Face aux exactions des mouvements armés : Se lever contre la soumission du pouvoir et la complicité de la médiation internationale

Ne devrions-nous pas préférer la souffrance dans la dignité à l’opulence dans la servitude ? L’assujettissement auquel nous assistons actuellement n’honore pas notre pays, surtout pas ses dirigeants. Il faut que les autorités compétentes le sachent. Que la société civile, démissionnaire depuis un certain temps, le comprenne et se réveille de son mutisme agaçant. Que la classe politique, toutes tendances confondues, se retrouve et plante le décor en vue de l’union sacrée sans laquelle le pays ne s’en sortira. Car il ne s’agit point d’une affaire d’IBK ou du seul parti au pouvoir. Plus qu’une question de responsabilité, il s’agit d’une question de vie ou de mort : la patrie ou la mort, pour ne pas vivre dans la honte. 

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Cette apparence de lâcheté collective et individuelle, en vérité la patience et le pacifisme maliens, ne rime pas avec la réalité du moment. L’heure est grave, les égarés qui ne connaissent que le langage des armes sont en train de poursuivre leurs activités de destruction e d’assujettissement du pays et nous, nous entravons les actions salutaires des patriotes qui les repoussent jusque dans leurs derniers retranchements. Savons-nous ce que nous voulons ? Travaillons-nous pour sauvegarder d’autres intérêts que ceux du Mali ?

Lisons ce que relate Maciré Diop sous le titre : ” Par peur de représailles et de règlements de comptes : Anefis se déserte de ses habitants “.

Maciré Diop : ” Apparemment, l’annonce du retrait des mouvements de la Plateforme d’Anefis continue à diviser l’opinion publique. Même si, pour certains, cette décision prouve la fermeté de la Communauté internationale et que le chef de l’Etat est encore le seul maître à bord, d’autres estiment, par contre, que c’est le tapis vert qui est déroulé devant la CMA pour un retour triomphal dans cette localité située à une centaine de kilomètres au sud de Kidal. Et d’où elle avait été chassée, le 17 août dernier, lors d’affrontements avec la Plateforme. Par peur des représailles et des exactions que pourraient leur faire subir les ex-rebelles, les habitants ont déjà commencé à faire leurs baluchons.

            C’est toujours le statu quo qui prévaut à Anefis. Bien que l’on constate un retrait très timide des mouvements de la Plateforme, la situation reste très tendue. Ainsi, l’on observe de nombreux déplacements de populations. Lesquelles fuient la localité par peur d’être prises pour cibles par les ex-rebelles pour se replier sur Gao qui enregistre de nouveaux arrivants tous les jours. D’ailleurs, les unionistes ne se sont même pas encore entièrement retirés de cette localité que ex-rebelles commencent à se positionner aux alentours.

            A ce sujet, une source précise que des coups de feu ont été entendus, le lundi 7 septembre dernier, non loin de la ville. Alors que certains parlent d’une manifestation de joie des éléments de la CMA qui observent, triomphants, le retrait de leurs adversaires, d’autres évoquent plutôt des échanges de tirs entre les deux camps.

            Pour l’heure, les unionistes que nous avons eus au téléphone réfutent toute idée d’affrontements. En tout cas, du côté des habitants d’Anefis, on se presse pour quitter la localité afin de ne pas faire les frais de la folie revancharde des ex-rebelles. Du coup, la localité est en train de se déserter de ses habitants. A noter que la situation est donc très incertaine, car on ignore qui assurera la sécurité des personnes et des biens une fois que le retrait de la Plateforme sera effectif. Beaucoup redoutent un retour de la CMA.

Retrait timide

            A cette incertitude s’ajoute le fait que du côté des forces patriotiques, on ne s’empresse pas de quitter la localité. Un cadre de la mission onusienne nous a d’ailleurs confirmé que le retrait est certes entamé, mais il demeure très timide. Bien qu’on ignore tout de la sécurisation des civils et de la date du départ définitif des troupes de la Plateforme, d’aucuns disent qu’il s’agit d’une manœuvre permettant aux unionistes de s’assurer qui prendra leur relais une fois que leur retrait de la localité sera effectif. Ainsi, au cours d’un entretien téléphonique, l’un des leaders de la Plateforme, en l’occurrence Me Harouna Toureh, a affirmé que bien qu’elles aient décidé de quitter Anefis par respect au président de la République, leurs forces n’hésiteront pas à y retourner si la population en faisait la demande à cause des exactions que lui ferait subir la CMA, comme par le passé. Déjà, certains affirment que lorsque la localité était sous leur contrôle, les ex-rebelles se livraient à toutes sortes d’exactions et de sévices à l’encontre de la population civile.

            Certains gardent un très mauvais souvenir du passage de la CMA dans cette localité. Selon des témoignages recueillis sur place, une fois, un médecin qui se déplaçait en brousse pour soigner un enfant gravement malade a été braqué et chassé par des éléments de la CMA.

            En tout cas, la question de la sécurisation de la ville et de ses habitants après le départ de la Plateforme risque de se poser avec acuité. Même si l’on sait que la condition que les unionistes fixaient pour leur retrait d’Anefis, à savoir un redéploiement de l’armée malienne pour sécuriser les populations, ne tient plus, en revanche on parle d’un effectif plus conséquent des casques bleus, notamment tchadiens, sur place. Reste à savoir si cela sera suffisant pour rappeler la CMA à l’ordre quand il le faudra “.

Et Aboubacar DICKO d’ajouter, sous le titre ” Situation sécuritaire à Tombouctou : La CMA installe des “bases” à divers endroits, les populations asphyxiées “, ce qui suit.

” La situation sécuritaire reste précaire dans la région de Tombouctou où les actes de dépouillement des populations se sont, depuis quelques jours, accouplés de l’installation de nouvelles “bases” des combattants de la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA) dans diverses localités de Goundam.

            Entre braquages à mains armées, fouilles corporelles et enlèvements de véhicules, les populations de la région de Tombouctou vivent dans une situation sécuritaire aux proportions inquiétantes. Singulièrement l’axe Tombouctou-Goundam où, ces deux derniers mois, plus d’une cinquantaine de personnes ont été braquées, souvent frappées ou ligotées et dépouillées de leurs biens.

            La plupart de ces actes de banditisme sont très généralement suivis d’enlèvements de véhicules appartenant à des particuliers ou agents de développement humanitaire qui servent dans la région. Rien qu’en ce début de mois de septembre, de multiples actes du genre se sont produits dans diverses localités de la région. Le 03 septembre, des centaines de chèvres et moutons, plus de 250 selon nos sources, ont été enlevées par sept bandits armés dans la localité d’Essakane. La veille, un camion Mercedes, appartenant à un sous-traitant de la MINUSMA, a été braqué et les occupants dépossédés de leurs biens.

Véhicules volés aux FAMAs

            De sources locales, dimanche vers 16 heures, des forains de la localité de Dourekire ont été victimes de braquage à mains armées à moins de 20 km du cercle de Goundam. ” Ils (les bandits, ndlr) circulaient à bord d’un véhicule qui a été enlevé quelques jours auparavant… Ils ont trainé les occupants à plusieurs kilomètres de la ville avant de les dépouiller “, précise notre interlocuteur indiquant toutefois que les victimes n’ont pas été brutalisées par leurs tortionnaires.

            N’étant jamais revendiqués, ces actes sont loin d’appartenir aux terroristes. Il s’agit d’actes de bandits professionnels opérant indépendamment ou en groupes organisés, avec souvent des véhicules volés aux Forces armées maliennes. C’est ainsi que le 25 août 2015, de véritables équipements militaires ont servi dans une attaque contre une Toyota à 10 km de la ville de Tombouctou. Il s’agit notamment de Kalachnikovs, d’un pick-up volé à l’armée malienne et des talkie-walkies et d’autres moyens de communication sophistiqués. Un autre véhicule des Forces armées a été enlevé, la semaine dernière, dans l’attaque contre un check point de la garde nationale, situé à la sortie de la ville de Tombouctou en direction de Taoudéni.

La CMA occupe Koygouma

            Au même moment où ces actes criminels se passent dans la région, plusieurs combattants de la Coordination des Mouvements de l’Azawad ont élu domicile dans diverses localités. C’est ainsi que des sources sûres rapportent que la localité de Koygouma (dans le cercle de Goundam) est, depuis quelques semaines, sous le contrôle exclusif du Haut Conseil pour l’Unicité de l’Azawad (HCUA), un groupe armé regroupant plusieurs anciens combattants du groupe terroriste Ançar Eddine d’Iyad Ag Ghaly.

            Quant au Mouvement national de Libération de l’Azawad (MNLA) et au Mouvement arabe de l’Azawad (MAA-dissident), ils seraient respectivement à Gargando et à Ralma, toujours dans le cercle de Goundam. Leur présence est également signalée dans des collines situées dans la localité de M’Bouna et à Ber où la présence de plusieurs véhicules enlevés a été maintes fois signalée.

Il est dommage de constater que malgré la signature de l’Accord de paix par les principaux groupes armés, de tels actes continuent de se produire à l’intérieur du pays, notamment dans le nord.

            Il est aussi déplorable de constater que bien qu’ils se soient inscrits dans la logique de la paix, les groupes armés n’aident pas l’armée malienne et la MINUSMA à sécuriser les populations des actes de ce genre en attendant leur désarmement et leur insertion dans les rangs des FAMA. Si un groupe armé occupe une localité, il est censé connaitre la musique qui s’y joue “.

De ce qui précède, il résulte la souffrance des populations du Nord qui manquent par-dessus tout de protection, n’en déplaise à la MINUSMA, qui se cache derrière le fallacieux argument comme quoi elle n’est pas là pour lutter contre le terrorisme. Nous attendons qu’elle avoue qu’elle est là pour protéger les intérêts de la France et pour soutenir les groupes armés. C’est en tout cas ce que nous constatons sur le terrain. Aussi, à propos d’une part du retrait de la Plateforme malgré la souffrance des populations qu’elle sauvait des atrocités des mouvements armés, et d’autre part des attaques des groupes armés, nous attendons une réaction forte de la société civile en soutien au pouvoir en place qui en a besoin pour opposer à la communauté internationale des arguments de taille en vue de l’équilibrage nécessaire pour une paix durable. Ce n’est pas à IBK de faire la guerre, il l’a dit et martelé, c’est à nous de faire alors, de mener le combat dont il est et restera le chef de file. Ce sont des contraintes de la diplomatie que nous devons mesurer à leurs justes valeurs. A bon entendeur salut !

Mamadou DABO

 Source: Zénith Balé
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