Police nationale : LA FORCE D’INTERVENTION RAPIDE EST OPERATIONNELLE

Composée de plus d’une vingtaine d’agents, cette unité spéciale est appelée à répondre aux situations d’extrême violence

formation minusma geste technique professionnel intervention gtpi soldat arme police garde nationale gendarmeNotre pays dispose désormais d’une force d’intervention de la police nationale (FIPN) calquée sur le modèle du RAID français (Recherche, assistance, intervention et dissuasion). La première unité de cette force vient de boucler sa formation. La remise de diplôme à ses éléments a eu lieu vendredi dernier dans la cour de l’Ecole nationale de police à N’Tomikorobougou. L’événement était présidé par le chef de cabinet du ministre de la Sécurité intérieure et de la Protection civile, Hamma Hacka. C’était en présence du directeur général de la police nationale, le contrôleur général Hamidou Gokouna Kansaye, des représentants de l’ambassade de France en charge des questions de sécurité, de la composante police de la Minusma et de Eucap-Sahel-Mali. Les directeurs des services centraux et de nombreux autres invités étaient également présents.
Cette première unité d’intervention spéciale est composée de plus d’une vingtaine d’agents. Ils sont appelés à répondre aux situations d’extrême violence. La formation était assurée par deux spécialistes de l’unité de gestion de crise de la police française. Les éléments retenus l’ont été sur la base d’une « sélection extrêmement rigoureuse ». Dès l’annonce de la mise en place de la dite unité d’intervention, les initiateurs français ont, en effet, reçu 300 dossiers. Vingt quatre seulement ont été retenus sur les 80 présélectionnés. Ce sont ces 24 éléments qui constituent l’échantillon d’une force qui sera étoffé dans l’avenir comme le souhaitent les responsables de la direction nationale de la police.
Les éléments de cette unité ont suivi pendant trois semaines des cours théoriques et pratiques au terme desquels ils sont désormais aptes à intervenir pour dénouer des « situations extrêmement dangereuses ». Par exemple, les membres de cette unité peuvent intervenir à la suite de prises d’otages, d’interpellations d’individus dangereux, de forcenés, la protection de personnalités menacées, etc. Selon les initiateurs, les policiers ayant subi la formation sont d’un très bon niveau physique et ont acquis très rapidement les protocoles des techniques d’intervention et de tir à l’arme de poing.
Le chef de cabinet du ministère de la Sécurité intérieure et de la Protection civile a résumé l’évènement dans un discours très imagé : « La grossesse a été extrêmement difficile. Mais la parturiente a finalement donné naissance à un beau bébé qui, nous l’espérons bien, sera à la hauteur de nos attentes ». Hamma Hacka a toutefois fait part de ses regrets de voir que notre police nationale ne disposait pas encore d’unité de ce type car des cas concrets extrêmes se sont déjà passés et nécessitaient leur intervention.
L’attaché de sécurité de l’ambassade de France, le commissaire divisionnaire Bernard Sapin, a souhaité que les éléments qui viennent de bénéficier de cette formation prennent goût très vite aux missions qui viennent de leur être confiées. Parlant de leurs équipements, il a expliqué que ces agents ont été immédiatement dotés d’un véhicule d’intervention, de tenues, casques, boucliers, etc. Donc des moyens nécessaires pour pouvoir s’acquitter de leurs missions à tout moment.
Bernard Sapin a tenu à rappeler que la formation n’est pas seulement le fait de la coopération française. Elle a bénéficié de l’appui de Eucap-Sahel-Mali qu’il a vivement salué. Il a également précisé que durant la formation les préoccupations des autorités du pays, concernant la discipline et le respect des droits humains, ont été prises en compte par les formateurs.
Le directeur général de la police nationale juge, de son côté, que cette unité vient combler un grand vide. Pour le contrôleur général Hamidou Gokouna Kansaye, cette formation n’est que le début d’une série au profit de nos forces de sécurité. Il a promis que tout sera mis à en œuvre pour étoffer cette unité afin de couvrir l’ensemble du territoire national. «…Vous avez un groupe d’intervention à votre disposition, il faut l’utiliser, il faut en abuser », a-t-il lancé, en usant d’une boutade, aux différents commissaires de police présents à la cérémonie. Celle-ci s’est conclue par une simulation de prise d’otages et la remise des « attestations de techniques d’intervention » aux policiers bénéficiaires.
Mh. TRAORE

source : Essor

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