Evènements de Menaka et Tombouctou : Remise en cause du processus de paix engagé au Mali

A 17 jours de la signature de l’accord d’Alger prévu le 15 mai 2015 à Bamako, les hostilités ont repris dans plusieurs localités du Nord du Mali. A Ménaka, le lundi matin, le Gatia, après des violents combats, a délogé le MNLA de la ville. La population, en liesse, a marché hier pour le retour de l’armée et de l’administration malienne. Et à Tombouctou, les troupes de la Minusma ont essuyé les tirs de la CMA hier mardi. Un regain de violences qui remet en cause le processus de paix engagé au Mali.

Mongi Hamdi chef minusma misma représentant secrétaire general nation unies onu casque bleus

La confusion est totale au Nord du Mali. Hier mardi, les véhicules de la Minusma ont été prise pour cible par la CMA à l’extérieur de la ville de Tombouctou. Il n’y a pas eu de victimes. Une méprise, selon la CMA, qui réclame le départ des militaires maliens de Tombouctou. Dans un communiqué, le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU, Mongi Hamdi  a exprimé « sa plus vive préoccupation quand au processus de paix engagé il y a plus d’un an pour résoudre durablement et pacifiquement la crise malienne…ces deux évènements sont extrêmement préoccupants car ils mettent le processus de paix en danger. A l’heure actuelle, la Minusma établit les faits ».

Auparavant, le lundi 27 avril 2015 à Ménaka, région de Gao, des violentes confrontations ont opposé des combattants du Mouvement de Libération de l’Azawad (MNLA) à ceux du Groupe d’Autodéfense Touareg Imghad et Alliés(GATIA). Selon nos sources sur place, après d’âpres combats qui ont fait beaucoup de morts et de blessés dans le rang du MNLA, le Gatia a repris la ville aux mains des séparatistes. Une ville qui était jusqu’à ce jour sous le contrôle des indépendantistes du Mouvement National de Libération de l’Azawad depuis les événements survenus le 17 mai 2014 lors de la visite de l’ex Premier ministre Moussa Mara à Kidal.

Le Représentant Spécial du Secrétaire général a, dans un communiqué, mis en garde les parties prenantes sur les conséquences graves que leurs actions pourraient entraîner sur le processus de paix au Mali : « J’exhorte les parties à cesser immédiatement les hostilités et à retourner sur leurs positions. Cette résurgence de tensions met en péril les efforts de tous pour restaurer une paix durable au Mali », a-t-il déclaré. Contacté, le secrétaire général du Gatia, Fahad Ag Almahmoud dira que c’est au cours d’une mission de sensibilisation pour la signature de l’accord prévu le 15 mai que les groupes de la plateforme sont tombés dans une embuscade du Mnla à 40 km au Sud-ouest de la ville de Ménaka. «Une de nos équipes a été accrochée par les gens du MNLA qui considèrent qu’elle est rentrée sur leur territoire. Et c’est vite parti. D’échanges de tirs en échanges de tirs, les combats sont arrivés jusque dans la ville de Ménaka. Actuellement nous contrôlons la ville de Ménaka à 100% », a expliqué le secrétaire général du GATIA.

Dans un communiqué, la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA) accuse le gouvernement malien d’être derrière l’attaque : « Depuis le début du processus de négociations, les violations du cessez le feu par le gouvernement sont flagrantes et récurrentes… la gravité de l’agression est d’autant plus inacceptable qu’elle intervient au lendemain d’un engagement définitif de la CMA à parapher l’accord dans les plus brefs délais, transmis au chef de la Minusma et représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU ». Pour sa part, le gouvernement Malien, dans un communiqué, dit avoir appris la nouvelle avec « surprise et préoccupation » et « rappelle à toutes les parties les accords relatifs au cessez le feu et les engagements en vue du retour définitif de la paix ». Avec ces nouvelles tensions au Nord du Mali, c’est tout le processus de paix qui est menacé.

Madiassa Kaba Diakité

Source: Lerepublicainmali

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