Signature de l’accord d’Alger par la Cma : Est-ce le début de la fin de la rébellion armée ?

Un mois après l’annonce d’un accord de paix par nos plus hautes autorités, la rébellion touarègue a finalement joint sa signature au texte, samedi dernier, 20 juin 2015. L’absence des représentants de la Coalition des mouvements de l’Azawad (Cma) avait considérablement affaibli l’accord, négocié depuis de long mois, et signé le 15 mai à Bamako par le gouvernement, la Plate-forme et la médiation internationale. Cette signature par la Cma intervient après moult chantages du Mnla et de ses alliés. Vont-ils définitivement enterrer la hache de la guerre ?

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Depuis les évènements du 21 mai 2014, le mouvement rebelle se croyait en supériorité militaire et pensait pouvoir faire capituler la partie malienne. Toutes formes d’accords et d’actes de bonne volonté pour le maintien de la paix ont été signées entre le gouvernement malien et les groupes rebelles depuis près d’un demi-siècle. Malheureusement, à chaque nouvelle génération, une nouvelle rébellion se fomente et les accords de cessez-le-feu ne tiennent plus.

 

Le Mnla, le Hcua et le Maa, qui d’autres après eux ?

L’Azawad est une gangrène au développement harmonieux du Nord du Mali. Les jeunes enrôlés dans les rangs séparatistes, sont surtout attirés par l’appât du gain et l’argent facile. On gagne beaucoup d’argent dans les pillages, les braquages, les trafics, sans compter les primes et autres salaires de mercenaires. Pour un jeune du Nord, le narcotrafic, la rébellion ou le jihad sont des aubaines par rapport à la vie de berger ou de commerçant. C’est très difficile de renvoyer ces «soldats du désert» à l’école, car ils se sont habitués à l’argent facile. Manier les armes, devient alors, une question de survie dans les conditions extrêmes du désert. On pourrait offrir des parachutes dorés aux leaders des mouvements actuels et vivre en paix pour un temps mais, cela ne garantira pas la naissance d’un mouvement militaire pour l’Azawad. Et ils le savent, les éléments du Mnla, du Hcua, du Maa…qui viennent de signer l’accord d’Alger. Et après eux, qui d’autres prendront les armes pour déstabiliser le Mali ? De toutes les façons, il faut s’attendre à tout, notamment à la volte-face de ces narco-trafiquants et terroristes.

 

Un heureux épilogue ?

 

Rien n’est moins sûr pour le moment. Après plus de trois années de turbulence et d’instabilité, une fenêtre d’espoir, croit-on, vient de s’ouvrir dans notre pays avec la signature de l’accord  pour la paix et la réconciliation au Mali, issu du processus de paix d’Alger, par la Coordination des mouvements de l’Azawad. Selon certains optimistes, cet «heureux épilogue» d’une crise complexe a été rendu possible, pour sceller la paix, la réconciliation et la fraternité entre tous les Maliens qui se sont entredéchirés, grâce à l’abnégation d’une médiation internationale, dont l’Algérie est le chef de file et la bonne volonté de toutes les parties maliennes, lassées par des crises à répétition.

 

En tout cas, le président Ibrahim Boubacar Keïta a qualifié  d’«historique» la signature de l’accord par la Cma, qui marque «la réconciliation entre les frères Maliens».  Le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Ramtane Lamamra, qui a conduit les négociations, a affirmé, quant à lui, qu’il s’agissait d’un «jour historique et d’un nouveau tournant dans l’histoire du Mali», saluant «un nouveau départ, une nouvelle opportunité et une nouvelle destinée pour cette grande nation malienne». De son côté, le représentant de la Cma, Mamadou Djéri Maïga, a déclaré qu’«une paix ne se gagne jamais sur la base d’une simple signature», affirmant que la coordination «s’engage à s’appliquer pour l’instauration d’une paix durable et définitive au Mali».

 

On espère vivement que ce pays en proie à l’instabilité depuis plus de trois ans, va pouvoir tourner une des pages des plus sombres de son histoire en réconciliant tous ses enfants, avec un objectif commun: la refondation des fondements du pays pour retrouver la place qui lui sied dans le concert des nations. Mais, attention ! Les rebelles armés du Nord du Mali, quoique dorlotés et chouchoutés, n’ont jamais tenu parole et tiennent mordicus à leur fantasmagorique «république de l’Azawad». Vont-ils cette fois-ci définitivement déposer les armes et se tourner résolument vers la paix ? L’avenir nous le dira !

 

Albert GUEYE

Source: AUtre presse

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