Sans Tabou: lutte contre le terrorisme, où est la CMA ?

L’actualité sur le terrorisme, depuis le week-end, reste dominée par la mort du Chef historique d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), Abdelmalek Droukdel, tué le 3 juin, lors d’une opération menée par l’armée française, dans la localité malienne de Talhandak, à environ 80 kilomètres à l’est de Tessalit. Avant lui, d’autres chefs terroristes ont été éliminés par les forces étrangères aux portes de Kidal sans apport ou presque des ex-rebelles de la CMA, maître des lieux, depuis la signature de l’accord pour la paix en 2015. Selon nos confrères du ‘’Le Monde’’, l’émir d’Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) a été tué, mercredi 3 juin, par les forces armées françaises. L’opération s’est déroulée dans le nord-est du Mali, a précisé l’état-major des armées. « Celle-ci a été faite à partir de croisements de renseignements français et américains − Washington dispose d’importants moyens de surveillance aérienne au Sahel », ajoute une source.

Comment se fait-il que des Gros terroristes mondiaux, dont Droukdel, sont-ils tués ou arrêtés au niveau de son (la CMA) poste de sécurité de Talahandak, à 80 km de Tessalit dans la région de Kidal, s’interroge un internaute ? ‘’Les membres de la CMA sont des faiseurs de thé des groupes terroristes’’, s’empresse de ridiculiser un autre.
Malgré leur position confortable à Kidal et en vertu de leurs engagements dans l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale, à lutter contre le terrorisme, le rôle de la Coordination des mouvements armés (CMA) dans ce combat est très mitigé. Aucun haut fait d’armes en la matière n’a impliqué ce mouvement si ce n’est des contestations et des défis lancés contre Bamako. Pire, de plus en plus, ce sont des accusations et dénonciations venant des pays voisins et même du système des Nations unies qui confondent la CMA.
Pourtant, dans son préambule, l’État du Mali et les autres signataires de l’accord pour la paix et la réconciliation nationale s’engagent à la ‘’ lutte contre le terrorisme, le trafic de drogues et les autres formes de criminalité transnationale organisée’’.
Mieux, selon l’Article 29 de l’accord : ‘’Les Parties réitèrent leur engagement à combattre le terrorisme et ses multiples connexions que sont le crime organisé et le trafic de drogue, y compris à travers les stratégies et mécanismes régionaux existants ».
Pour rappel, des accusations visant Kidal ont été lancées haut et fort par le président nigérien Mahamadou Issoufou début septembre 2018.»Le statut de Kidal est une menace» pour la stabilité du Sahel, a déclaré Issoufou malgré la présence à ses côtés de son homologue malien Ibrahim Boubacar Keïta. Prise en 2012 par les rebelles salafistes, elle est aujourd’hui, malgré la présence de bases française et des forces onusiennes et la signature de l’accord pour la paix issu du processus en 2015, sous le contrôle d’ex-rebelles séparatistes touareg.
Aujourd’hui, Kidal est devenue une «évidente base arrière et rampe de lancement de plusieurs opérations terroristes», a déclaré mi-septembre auprès de la presse burkinabè Maman Sidikou, secrétaire général du G5 Sahel engagée dans la lutte contre le jihadisme.
Pour avoir la confiance de l’armée française en 2012 qui les a d’ailleurs mis sur selle, les ex-rebelles de Kidal avaient promis de combattre le terrorisme. «Les habitants de l’Azawad, pour qui nous combattons, sont les premières victimes de ce terrorisme et nous avons peur qu’ils deviennent aussi des victimes de l’opération militaire, en particulier l’armée malienne», a déclaré Ibrahim Ag Mohamed Assaleh en son temps à Reuters Television.
De son côté, le porte-parole du mouvement touareg en France, Mossa Ag Attaher, a déclaré : « Nous tendons la main aux pays concernés par cette menace terroriste pour leur demander d’établir, avec le MNLA, un partenariat dans la lutte contre le terrorisme ». Les rebelles touareg du MNLA ont même déclaré être «prêts à aider» l’armée française à lutter contre les groupes islamistes armés du nord du Mali, en faisant «le travail au sol», selon un de leurs responsables même si les autorités maliennes de l’époque étaient loin d’en être convaincues.
«L’offre d’aide qui a été formulée, je la reçois avec beaucoup de circonspection. Je ne sais pas ce que le MNLA a à offrir», avait réagi M. COULIBALY, ministre des Affaires étrangères.

Par Sidi DAO

INFO-MATIN

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