Moussa Ag Acharatouman de la CMA persiste : “Le temps des élections n’est pas encore arrivé”

La Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) reste campée sur le contenu de son communiqué en date du 25 juillet dernier sur l’organisation des élections communales et régionales : “Nous avons dit à toutes les forces politiques maliennes que le temps des élections n’est pas encore arrivé”, a noté Moussa Ag Acharatouman.

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Contacté par nos soins depuis la Tunisie où il participe à une rencontre sur le Sahel, Moussa Ag Acharatouman voit autrement l’organisation des élections communales et régionales. Ce leader de la CMA estime que le moment n’est pas venu pour tenir des élections.

“Les conditions sécuritaires sont mauvaises. Nos populations réfugiées ne sont pas encore revenues. Alors que c’est un droit fondamental pour ces populations de choisir leurs représentants et la dernière condition, c’est que le seul cadre aujourd’hui qui nous unit est l’accord d’Alger qui prévoit certaines choses avant la tenue des élections sur le terrain, ce qui n’est pas encore fait. Donc, pour toutes ces raisons, nous pensons que les élections ne doivent pas se tenir pour le moment”, se justifie-il.

S’agit-il d’une décision prise unilatéralement par la branche militaire de la CMA ? Notre interlocuteur persiste et signe : “Notre branche militaire ne s’est pas exprimée. Ces questions se traitent par les responsables politiques de la CMA qui se sont déjà exprimés lors de la visite de la mission point focal conduite par Alghabas Ag Intallah à Bamako pour rencontrer les autorités. Lors de cette mission, nous avons dit à toutes les forces politiques maliennes que le temps des élections n’est pas encore arrivé et que tout ce qui se fait doit l’être dans le cadre de l’accord”.

 

Pas d’évolution  

Alors qu’on s’attendait à une évolution de la situation sur le terrain, la CMA se dit fidèle au contenu de son communiqué en date du 25 juillet dernier. “Depuis la signature de l’accord, la CMA constate que la partie gouvernementale initie et met en œuvre, sans aucune concertation préalable avec les autres parties (Plateforme et CMA) un certain nombre de décisions qui touchent directement aux aspects couverts par l’accord. A titre d’illustration nous pouvons citer la fixation du calendrier des élections régionales et communales, le processus de mise à jour des listes électorales, la création des agences régionales de développement, le lancement des élections des chambres régionales de commerce et d’industrie, les nominations d’administrateurs et de responsables de services de défense et de sécurité, etc.”, signale Sidi Brahim Ould Sidatt.

Interrogé hier en début d’après-midi, le porte-parole de la CMA, Almou Ag Mohamed est formel : “Pour nous, il est inconcevable et inopportun d’organiser encore une fois des élections auxquelles ne participeront pas les Azawadiens réfugiés un peu partout. Et même dans les régions de Tombouctou, Gao et Kidal, les conditions sécuritaires ne sont pas réunies pour faire voter tout le monde”.

Ce revirement de la CMA ne surprend guère alors que le gouvernement observe un silence de mort. En tout état de cause, c’est l’accord de paix qui se trouve une fois de plus retardé. Et il n’est pas exclu qu’il soit définitivement enterré.

Alpha Mahamane Cissé

 

 Source: L’Indicateur du Renouveau
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