Résolution de l’équation touareg, IBK le dernier espoir

Pour soigner le malade chaque régime a eu son médecin aucun n ‘a encore pu guérir le mal et à présent la rébellion touareg sonne comme un gong sur les nerfs de chaque malien, Alger attendu pour tuer la bête.

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Après la signature des accords de Tamanrasset le 6 Janvier 1991 par le colonel Ousmane Coulibaly, chef d’état major des armées du Mali sous le régime de Moussa Traoré, le pacte National en 92 sous la transition d’ATT, ceux de 2006 par le général Kafougouna Koné, ministre de l’administration territoriale sous le régime d’Amadou Toumani Touré et les accords préliminaires de Ouagadougou sous la transition du président Dioncounda Traoré, le gouvernement d’IBK s’apprête à signer les cinquièmes accords de l’histoire de notre pays au terme des pourparlers qui ont débuté le 1er Septembre 2014 à Alger.

 

Décidément le président de la république du Mali Ibrahim Boubacar Keita communément appelé IBK a très mal fêté le premier anniversaire de son accession au trône, pardon au pouvoir, pris entre deux feux, il ne dort plus qu’un œil. Au sud le front socio- politique boue à 180 degré : l’UNTM, la plus grande centrale syndicale des travailleurs du Mali n’entend plus lâcher du lest surtout après la réussite de sa grande démonstration de force, à travers son mot d’ordre de grève de 48 heures suivi à 98%. L’UNTM, qui entamera les négociations avec le gouvernement cette semaine sur ses 17 points de revendication, menace d’observer 72 heures de grève si les revendications ne sont pas satisfaites.

 

Quand à l’opposition, elle se dit outrée voir déçue par l’an I de gestion d’IBK. Elle l’a fait remarquer dans un rapport intitulé : IBK, un an après : l’immense gâchis élaboré par le Parti pour la Renaissance Nationale(PARENA). Dans ce rapport, deuxième du genre en un an, le PARENA dresse le tableau peu reluisant d’un an de gestion, marqué par des scandales financiers, le népotisme et le manque de vision pour le pays. Pour Tiébilé Dramé et ses camarades l’immense espoir qu’a suscité l’élection d’IBK est allée à vau l’eau en un an de gestion. En plus du scandale financier et de l’immixtion de la famille dans la gestion des affaires publiques, le PARENA reproche à IBK sa proximité avec les milieux religieux et mafieux. Ainsi, Pour manifester sa désapprobation, ensuite parler d’une seule voix, enfin sonner la fin de la récréation en adressant un message fort et sans ambigüité au président de la république, l’opposition a organisé ce Dimanche 07 Septembre 2014 un meeting géant au palais de la culture Amadou Hampaté Bah. C’est dans la salle de 3000 places pleine à craquer et en présence de tous les ténors de l’opposition que ce meeting a eu lieu.

 

C’est dans cette atmosphère délétère et à hauts risques au sud que se sont ouverts à Alger ce 1er septembre 2014 les pourparlers inter-Maliens entre le gouvernement et les groupes armés et non armés du Nord. Après un début mouvementé les travaux ont démarré avec plus de deux heures de retard. Des commissions thématiques, au nombre de quatre, ont été mises en places. Pendant au moins quatre semaines ces commissions débattront des questions liées au développement, à la sécurité, à la gouvernance et à l’administration du nord comme du sud.

 

La question qu’on est en droit de se poser au sud est de savoir si le gouvernement va signer l’acte de décès du grand Malien entérinant sous la pression de la communauté internationale les revendications tant fantaisistes que farfelues des groupes armés ou s’il scellera pour toujours l’intégrité territoriale et la forme républicaine et laïque de l’état ?

 

Pour rappel ces accords, s’ils venaient à être signés ; seront les cinquièmes du genre et ironie de l’histoire 2 sur 4 ont été signés en Algérie. Jetons un regard rétrospectif sur le passé relatif à l’irrédentisme touareg et surtout sur les différents accords qui sont signés entre les différents régimes qui se sont succédés et les différents groupes armés aux revendications hétéroclites.

 

En effet, les accords de Tamanrasset du 6janvier1991, signés sous médiation algérienne dans cette ville, par le colonel Ousmane Coulibaly, chef d’état-major général des armées du Mali[] et Iyad Ag Ghali qui dirigeait les insurgés Touaregs, visaient à mettre un terme à la rébellion touarègue de 1990-1991. Ils entraînaient ladémilitarisation des régions de Kidal, Gao et Tombouctou[], les trois régions du Nord, à savoir[]797 000 km2. Après ces accords, le Mouvement national pour la libération de l’Azawad se scinda en plusieurs groupes : leFront populaire de libération de l’Azawad (FPLA), l’armée révolutionnaire de libération de l’Azawad (l’ARLA) et le Mouvement populaire de l’Azawad (MPA) d’Iyad Ag Ghali.

 

Les deuxièmes accords sont ceux du pacte National conclus en 1992 après la conférence Nationale et sous la médiation de la république sœur d’Algérie, entre le gouvernement du Mali et les mouvements et fronts unifiés de l’Azawad, dont l’actuel ministre de la réconciliation Zahabi en était un des responsables les plus influents, consacrant le statut particulier du nord du Mali.

 

Les troisièmes sont ceux d’Alger pour la restauration de la paix, de la sécurité et du développement dans la région de Kidal, ces accords ont fixé les modalités du développement du Nord Mali. Ils ont permis un retour à une normalisation des rapports entre la 8e région du Mali, la zone de Ménaka et l’État malien. Ils ont fait suite au soulèvement touareg du 23 mai 2006 à Kidal et à Ménaka au Mali.

Ils ont été conclus à Alger le 4 juillet2006 et signés entre :les représentants de l’État malien ;les représentants de l’Alliance démocratique du 23 mai pour le changement. Ils ont été négociés sous la médiation de l’Algérie.

 

Les accords d’Alger ont fait l’objet de beaucoup de critiques au sein de la classe politique et de la société civile. A titre d’exemple Le Rassemblement pour le Mali (RPM), parti politique du président de la république Ibrahim Boubacar Keïta, a rejeté cet accord qui ne respecte pas le principe de l’unité nationale. Le RPM a saisi la Cour constitutionnelle considérant que le texte de l’accord ne respecte pas la Constitution malienne[]. Ce rejet par le RPM de l’accord a été salué par l’opinion Nationale qui a vu en ce geste un acte patriotique.

 

Les quatrièmes accords dits préliminaires sont signés à Ouagadougou au Burkina Faso sous la transition dirigée par Dioncounda Traoré le 18 juin 2013. L’un des chefs de file de l’opposition Malienne en l’occurrence Tiébilé Dramé était le représentant du président de la transition aux pourparlers d’Ouagadougou. Ces accords ont non seulement permis la cessation des hostilités entre belligérants, mais aussi la tenue des élections présidentielles et législatives afin de doter le Mali d’institutions légitimes. Ces accords préliminaires suivis plus tard de la signature de la feuille de route ont balisé le terrain pour des pourparlers inclusifs inter maliens qui ont débuté le 1er septembre 2014

 

Souhaitons tout simplement que ce sentiment de patriotisme qui a sous tendu le rejet des accords d’Alger en 2006 par le parti du président de la république RPM alors qu’il était dans l’opposition, soit toujours vivant et qu’il nous permette d’éviter les compromissions au nom d’une hypothétique paix et pouvant mettre en mal l’unité nationale et l’intégrité territoriale et la laicité qui sont des principes sacro saints de toute démocratie.

Youssouf Sissoko

 

Encadre

Liste officielle des membres de la délégation malienne au Dialogue inter-malien à Alger  du 16 aout 2014 :

1-  Général Sada SAMAKE, Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité ;

2-  Monsieur ZahabiOuld Sidi MOHAMED, Ministre de la Réconciliation Nationale ;

3-  Son Excellence Abdoulaye DIOP, Ministre des Affaires Etrangères, de l’Intégration Africaine et de la Coopération Internationale ;

4-  Monsieur Hamadou KONATE, Ministre de la Solidarité, de l’Action Humanitaire et de la Reconstruction du Nord ;

5–  Monsieur Ousmane SY, Ministre de la Décentralisation et de la Ville ;

6-  Général Naïny TOURE, Ambassadeur du Mali à Alger ;

7–  Son Excellence Sékou KASSE, Ambassadeur et Représentant Permanent du Mali auprès de l’Organisation des Nations Unies à New York ;

8-  Son Excellence Sékou dit Gaoussou CISSE, Ambassadeur du Mali auprès du Royaume d’Espagne ;

9-  Son Excellence Alhamdou Ag ILLIYENE, Ambassadeur du Mali à Niamey ;

10-       Colonel-major Oumar DAO, Chef d’Etat-major Particulier du Président de la République ;

11-       Monsieur Inaye Ag Mohamed, Secrétaire Général du Ministère de la Planification, de l’Aménagement du Territoire et de la Population ;

12-       Monsieur Naffet KEITA, Conseiller Technique à la Primature ;

13-       Monsieur ZeïniMoulaye , Conseiller Technique au Ministère des Affaires Etrangères, de l’Intégration Africaine et de la Coopération Internationale ;

14-Général Ould MEYDOU, Chargé de Mission au Ministère de la Défense et des Anciens Combattants ;

15-Général de Brigade Salifou KONE, Inspecteur Général des Armées et Services ;

16-Général de Brigade Minkoro KANE, Expert ;

17-Général Bréhima Siré TRAORE, Expert ;

18-Monsieur Ousmane Oumarou SIDIBE, Secrétaire Général du Bureau du Haut Représentant du Président de la République pour le Dialogue Inclusif Inter-Maliens ;

19-Monsieur Malick ALHOUSSEINI, Expert ;

20-Monsieur Baba BERTHE, Expert ;

21-Monsieur Mahamadou MAGASSOUBA, Expert ;

22-Inspecteur Général Mahamadou DIAGOURAGA, Expert ;

23-Monsieur Zeidan AG SIDALAMINE, Expert ;

24–  Madame Seck Oumou SALL, Expert ;

25–  Madame Fatimata TOURE, Expert ;

26-Monsieur Sidi Mohamed Ag ICHRACH, Expert ;

27-  Colonel-major Eloi TOGO, Haut Fonctionnaire de Défense au Ministère de la Réconciliation Nationale ;

28-Monsieur Moussa Doudou HAIDARA, Chargé de Mission au Ministère de la Réconciliation Nationale ;

29-Madame Camara Maimouna El OUMRANI, Chargé de Mission au Ministère des Affaires Etrangères, de l’Intégration Africaine et de la Coopération Internationale ;

30- Monsieur Mohamed Ag ERLAF, Directeur Général de l’Agence Nationale d’Investissement des Collectivités Territoriales ;

31-Monsieur Lassine BOUARE, Commissaire au Développement Institutionnel ;

32-       Monsieur Ibrahim AG IDBALTANAT, Expert ;

33-       Docteur Amadou TRAORE, Expert ;

34–       Monsieur Baba Hamane A. MAIGA, Conseiller Technique au Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité ;

35-       Colonel-major Adama KAMISSOKO, Gouverneur de la Région de Kidal ;

36-       Inspecteur Général Mahamadou NIAKATE, Expert ;

37–       Commandant Bougadary SINGARE, Expert ;

38–       MaouloudOuld Mohamed, Gérant Intérimaire du Consulat Général du Mali à Tamanrasset ;

39-       Monsieur Yaya KONATE, Journaliste ;

40-       Monsieur Idrissa TRAORE, Cameraman ;

41-       Monsieur Madiba KEITA , Journaliste.

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