Instabilité gouvernementale et absence de vision au sommet de l’État : Le Parena exige une feuille de route consensuelle pour sauver le pays

En sa session ordinaire du lundi 12 janvier 2015, le Comité Directeur du Parena a apprécié la situation nationale, marquée par la démission du Premier ministre Moussa Mara le 08 janvier. Un remaniement gouvernemental prévisible qui complète à trois le nombre de Premiers ministres utilisés en 16 mois par le Président IBK. Toute chose qui fait aujourd’hui croire au Parena à une instabilité primatoriale et gouvernementale qui n’est autre que « la manifestation d’une absence de vision au plus haut sommet de l’État », indique le parti dans une déclaration en date du lundi 12 janvier. Selon le Parena, cette instabilité est symptomatique d’une profonde crise politique dans laquelle le pays patauge et soulève de « graves questions sur l’autorité de nomination des premiers ministres successifs ». Pour circonscrire le blocage, le parti fait des propositions concrètes dont « l’élaboration, à la suite de concertations, d’une feuille de route pour sauver le pays ». Lire la déclaration du Parena en P. 5

Djiguiba Keita politicien parti parena ppr opposition

Selon le parti, cette démission de Mara a mis fin à neuf mois d’aventurisme pendant lesquels le Mali a perdu le contrôle de la quasi totalité du Nord. On se rappelle sa visite très controversée à Kidal le 17 mai 2014 et de la guerre du 21 mai 2014 et ses conséquences graves : la perte du gouvernorat de Kidal, du camp, de la radio, les pertes en vies humaines, la dégradation de la sécurité dans le nord et le rejet de la défaite sur l’armée, qui sont autant de torts causés à la nation par l’ancien Premier ministre lors de ces deux aventures. Ces évènements ont « sapé les efforts de reconstruction, de re-motivation et de re-mobilisation de l’armée», affirme le Parena. A cela s’ajoute, les scandales financiers d’une ampleur jamais égalée dans notre pays qui « ont éclaboussé le leadership malien pendant la même période », estime le parti. En effet, de l’avion présidentiel en passant par les contrats d’équipements militaires aux marchés douteux, notre pays a été la risée du monde entier sous la direction de Moussa Mara. Par conséquent, le parti du bélier blanc estime que son départ de la primature constitue un soulagement pour le pays et nourri l’espoir que le nouveau gouvernement  formé par  Modibo Keita donnera un nouveau souffle au mandat du Président.  Rappelons que Modibo Kéita est le troisième chef de gouvernement d’IBK, seulement en 16  mois de règne après deux échecs, après Omar Tatam Ly et Moussa Mara confirmant qu’il n’y a jamais deux sans trois.
Une bonne entrée pour Modibo Kéïta
Contrairement à ses prédécesseurs à savoir Omar Tatam Ly et Moussa Mara qui n’ont pas consulté la classe politique avant la formation du gouvernement, le Parena salue la rencontre du nouveau Premier ministre, à son initiative, avec la classe politique. Mais, il attire l’attention du nouveau Premier ministre sur l’instabilité primatoriale et gouvernementale qu’il hérite de son prédécesseur. Selon le parti, il ne doit perdre en vue qu’il est le 3ème chef de gouvernement nommé par le président de la République en 16 mois! Synonyme pour lui « d’une absence de vision au plus haut sommet de l’État ». « Elle est symptomatique d’une profonde crise politique dans laquelle le pays patauge. Enfin, elle soulève de graves questions sur l’autorité de nomination des premiers ministres successifs », selon les responsables du parti. Par conséquent à l’instar du peuple malien, le parti déclare qu’il jugera le nouveau Premier ministre et le gouvernement formé le 10 janvier en leurs capacités à: endiguer la dégradation continue de la situation au Nord et l’insécurité grandissante dans les villes et dans les campagnes. La signature d’un accord de paix qui reste principalement le défi pour Modibo Kéita. Pour atteindre ces objectifs, le Parena estime que le Mali doit cesser d’être spectateur de son destin laissé au soin de la médiation internationale et particulièrement le chef de file, l’Algérie par l’ancien gouvernement. Selon le parti, le nouveau Premier ministre aura donc la lourde tâche de faire barrage au projet de fédéralisme et confédération des  groupes armés en « négociant, dans le cadre du dialogue inter-malien, un compromis qui préserve la Nation, la cohésion et la stabilité du pays », déclare -t-il.
Le Parena propose
Ainsi pour aider le nouveau Premier ministre et son équipe à bien réussir leur mission dans ces circonstances difficiles, le Parena demande l’élaboration, à la suite de concertations,  d’une feuille de route pour sauver le pays, le desserrement de l’étau de la famille du Président sur les institutions et l’appareil d’État dominés par la présence de la famille dans le gouvernement et à l’Assemblée nationale. 
Par ailleurs, le Parena estime que le limogeage des ministres impliqués dans les malversations financières à l’occasion de l’achat du 2ème avion présidentiel et de fournitures à l’armée ne doit être qu’une étape de la justice rendue au peuple et l’encourage à  combattre l’injustice jusqu’au bout en traduisant devant la justice tous ceux qui sont impliqués.
Le parti demande aussi de faire toute la lumière sur les événements tragiques des 17 et 21 mai 2014 qui ont conduit à la partition de fait du territoire malien, notamment en rendant publiques les conclusions de l’enquête parlementaire y afférente, alléger les souffrances des ménages et améliorer les conditions de vie du peuple, et renforcer la confiance des Maliens en leur pays et en ses institutions par une lutte efficace contre la corruption et une bonne administration de la justice. On se rappelle que lors de la présentation des vœux,  le Dr Youssouf  Dembélé de l’Eglise protestante attirait  l’attention du Président IBK sur ces maux  de la justice malienne qu’il compare à « une marchandise au plus offrant ». Ce qui dit tout.
Youssouf Z. KEITA
B. Daou

Source: Lerepublicainmali

Vous aimez nos articles, suivez-nous

Articles similaires.