Serval, Barkhane : retour sur huit ans d’engagement militaire au Mali

Ce lundi et mardi, le sommet de N’Djamena regroupera Paris et ses partenaires autour de la question de l’engagement militaire de la France au Sahel.

 

Huit ans d’engagement militaire au Sahel, des milliers de soldats mobilisés, de nombreuses victoires tactiques mais qui peinent à se traduire politiquement, et plus de 50 morts dans ses rangs… La France réfléchit aujourd’hui à ajuster ses efforts concernant sa présence militaire au Mali. Éléments de chronologie avant le sommet de N’Djamena qui réunira dans les prochains jours Paris et ses partenaires autour de la question.

2012 : les djihadistes dans le Nord du Mali

Le 17 janvier 2012, la rébellion touareg du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) et d’autres combattants rentrés de Libye lancent une offensive dans le Nord du Mali. Fin mars, les rebelles indépendantistes, vite évincés par leurs alliés islamistes associés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), dont Ansar Dine dirigé par le chef touareg Iyad Ag Ghaly, prennent le contrôle des trois régions du Nord : Kidal, Gao puis Tombouctou.

Le 11 janvier 2013, la France lance l’opération Serval au Mali pour enrayer la progression de ces djihadistes. Fin janvier, les soldats reprennent Gao, entrent sans combat dans Tombouctou et s’emparent de l’aéroport de Kidal. Peu après, le président François Hollande est accueilli en libérateur. Le 1er juillet, la Mission intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (Minusma) prend le relais d’une force panafricaine.

2014 : Barkhane remplace Serval

En mai 2014, cuisante défaite pour l’armée malienne à Kidal : des groupes rebelles touareg et arabes reprennent le contrôle de la ville. Le 1er août, Serval est remplacée par Barkhane, une opération à vocation régionale forte de 3000 soldats français au Sahel. Ils sont aujourd’hui 5100.

En mai-juin 2015, l’accord de paix dit d’Alger est signé entre gouvernement et ex-rébellion. Jamais appliqué, il reste la référence pour une sortie de crise. Depuis, les violences se sont propagées vers le sud, puis le Burkina Faso et le Niger voisins. En février 2021, Bernard Emié, patron du renseignement extérieur français, confirme que les pays du Golfe de Guinée, notamment le Bénin et la Côte d’Ivoire, sont eux aussi devenus des cibles d’Al-Qaïda.

2015-19 : attentats en série

À partir de 2015, les attaques contre les forces sahéliennes ou étrangères se multiplient. Engins explosifs artisanaux, attaques éclair de djihadistes à moto, attentats… De nombreux lieux fréquentés par des étrangers sont visés. Le 20 novembre, un attentat contre l’hôtel Radisson Blue fait 20 morts, dont 14 étrangers. Depuis, l’état d’urgence est imposé quasiment sans interruption au Mali.

En mars 2017, les djihadistes liés à Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), dont les groupes de l’Algérien Mohktar Belmokhtar et du prédicateur radical peul Amadou Koufa, se fédèrent en un « Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans » (GSIM), dirigé par Iyad Ag Ghaly.

La région est également aux prises avec le groupe État islamique au grand Sahara (EIGS), auteur d’une série d’attaques d’ampleur fin 2019 contre des bases militaires au Mali et au Niger. Il est désigné ennemi numéro un lors du sommet de Pau de janvier 2020 entre Paris et ses partenaires du G5 Sahel (Mauritanie, Mali, Niger, Burkina Faso, Tchad).

2020 : des chefs tombent

Outre l’accent mis sur l’EIGS, Barkhane poursuit en 2020 sa politique de « neutralisation » des cadres djihadistes. Le 4 juin, le chef d’Aqmi, l’Algérien Abdelmalek Droukdel, est tué par Barkhane au Mali. Un succès symbolique majeur. En novembre, c’est au tour de Bah Ag Moussa, « chef militaire » du GSIM, d’être abattu par la France.

Source : L’express.fr

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