Sans Tabou: Ouatagouna, la négligence coupable du gouvernement

Alors que le monde entier multiplie des messages compensation à l’endroit de notre pays, suite aux tueries de plus de 50 personnes dans trois villages de la Commune de Ouatagouna, le gouvernement n’a pas une réaction à la mesure de la tragédie, nonobstant le deuil national de 3 jours qui a été décrété. Trois jours après le drame, excepté un post du président de la Transition, les Maliens n’ont eu droit à aucun communiqué officiel.

 

Le dimanche 8 août, des assaillants ont froidement abattu plus d’une cinquantaine de personnes dans les villages de Ouatagouna, Dirgua, Deouteguef et Karou, dans le cercle d’Ansongo (région de Gao).
« Un massacre de cette ampleur perpétré sur des civils est inédit dans la zone, même si on relève de nombreux actes de banditisme dans le cercle d’Ansongo », selon Héni Nsaibia, chercheur au sein de l’Armed Conflict Location and Event Data Project (Acled) au magazine panafricain.
Si l’attaque n’est pas encore revendiquée, l’État islamique dans le grand Sahara, principal groupe terroriste qui opère dans la zone est fortement soupçonné, selon plusieurs sources.
Ce drame, au-delà de nos frontières a suscité l’indignation, la colère des partenaires du pays et de la communauté internationale. Chaque acteur, à son niveau, a manifesté son soutien et sa compensation au peuple malien et aux familles des victimes, tout en condamnant l’acte.
« Ces attaques délibérées contre les populations civiles constituent des atteintes graves au droit international des droits de l’homme et au droit international humanitaire. Elles sont susceptibles d’être qualifiées de crime contre l’humanité par les tribunaux compétents », a indiqué la MINUSMA dans son communiqué.
D’autres pays tels la France, les USA, la République tchèque, ont rigoureusement protesté contre cette barbarie. Pendant ce temps, à part le deuil de trois jours décrétés par le président de la Transition, Assimi GOITA, le gouvernement semble indifférent à la situation. A ce jour, aucun communiqué officiel du gouvernement. C’est le silence radio total face l’hécatombe.

Si les autorités ont failli à leur mission de régalienne de protection des personnes et de leurs biens depuis très longtemps, en revanche, elles ne devraient jamais se lasser d’exprimer leur soutien et leur solidarité aux victimes de la barbarie imposée à notre pays. Des gestes symboliques, mais réconfortants qu’ils n’ont pas su imprimer lors de ce drame, le 1er du genre depuis la formation de ce gouvernement.
Au lendemain de l’hécatombe survenue dans notre pays, l’Algérie, pour sa part, a été victime d’incendies tragiques ayant causé de nombreuses pertes en vies humaines et de nombreux dégâts matériels. Sur ce drame, le gouvernement n’a pas manqué de verbes pour exprimer ses condoléances au peuple et au gouvernement algérien. N’est-ce pas paradoxal ?

Par Sikou BAH

Source : Info-Matin

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