Signature de l’accord de paix ce vendredi : Un second 15 AVRIL ?

Cette semaine s’annonce décisive pour le retour de la paix. Car, elle doit consacrer l’aboutissement de huit long mois de négociations, pour la signature de l’accord de paix d’Alger. Mais à quelques encablures de la date du 15 Mai, l’espoir de voir toutes les parties signer la paix est mince. Le scénario du 15 Avril se profile.

Il aura fallu, du temps, de l’abnégation, de l’énergie et de la patience pour avoir cette paraphe de l’accord de paix que nous avons sous la main. On ne cessera jamais de rappeler que c’est au bout de huit mois et de cinq rounds, donc d’incessants  va et vient entre Alger et Bamako qu’il a été obtenu. Respectant les lignes rouges fixées par le gouvernement ou comportant les germes de la partition du pays c’est selon, cet accord ambitionne de mettre fin à 03 ans de crise avec son bilan macabre de part et d’autre. Mieux, elle veut mettre fin au martyrs d’innocentes populations du Nord, de faire revenir les déplacés des camps de réfugiés pour ensuite conduire avec sérénité le pays vers le développement durable et l’émergence. Tout cela  doit quitter la sphère des ambitions pour se concrétiser à partir de la signature de l’accord ce vendredi. On veut bien y croire. Mais à l’allure ou vont les choses, il n’est pas exclure que la Coordination des Mouvements de l’Azawad reste sourde à l’appel de la paix.

Après avoir refusé de parapher l’accord le 01 Mars dernier, elle n’envisage pas de signer ce 15 mai, car accusant l’Etat d’avoir violé l’accord de cessez le feu, en leur  infligeant de lourdes pertes à Ménaka, Léré, Goundam, Bitagoungoun etc.  Hors, la signature par le gouvernement, la plate forme et la médiation sans celle de la Coordination n’est pas sans danger. On s’égosille à dire que « ceux qui ne signeront pas, seront considérés comme des ennemis de la paix. » Mais, à quoi sert un accord, s’il ne fait pas taire définitivement les armes, synonyme de paix retrouvée ?

En qualifiant ceux qui vont refuser de signer, donc la CMA « d’ennemis de la paix » ; l’on pense à une lutte implacable contre elle, si elle s’abstient de signer le 15 Mai, ce qui est plus que probable. Si tel était le cas, combien de civils y périront encore ? Quand prendra fin cette nouvelle escalade de violents combats, comme on semble le promettre, surtout, quand on a en face des gens passé maître dans les techniques de la guérilla se manifestant par des attaques sporadiques ?

La réponse, c’est que sans le seing de la CMA au bas de l’accord, la paix tant souhaitée et rêvée ne sera que chimère. La conséquence, ce serait de voir l’ouverture de nouvelles négociations, avec comme conditions la mise à l’écart de la plate forme et la prise en compte de leurs doléances remises à la médiation le 17 Mars à Kidal.

Certes, après l’envoi des cartons d’invitations aux chefs d’Etats et la mobilisation de la communauté internationale, le Mali ne peut plus capituler.  Mais, signer un accord sans ceux-là,  à cause de qui le processus a été initié,  c’est reconnaitre l’échec de la médiation.

Mohamed DAGNOKO

source : Le Pouce

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