Pourparlers inclusifs : IBK entre l’enclume des groupes armés et le gros marteau du Conseil de sécurité

Pour une solution à la crise du septentrion malien, les bonnes volontés ne manquent pas actuellement. Contrairement à un passé récent où le dossier nord malien était évité comme s’il s’agit de la peste. Outre l’axe de Ouagadougou, l’évolution des choses dessine de nouveaux axes tels que l’axe du Maroc et dernièrement de l’Algérie qui signe son retour dans le dossier après s’y être retiré pendant un bon moment. Le retour à l’ordre constitutionnel et les visites d’Etat effectuées par le président Ibrahim Boubacar Keita dans certains pays comme la Mauritanie, l’Algérie, le Maroc et dernièrement le Qatar, s’inscrivent dans une volonté des nouvelles autorités de prendre le dossier sur la crise du nord à bras le corps. Mais le refus des groupes armés de se rendre à la table de discussions sans leurs armes constitue jusqu’ici un point de blocage majeur avec Bamako.

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Après l’organisation des élections générales (présidentielle et législatives) la voie semble de plus en plus dégagée pour que les autorités prennent en mains les dossiers chauds de la République. Parmi ces dossiers brûlant figure la crise du nord, un vieux volcan qui s’est encore mis en éruption en 2012, avec le détonateur : la rébellion (touarègue) qui a, cette fois, innové en s’associant d’autres groupes sans foi ni loi autres que le terrorisme, le commerce illicite de la drogue et/ou d’otages….

 

 

 

Grâce à l’aide de la communauté internationale et au leadership de François Hollande (qui a pris le dossier à bras le corps), la horde de terroristes (qui a occupé les trois régions du nord) sera chassée de toutes ces localités, sans que la menace soit totalement circonscrite.

 

 

Malgré les succès de l’opération Serval et l’engagement sur le terrain des forces de la Minusma, une évidence demeure : le Mali, pour retrouver la paix, la stabilité et sauvegarder son unité qui lui est très chère, doit vaincre un mal qui le ronge, cette fois, de l’intérieur. Il s’agit des groupes armés (Mnla, Hcua, Maa) qui se sont tous compromis avec la connexité plus ou moins flagrante qu’ils ont eue avec les organisations de l’international terrorisme.

 

 

Pour la simple raison qu’il s’agit de groupes d’origine malienne, la communauté internationale a cru devoir les placer sur un piédestal : d’interlocuteurs légitimes avec lesquels l’Etat malien doit négocier. Malgré le passé récent et la menace que ces groupes constituent encore pour la paix, l’unité et la stabilité du pays. Aujourd’hui encore les responsables de ces groupes armés, Mnla, Hcua, Maa, notamment, continuent de revendiquer à cor et à cri un statut particulier pour les régions du nord, à la place de l’écrasante majorité des populations du nord qui ne se reconnaissent pas dans leur combat.

 

 

 

L’Etat est aujourd’hui conscient des efforts à fournir dans le cadre du renforcement de la décentralisation pour réduire la vulnérabilité des régions désertiques du nord. Mais, cela ne donne pas le droit à quelques individus aux desseins inavoués de se jouer de l’honneur de notre pays et de la dignité de notre peuple.

 

 

Au nom de l’apaisement et pour la réconciliation nationale, l’Etat a donné à plusieurs reprises la preuve de sa volonté de faire la paix, de recoudre notre tissu social. Les mandats d’arrêts frappant plusieurs responsables des groupes armés, ont été levés et plusieurs prisonniers de guerre libérés. Sans être inquiétés certains qui auraient pu être poursuivis pour terrorisme siègent actuellement à l’Assemblée nationale comme député tout cela a été possible grâce à la volonté des autorités maliennes et la grandeur de notre peuple. Sans que tout cela ait pu permettre aux groupes armés de revenir à la raison.

 

 

Lors de rencontres improvisées par le Conseil de sécurité dont une délégation est arrivée chez nous la semaine dernière, certains dirigeants de ces groupes armés ont ténu des propos qui doivent amener les autorités maliennes à faire énormément attention en ouvrant les négociations avec des gens qui ont plus d’un tours dans leur sac et qui bénéficient toujours de certaines complicités qui n’ont pas encore livré tous leurs secrets. C’est tout cela qui rend la tache bien difficile au président de la République, Ibrahim Boubacar Keita, pris aujourd’hui en étau entre l’enclume des groupes armés (pour lesquels tout est fait) et le marteau du Conseil de sécurité de l’Onu qui a tout l’air de faire le jeu de ces groupes armés.

 

 

Tous les efforts faits, tous les actes posés au nom de la paix et l’entente, n’ont jamais eu raison de la détermination de ces groupes de bandits. Le hic, c’est surtout le bras de fer qu’ils (les groupes armés) veulent aujourd’hui engager avec le président de la République qui se dit disposer pour des pourparlers inclusifs, mais pas avec des gens en armes.

 

 

Alors même que cette demande (exigence) du chef de l’Etat reste toujours ignorée par les groupes armés, c’est le Conseil de sécurité qui débarque à Bamako et veut obliger l’Etat à engager des négociations avec eux. C’est la raison de la visite d’une délégation que le Conseil de sécurité, a dépêché au Mali pour débloquer le processus politique entre l’Etat et les groupes armés du nord.

 

 

Cette mission du Conseil de sécurité, à Bamako, cache mal une volonté : Celle de contraindre Bamako à engager sans tergiverser des négociations avec les anciens alliés d’Aqmi, du Mujao et de Boko Haram. Gérard Araud (Ambassadeur de la France auprès de l’Onu) a, lors d’une conférence de presse marquant la fin de la mission de la délégation, fait croire que le Conseil de sécurité soutient un désarmement des groupes armés, qu’il a même pris une résolution dans ce sens, mais qu’il appelle aujourd’hui les parties à se conformer à la logique de l’Accord préliminaire de Ouagadougou. Un accord dont la logique, souligne t-il, est basé sur un processus qui doit débuter par le cantonnement des combattants avec comme aboutissement le dialogue politique qui implique la récupération des armes avec les combattants. Ce qui, de toute évidence, montre qu’il y a bel et bien un décalage entre la position de l’Onu et la vision du président Keita qui, lui, soutient, pour le respect du à notre pays, que des pourparlers ne puissent être ouverts qu’avec des gens qui se sont débarrassés au préalable de leurs armes. Il ne faut donc se faire aucune illusion : la Communauté internationale ne soutiendra pas IBK dans son insistance visant à contraindre les groupes armés à déposer les armes avant l’ouverture des négociations. Le Conseil de sécurité, en prenant l’initiative d’organiser à Mopti et à Bamako des rencontres avec l’Etat, les groupes armés, la société civile pour ensuite rencontrer l’Assemblée nationale, a voulu prouver sa rupture avec la démarche du président Keita.

 

 

Il s’agit maintenant de se demander de quelle marge de manœuvre le président IBK dispose t-il aujourd’hui face au tout puissant Conseil de sécurité de l’Onu, qui par ses derniers agissements montre de façon assez éloquente qu’il ne tolèrera plus le piétinement dans lequel Bamako veut continuer à enfermer l’ouverture de pourparlers inclusifs avec les groupes armés du nord.

 

SOURCE /  REDACTION MALI-WEB.ORG

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