Lutte contre le terrorisme : Pourquoi la France a changé de stratégie au Mali

our Antoine Glaser, fondateur et rédacteur en chef durant 26 ans de « La Lettre du Continent« , lettre confidentielle bimensuelle consacrée à l’Afrique, et ancien directeur de la rédaction d’ »Africa Intelligence », le Mali reste profondément déstabilisé et la présence des forces françaises y est de plus en plus indispensable.

soldat militaire france operation barkhane nord mali helicoptere

Dans une interview accordée à nos confrères français de « Marianne », il explique surtout pourquoi « la communication de la France sur la lutte contre le terrorisme au Mali » aujourd’hui beaucoup plus prudente. Pour lui, « dans le Sud du Mali, il y a eu à un moment donné un certain nombre de mouvements anti-français. Et parfois dans le pays, quoi qu’il se passe, c’est la faute de la France ».

Ainsi, « ne plus se placer en première ligne mais se mettre en deuxième est une vraie stratégie, car dans la réalité des faits, la France est extrêmement active dans toute la région et à tous les niveaux ». Désormais, ajoute-t-il, « la France ne communique que lorsque ses forces spéciales ou ses soldats engagés dans l’opération Barkhane – 3000 soldats près de la frontière libyenne depuis août 2014 – ont effectivement éliminé des jihadistes ».

Il explique alors que « ce qui est évident c’est qu’il y a maintenant, stratégiquement, un très grand silence de la France sur tout ce qu’il se passe sur le plan sécuritaire au Mali ». Et cela « change complètement de tout ce qu’on a pu entendre, en particulier en 2013 après l’opération Serval qui a bloqué la descente des jihadistes dans le Sud du pays ».

Monsieur Glaser rappelle « d’ailleurs à l’époque, il y avait une vraie volonté d’intervenir à Mopti et à Sévaré, là où justement la prise d’otage a eu lieu ce week-end. Aujourd’hui, il s’agit pour la France de ne plus se trouver en première ligne dans la communication à propos de la sécurité du pays, sauf quand ses forces se trouvent victorieuses dans la chasse aux jihadistes ».

En septembre 2010, il a cédé la rédaction en chef de « La Lettre du Continent » à Frédéric Lejeal.

Nabila

Source: L’Indicateur du Renouveau

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