L’état maquille sa faiblesse en livrant le nord aux groupes armes : -Le MAA à Taoudéni -La CMA à Kidal -La plateforme à Ménaka

La nomination, le 19 janvier dernier des gouverneurs de Taoudeni et Ménaka et l’adoption, par l’Assemblée nationale, de la loi portant modification du Code des Collectivités Territoriales, le 31 mars 2016, ont deux faits majeurs qui ont été accueillis, avec triomphalisme, dans les rangs de certains groupes armés qui déclarent à qui veut l’entendre que le meilleurs reste à venir !

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Le 28 mars dernier, contrairement à l’engagement des différentes parties (Etat, Cma, Plateforme) d’organiser, à Kidal, un forum (inclusif) de consolidation de la paix, la rencontre s’est finalement déroulée, sur fond de trahison. Trahison notamment de la Coordination des mouvements de l’Azawad. Les ex rebelles ont fini par se rebiffer en recourant à une pratique dont ils sont les seuls à détenir le secret : le retournement du turban. Alors que les pistes étaient balisées pour que la rencontre de Kidal soit un pas de plus dans le sens de la consolidation de la paix, un pas pour donner d’avantage confiance aux réfugiés ainsi qu’aux partenaires, le forum s’est finalement tenu sans la participation  de la partie gouvernementale.

Aujourd’hui, beaucoup s’interrogent sur cette situation quand on sait que lors de la rencontre avec le chef de l’Etat, tout comme à la conférence avec la classe politique et la société civile, les groupes armés ont affirmé et réaffirmé leur engagement en faveur de la paix, à travers la mise en œuvre diligente de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali.

Pour y parvenir, ils (les groupes armés) étaient tous d’accord pour que le processus d’Anefis soit bouclé par un forum grandeur nature, organisé avec tous les acteurs, à Kidal, bastion de la rébellion touarègue. Seulement. Voilà. Au dernier moment, par le fait de personnes toujours tapies dans l’ombre d’où ils tirent les ficelles de toute cette situation, la Cma s’est subitement dressée contre la participation du gouvernement à ce forum. Pour ce faire, des groupes de femmes et d’enfants, instrumentalisés, sont à nouveau utilisés pour véhiculer des messages hostiles à l’Etat.

Un Etat qui, comme peuvent le constater tous les autres acteurs à l’Accord (groupes armés, médiation algérienne, communauté internationale) donne, chaque jour, la preuve de sa bonne foi à aller vers une application «sincère» de l’accord signé le 15 mai et parachevé le 20 juin 2015. C’est dans ce cadre que se situe l’adoption, en décembre dernier, des décrets de création de deux structures importantes dans le processus. Il s’agit de la Commission nationale de désarmement- démobilisation- réinsertion (CN-DDR) et la Commission d’intégration (CI). A cela est venue aussi s’ajouter l’opérationnalisation des deux nouvelles régions de Taoudeni et de Ménaka. .

Vers la création d’entités blanches et noir au nord Mali
En nommant le nouveau gouverneur de Kidal et en désignant, quelques jours après, ses représentants dans les deux régions, Taoudeni et Ménaka, l’Etat, de toute évidence, est guidé par une volonté de raccourcir le chemin menant à la paix. Mais, la question consiste à se demander si l’Etat est aujourd’hui sur la même longueur d’onde que les groupes armés, dont certains, à l’évidence, n’ont toujours pas abandonner certains types de revendications.

Aujourd’hui, avec la création de ces deux nouvelles régions, se dessine le risque de voir se développer, au Nord du pays, des entités blanches et d’autres noires. Avec la conséquence de voir la communauté majoritaire s’emparer du pouvoir de décision et d’imposer ses desiderata aux autres qui n’ont pas la même couleur de la peau. L’un des signes de cette situation c’est qu’il a juste fallu que la région de Taoudeni ait vu le jour pour que Tombouctou commence à se vider de sa population arabe au profit de Taoudeni que certains veulent déjà ériger en «région de la communauté arabe».

Or, de l’indépendance de notre pays à nos jours, le peuple malien a toujours été un et fier de sa diversité ethnique, avec des populations noires et blanches partageant le même espace, vivant et fraternisant sans difficultés. C’est cet équilibre crée par le président Modibo Keïta, maintenu par Moussa Traoré, consolidé par Alpha Oumar Konaré et valorisé par Amadou Toumani Touré, qui est aujourd’hui menacé de rupture, avec tout ce qu’on entend ça et là au sujet notamment de la désignation prochaine des autorités intérimaires.

Connaissant les intentions de la Cma (à dominante touarègue) pour le contrôle et la gestion de la localité de Kidal, on peut bien se douter des dessous que peut cacher cette volonté de la communauté arabe à se concentrer à Taoudeni. L’adoption, le 31 mars dernier de la loi sur les autorités intérimaires, a mis, à juste titre, les partis politiques de l’opposition sur leur garde. Le chef de file de l’opposition, lors de la conférence nationale de son parti, a dénoncé une loi à travers laquelle on cherche, selon lui,  à couper les communes avec l’administration, en livrant les populations à des groupes armés.

Oumar Diamoye

Source: L’Officiel

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