Mali : L’Armée au service du pouvoir politique

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La politique est l’art de conduire les affaires publiques et l’action politique est légitimée, dans une démocratie, par le vote des citoyens. Donc, la légitimité électorale permet au nouveau président de la République du Mali de faire admettre, avec efficacité, son autorité sur les maliens, civils et militaires, afin de déterminer et de conduire la politique de la Nation.

L’Armée doit être, en toute circonstance, soumise au pouvoir politique civil. Elle doit être par essence républicaine et apolitique pour accomplir, avec honneur et dignité, ses missions régaliennes. L’armée malienne, dans les conditions souhaitées, a besoin, dans l’urgence, d’une refondation, un préalable nécessaire pour permettre au pouvoir politique de disposer des forces armées professionnelles, disciplinées, efficaces et disponibles. Cette refondation doit impérativement, sans démagogie, redéfinir les missions des forces de Défense et de Sécurité pour que prennent fin définitivement l’indiscipline et l’anarchie qui n’honorent  pas le peuple malien.

L’intrusion de l’armée dans les affaires politiques est une immixtion insoutenable voire impardonnable. Depuis le 22 mars 2012, date du coup d’Etat militaire, certains militaires maliens sont au cœur même de la politique et se mêlent parfois de ce qui ne les concerne pas. Ils ne respectent pas les institutions de la République et des officiels de L’Etat. Ces éléments indisciplinés de l’armée malienne brillent par des comportements anticonstitutionnels et bafouent ainsi les principes et les  valeurs qui forgent un Etat de droit .Pourtant, ils doivent comprendre qu’ils constituent des moyens que l’Etat consacre à la mise en œuvre de sa politique de Défense. Malheureusement, ces groupuscules de soldats égarés de » la République de Kati » se trompent d’époque et d’homme, car le nouveau président de la République est un homme d’autorité ayant le sens de l’Etat. Il fera en sorte que des dispositions soient prises en vue du respect effectif de la vocation apolitique et du caractère républicain de l’Armée et des forces de sécurité conformément  à la Constitution et à la loi. Avec lui, l’Armée se consacrera à sa politique  de défense de l’intégrité du territoire national et les forces de police et de la gendarmerie à leurs missions de maintien de l’ordre et de Sécurité publique. Il prendra toutes les dispositions nécessaires pour que la grande muette s’abstienne de toute interférence dans le jeu politique. Le président de la République vient de mettre de l’ordre et de la discipline à Kati.

» Kati ne fera plus peur à Bamako », a -t-il dit. Il vient de projeter ainsi une image de force, car il sait qu’il est plus souhaitable pour un chef d’être craint que d’être aimé.

L’ex- capitaine SANOGO doit comprendre, d’abord pour sa propre survie, que le président de la République est le chef suprême des Armées qui veille au respect de la Constitution et sanctionne tout comportement antirépublicain et qu’il n’y aura plus deux capitaines dans un bateau. Il doit comprendre enfin que maintenant aucun manquement à la discipline et à l’ordre ne sera plus toléré.

Un pays ne se construit pas dans le désordre et l’anarchie et l’impunité freine le développement. Il n’est pas interdit à un chef d’être clément, mais il doit éviter avec soin de faire un mauvais usage de la clémence.

Moussa DANIOKO

Depuis Libreville au  Gabon

 

Source: L’Indépendant

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