sur le fait de la domination de la communauté internationale sur l’Etat malien ou du moins l’obligeant à négocier avec un groupe armé étant donné que le premier ministre a été empêcher d’atterrir à Kidal. Qu’est devenu alors la Résolution 2100 ? s’interroge-t-il. Pour Me Konaré, l’Etat malien a faillit à cause de l’injustice. Selon le représentant de la Ligue pour la justice et le développement des droits de l’homme, la Résolution 2085 du Conseil de sécurité des Nations Unis exige à la Communauté internationale de soutenir l’Etat malien. Pourtant la branche armée du Mnla ne désarme toujours pas à Kidal, a-t-il dit. A cet effet, il a exigé des sanctions pour tout manquement. Au total, plus d’une dizaine d’organisations de défense des droits de l’homme, a fait des contributions et la plupart d’entre elles ont invité l’Etat malien d’assurer la protection des droits humains dont la liberté de la presse. « Le 6 mars 2013, le journaliste Boukary Daou a été arbitrairement arrêté puis libéré. Nous demeurons attaché à la liberté de la presse », a dit le représentant de l’Association malienne des droits de l’homme. Mme Keïta Mariam Touré d’Amnesty international Mali a émis certaines préoccupations dont la violence faite aux femmes, la prolifération des armes légères et la peine de mort. Bréhima Allaye Touré du conseil national de la société civil, a fait savoir que plus de 1600 villages n’ont pas d’eau potable au Mali. Selon lui, le chômage des jeunes, la corruption et la délinquance financière demeurent des défis majeurs pour le Mali.
177 dossiers sur la table de l’EID
Au cours de son speech, le Médiateur de la République Baba Hakib Haïdara a fait savoir que 117 dossiers ont été enregistrés cette année. Avant d’ajouter que les interpellations reçues pour cette 18ème session touchent l’inoxydable domaine du foncier, de l’exécution des décisions de la justice, de la régulation des situations administratives et celui du non-respect des engagements contractuels de l’Etat. « L’accroissement du nombre d’interpellation traduit la confiance que, dans leur quête de justice et d’équité, les citoyens maliens placent dans l’institution du Médiateur de la République », a conclu Baba Hakib Haïdara. Le président de la commission national d’organisation de l’EID, Mamadou Thiam a signalé que le bilan de la 17ème session s’articule autour de 110 interpellations et 34 recommandations. Les travaux de cette 18ème session étaient dirigés par 7 membres et un invité d’honneur avec à sa tête Joseph N Gnonlonfoun, médiateur de la République du Bénin. « Le processus démocratique n’est jamais achevé. Ça se construit et progresse. La devise du Mali ‘’Un peuple-un but-une foi’’ peut conduire au développement », a dit le médiateur de la République du Bénin.
Aguibou Sogodogo

SOURCE: Le Républicain

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