Nord du Mali : Grande mobilisation des Bamakois pour soutenir l’Accord de paix

La coordination des organisations de la société civile malienne, a organisé, ce mardi 26 mai 2015, une marche qui a mobilisé des milliers de Maliens. Qui tenaient (tous) à apporter leur soutien à l’accord d’Alger du 15 mai, sensé ouvrir au Mali des perspectives pour la paix et la réconciliation nationale.

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Le vendredi 15 mai 2015, le gouvernement, les mouvements de la plateforme et certains groupes armés, ont signé, à Bamako, l’accord pour la paix et la réconciliation au Mali. Un document qui n’est certes pas parfait, mais qui constitue, selon beaucoup de personnes, une base acceptable à partir de laquelle on peut construire la paix. Ce mardi, 26 mai, par plusieurs milliers, les populations de Bamako et de certaines villes de l’intérieur du pays sont sorties (simultanément) apporter leur soutien à l’accord du 15 mai.

A Bamako, la marche a débuté aux environs de 8h à la place de la liberté. Sur tout le trajet menant au monument de l’indépendance, les marcheurs, banderoles en main, alternaient les messages pour la paix, la stabilité, l’unité et le respect de l’intégrité territoriale du Mali.

Initiative de la coordination des organisations de la société civile, la marche (pacifique) a paralysé le travail administratif et toute l’activité du secteur économique. Pour sa réussite, aucun secteur n’a été négligé. Plusieurs responsables politiques, de la majorité et de l’opposition avaient également fait le déplacement.

L’Association des Elèves et Etudiants du Mali (Aeem) a, de son coté, mobilisé les élèves de toutes les écoles des  rives droite aussi bien que de la rive gauche du District. Le drapeau vert, or et rouge entre les mains de chacun, les scolaires sortaient en foule importante de tous les cotés chantant l’hymne nationale du Mali. Un pays, aujourd’hui à la croisée des chemins et qui a plus que jamais besoin de la mobilisation de ses fils pour faire respecter son honneur et sa dignité dangereusement menacé…

«Cette marche, pour simplement  dire que les Maliens sont là ;  ils veillent. Et tant que les Maliens sont là, ce pays  ne sera jamais divisé», a déclaré Adama Traoré l’un des membres du comité  d’organisation de la marche.

Mme Traoré, Fanta Dicko est une dame très active dans le mouvement associatif. Accompagnée de certaines de ses sœurs, elle a tenu à être de la manifestation pour dire à la communauté internationale qu’elle ne doit pas se tromper d’adversaire. «Quand on a signé l’accord, on pensait que cela allait nous amener la paix. Aujourd’hui, nous voulons dire à la communauté internationale que nous ne comprenons pas que malgré la signature de l’accord, nos maris, nos frères et nos fils continuent toujours  de mourir. Nous voulons savoir si la France et à l’Onu, sont là pour aider le Mali ou pour soutenir la bande de criminels qui nous ont agressé… », a-t-elle déclaré.

Amadou Goita, président du parti, Ps Yelen Kura (de l’opposition) est un des hommes politiques présent à la marche. Selon lui, cette marche a toute sa justification, l’opinion malienne ne comprenant  plus le déroulement des évènements. «Cette signature du 15 mai n’est qu’une étape. Le Mali, en signant ce document, a consenti un énorme sacrifice. Nous attendions au moins de la communauté internationale, à travers la Minusma et la France, un accompagnement pour la stabilité de notre pays et plus de soutien  pour que nous recouvrions l’intégrité territoriale de notre pays… », a-t-il laissé entendre.

Parmi les marcheurs, il y avait un manifestant qui n’est pas du genre à aller par quatre chemins. M Dramane Keita, aujourd’hui conseiller communal, arrive à peine à contenir sa colère. Selon lui, la France ne peut plus continuer à cacher long temps son jeu. Elle est entrain de protéger Kidal.

«Comment comprendre que la France ait libéré les autres régions hormis Kidal. J’ai joué sur le terrain de Kidal, en 1977. C’est une ville que je connais beaucoup. En plus de l’or et d’autres minerais, cette localité malienne a un potentiel en uranium qui dépasse de loin les réserves qui existent du coté Niger. Ce sont ces richesses qu’elle (la France) convoite», accuse t-il.

Présent à la manifestation, Zahabi Ould Sidi Mohamed, le ministre pour la réconciliation nationale, s’est félicité de cette grande mobilisation en faveur de l’accord du 15 mai. Ceci, a-t-il dit, prouve à suffisance l’attachement de tous les enfants du Mali à l’unité de leur pays.  Du haut de cette même tribune, Zahabi Ould Sidi Mohamed a aussi tenu à lancer un appel à la Coordination des mouvements de l’Azawad. «Je demande à nos frères qui n’ont pas encore signé l’accord, de le faire sans délai, afin qu’on débute le processus de la réconciliation et pour le développement qui est le vrai défi de notre pays», a-t-il conclu.

Source: Autre presse

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