La Russie devrait cesser d’intervenir à l’étranger, estime un ancien combattant de Wagner

C’est une voix autorisée qui vient de lancer un appel à la Russie. Cet ancien agent de la société Wagner appelle à mettre fin à ses interventions à l’étranger. En Afrique, les paramilitaires étant présents en Centrafrique et autre Mali.

Il se nomme Marat Gabidullin et est ancien membre de la société militaire privée russe Wagner. Agé de 55 ans, l’homme a pris part à de nombreuses expéditions des paramilitaires russes à l’étranger. Il a pris part à des opérations en Ukraine et en Syrie, de 2015 à 2019. Une expérience acquise au sein du groupe, qui lui permet d’émettre une opinion sur les actions de ces éléments dont la direction est supposée proche du Kremlin. Dans une interview à l’AFP, à visage découvert, l’homme insiste que la Russie devrait mettre un terme à ses interventions à l’étranger et se concentrer sur ses problèmes internes.

Cet ancien militaire russe présente Wagner comme «une sorte de petite armée» avec des objectifs qui évoluent en fonction des missions certes, mais aussi de la situation sur le terrain. Côté recrutement, Marat Gabidullin révèle que Wagner n’est pas aussi regardant, puisque dans ses rangs, on compte «des mercenaires patentés, des professionnels, mais aussi des romantiques» qui veulent «se frotter à la guerre». Ce n’est pas tout. Puisque la société russe n’hésite pas à recruter d’anciens condamnés, bannis de l’armée régulière.

 

Pour les convaincre de se faire enrôler, Wagner leur fait miroiter des salaires supérieurs à ce qu’ils pourraient gagner en Russie. Pour son cas précis, l’homme a rejoint la société paramilitaire après une condamnation à trois ans de colonie pénitentiaire. Il avait tué le chef d’un gang dans le cadre d’un règlement de comptes, alors qu’il venait de passer dix ans dans les rangs de l’armée russe. Des missions, il en a assumées, alors sous contrat avec Wagner. Sa première mission a été de combattre aux côtés d’éléments pro-russes, dans l’Est de l’Ukraine. C’était, selon ses confidences, à l’été 2015, alors qu’il venait tout juste de rejoindre le groupe.

Après cela, Marat Gabidullin dit avoir enchaîné avec plusieurs missions, notamment en Syrie. Là-bas, toujours sous les ordres du groupe russe Wagner, l’homme a combattu, jusqu’en 2019, en soutien aux forces du régime du Président Bachar al Assad. L’ex-combattant n’a pas caché sa frustration après sa première mission en Ukraine, dénonçant une «tromperie de la noble cause qui parlait de défendre les intérêts de la Russie». Un goût amer de sa cooptation dans les rangs de la société Wagner, présente en Afrique, notamment au Mali et autre Centrafrique, où ses éléments sont souvent accusés d’exactions.

Et pour l’ancien combattant, s’agissant de la Russie, dans un cadre plus général, «il aurait mieux valu se concentrer sur les problèmes internes, mais regarder les problèmes internes est difficile». Marat Gabidullin insiste : «Nous aurions dû nous occuper de ces problèmes et les résoudre et œuvrer de telle sorte que les gens commencent à nous respecter et nous admirer afin que nous devenions un exemple pour l’Ukraine».

 

Source: afrik.com

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