GATIA-CMA : C’était prévisible

L’accrochage entre les éléments de la Coordination des Mouvements de l’Azaouad (CMA) et le Gattia est une violation grave du cessez-le-feu résultant de l’Accord de paix et de réconciliation au Mali mais elle était prévisible du fait que les deux mouvements armés se regardaient en chien de faïence, dans la région de Kidal.

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Les deux mouvements sont des ennemis jurés. Voilà pourquoi les termes de l’accord montrent certaines de leurs limites. Si les faits qui ont conduit à des échanges de tirs entre les deux mouvements sont d’une banalité enfantine, les conséquences montrent clairement que la signature posée sur un papier n’est pas toujours de nature – dans ce cas en tout cas – à ramener automatiquement la paix.

Le véritable problème est qu’en l’absence d’un désarmement complet des parties belligérantes, les forces onusiennes de la Minusma, qui auraient dû garantir la paix en établissant un tampon entre Gattia et CMA, ne sont pas intervenues pour des raisons qu’on ignore actuellement.

Or l’un des dangers qui guettent la restauration de la paix est la présence, face à face de la CMA et  de Gattia, des ennemis jurés que le moindre alibi peut conduire à l’affrontement, comme ce fut le cas samedi dernier. Le Gouvernement du Mali en la circonstance ne peut que « condamner » ce qui constitue une « violation grave du cessez-le-feu » que des mois de négociation ont établi.

C’est pourquoi il convient de prendre très au sérieux cet échange de tirs entre les deux mouvements car de la cessation des hostilités dépend la restauration de la paix par la poursuite de la mise en pratique des termes de l’Accord de paix et de réconciliation au Mali. Au moment où des attaques djihadistes se font pressantes et de plus en plus récurrentes, ce n’est pas le lieu de divertir le Gouvernement du Mali par des escarmouches qui dispersent les énergies et font redouter une remise en cause de la dynamique de paix entre les signataires de l’Accord des 15 et 20 juin 2015.

Et le Gattia et la CMA doivent se montrer responsables et dignes de confiance en contrôlant leurs forces sur le terrain. L’Accord de paix et de réconciliation signé à Bamako engage toutes les parties au conflit. Il est simplement inacceptable que des irresponsables viennent mettre en danger ce que la communauté entière a mis des mois à mettre en place. Signer un document officiel suppose qu’on a l’honnêteté d’en respecter les clauses. Chez nous on dit que l’homme c’est sa parole. Or la signature est une parole donnée pour des hommes d’honneur.

Il est donc indispensable de diligenter une enquête sur la violation du cessez-le-feu et situer les responsabilités. Ce travail revient tant au Mali qu’à la Minusma dont on se demande toujours à quoi ses soldats servent réellement au nord de notre pays car à part qu’ils aient tué trois jeunes non armés à Gao, leurs hauts faits dans la région se font toujours attendre malgré des milliards dépensés pour veiller à la paix.

Aussi longtemps que la CMA et le Gattia demeureront incontrôlables, il y aura toujours des risques de voir des affrontements éclater dans la région. Or le désarment et le cantonnement des troupes ne sont pas à l’ordre du jour tant que les parties au conflit ne se mettront pas d’accord sur la mise en œuvre des termes de l’accord de Bamako. On attend toujours la condamnation par l’ONU de la violation du cessez-le-feu par le Gattia et la CMA pour appuyer l’effort du Gouvernement du Mali dans la recherche de la paix. Car pour l’instant, seul le Gouvernement du Mali œuvre vraiment pour la paix. Qu’arriverait-il si d’aventure des combattants incontrôlables s’attaquaient aux forces armées maliennes ?

 

source : la Rédaction

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