Que reproche-t-on donc à la France ?

Rappelons-nous qu’à la fin du « règne » de l’ex président Amadou Toumani Touré, une rébellion regroupant des indépendantistes, des djihadistes, des terroristes et autres narcotrafiquants s’était emparé de plus du 2/3 de notre pays.

Soldat MILITAIRE FRANCAIS KIDAL GAO TOMBOUCTOU SERVAL

Face à une armée mal équipée, mal entrainée, ayant le moral au talon, commandée par des officiers n’ayant aucune stratégie de guerre, la rébellion composée d’Al-Qaïda au Maghreb Islamique, d’Ansar Eddine et du Mujao marchait inexorablement vers la capitale Bamako.

Nous nous rappelons également les cris de secours du  président de la transition Dioncounda Traoré  à la France de François Hollande pour aider le Mali à faire face à cette situation.

Nous nous rappelons également la prise de Konna et la débandade de  notre armée nationale.

S’en est suivi le déclenchement de l’opération SERVAL le 11 janvier 2013 qui a stoppé net la progression des colonnes armées islamistes venant du nord. Cette opération, qui a pour mission d’appuyer les forces armées des pays partenaires de la BSS (Bande Sahélo-Saharienne) dans leurs actions de lutte contre les groupes armés terroristes et de contribuer à empêcher la reconstitution de sanctuaires terroristes dans la région, a permis de stopper les groupes terroristes qui menaçaient la capitale Bamako. SERVAL a permis de neutraliser des centaines de terroristes et la découverte d’environ 200 tonnes d’armement et de munitions et plusieurs tonnes de nitrate d’ammonium (pour la fabrication de mines artisanales).

Malgré les efforts inlassables de SERVAL, nous avons assisté à une recrudescence du terrorisme. Les 5 pays de la BSS, à savoir la Mauritanie, le Mali, le Niger, le Tchad et le Burkina-Faso, se sont regroupés en G5 du sahel en février 2014  pour faire face aux menaces des groupes armés.

 

POUR MIEUX COORDONNER LES OPERATIONS SUR LE TERRAIN ENTRE LES PAYS DU G5, le 1er septembre 2014 naquit l’opération BARKHANE (3000 militaires) commandée par un officier Général français Jean Pierre Palasset et qui a un poste de commandement unique stationné à N’Djamena au Tchad Elle remplace SERVAL. Le Mali seul englobe 1800 soldats.

Elle s’inscrit dans une nouvelle approche stratégique de diffusion et de partage des moyens dévolus  auparavant à SERVAL.

A-t –on oublié que BOUKHANE, conduite par les armées françaises, a permis la découverte d’un dépôt d’armement avec des marques de l’armée malienne enfoui dans le désert de Kidal dans l’Adrar des Ifogas dans la nuit du 17 au 18 octobre dernier ?

A-t-on oublié que BARKHANE empêche l’implantation des djihadistes au nord du Mali ? Le samedi 18 octobre dernier, une grande opération de l’armée française a permis d’arrêter le groupe terroriste qui a attaqué le camp de la MINUSMA à Kidal. BARKHANE a aussi répondu à l’attaque de mortiers du 07 octobre qui a tué un casque bleu sénégalais.

La France ne participe t-elle pas à la formation de nos forces armées en déconfiture ?

N’est pas la France qui a téléphoné à IBK pour un accord avec les rebelles dans le respect de L’INTEGRITE TERRITORIALE, L’UNITE NATIONALE, LA FORME LAÏQUE ET REPUBLICAINE DE L’ETAT. Et cela pour faire face ENSEMBLE à l’ennemi commun : les djihadistes.

 

On reproche à la France de ne pas mettre fin à cette rébellion, sachons que l’action principale de la force BARKHANE et la MINUSMA est d’éviter que les hostilités ne reprennent entre l’armée malienne et les groupes signataires. Je leur cite le Général Palasset, patron de l’opération BARKHANE : « cela fait 20 ans qu’il y a un problème touareg à Kidal, il serait bien arrogant de ma part de prétendre vouloir le résoudre, c’est du ressort des politiques ». Après les conséquences de la visite inopportune et mal préparée du 1erMinistre Mara à Kidal et sa déclaration anticonstitutionnelle de la guerre, qui d’entre nous n’a pas été humilié après la déculotté infligée à notre armée nationale. Prenons le temps nécessaire de la reconstituer et faire face à tous les défis dans l’honneur.

 

On reproche également à la France de viser des intérêts au Mali. A-t-on oublié que les puissances n’ont pas d’amis mais des intérêts à défendre. Il serait naïf de croire que la France fera tuer ses militaires au Mali et dépenser des milliards de CFA pour le fonctionnement de tout cet arsenal militaire pour rien. Soyons réalistes. Savez-vous combien d’entreprises de bâtiment, de commerçants et autres la chine, malgré toute l’aide appréciable qu’elle nous apporte, a mis en faillite avec l’envahissement de tous les secteurs qui pouvaient donner du travail aux jeunes et diminuer le chômage des jeunes ? Eh oui, c’est du « donnant donnant ».

 

Et la Mission intégrée des nations unies pour la stabilisation au mali (MINUSMA), joue t-elle franc jeu, je ne crois pas. Si l’on s’en tient aux déclarations du ministre français de la défense Jean Yves LeDrian, « la MINUSMA n’a pas été au rendez-vous au moment où il fallait et ne parvient pas à sécuriser le nord du Mali et par conséquent la France va envoyer des renforts (RFI DU 27 OCT).

 

Et oui la France, encore la France, et toujours la France.

Concentrons-nous plutôt à la réconciliation nationale, la lutte conte le chômage des jeunes, la corruption à tous les niveaux, la spéculation foncière surtout si elle est faite par des « hommes de loi » parfois cachés sous la couverture du titre de député et qui font du tord à d’honnêtes citoyens en  se croyant intouchables. Je parle en connaissance de cause.

Nous y reviendrons.

Repos éternel aux disparus et prompt rétablissement aux blessés.

 

Séran SAKO

SOURCE: L’Informateur  du   29 oct 2014.
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