Coups d’État récurrents : comment faut-il comprendre ce sort de l’Afrique ?

L’Afrique est le seul continent au monde qui a subi et n’a cessé de subir des malheurs et conflits sanglants depuis des millénaires voire des siècles. Des conflits dus généralement à des instabilités politiques, selon Bocar Harouna Diallo. Quel triste sort pour l’Afrique ! Qu’a-t-elle fait pour mériter autant de maltraitances ?

L’Afrique a vécu l’hémorragie de la traite négrière, la colonisation et d’autres malheurs connexes. Des années 1960 à nos jours, ce continent a été le théâtre de plus de 82 coups d’État très dévastateurs entrainant ainsi l’insécurité, l’instabilité, le bafouillage des droits de l’homme, la corruption, le vol et le pillage des ressources naturelles, de la corruption et de la pauvreté extrême.

Retour à la mauvaise époque de la mauvaise gouvernance militaire

Les coups d’État en fonction de leur fréquence semblent être des virus contagieux, car un coup d’État réussi augmente considérablement la probabilité de plusieurs autres surtout dans les pays limitrophes. L’exemple de la bande sahélienne (Mali, Côte-d’Ivoire, Burkina, etc. et s’y ajoute les Guinée aussi)

La récente vague de coups d’État en Afrique subsaharienne est un signal fort voire une mauvaise nouvelle. Paradoxalement les pays les plus pauvres, mais riches en ressources naturelles (exemples Mali [deux fois], Tchad, Guinée, Soudan, Tunisie et, sans doute, Algérie et Burundi) et en transition démocratique sont les plus touchés par ce phénomène. Et la liste est encore élastique.

Mais le constant majeur est que le phénomène s’intensifie depuis 2013 et le pourcentage des pays ayant vécu ce cancer est assez représentatif.

Le continent risque donc de retourner à la mauvaise époque de la mauvaise gouvernance militaire qui sera effectivement une période d’inquiétude, de fuite des cerveaux, de récession économique. Un temps perdu économiquement.

On peut donc affirmer que l’Afrique est naturellement malheureusement et terre de conflits.

Enjeux géopolitiques et stratégiques

Ce tas de conflits au 21e siècle s’explique par divers enjeux géopolitiques, stratégiques et économiques. La course vers le développement et l’exploitation des réserves de biens naturels est un facteur majeur. L’intérêt personnel pour avoir une main mise sur plusieurs opportunités encourage les putschs.

Sans finir d’essuyer les larmes du Colonel DAMIBA, le Burkina pleure encore en recevant de plein fouet un coup de plus. Le Burkina, un pays d’une richesse énorme avec des patriotes animés de bonne foi, qui était sur le bon chemin vers l’opulence, se plonge pleinement dans le gouffre des conflits et coups d’État inutiles et répétitifs qui lui font brouiller le noir.

Les enjeux géopolitiques et stratégiques ne cessent de morceler notre Afrique qui portant aujourd’hui est considérée comme le futur du monde en matière de développement durable. Mais hélas, les diverses opinions terroristes utilisées pour décimer le monde, en particulier l’Afrique, sont l’arme fatale pour accéder aux intérêts particuliers.

À ces coups d’État, s’ajoute le syndrome de la boulimie du pouvoir par des présidents africains qui est devenue une réalité voire même une identité africaine.

Prôner une nouvelle armature territoriale cohérente

Dans certains pays africains, en particulier francophones et anglophones, les présidents par leur gourmandise des délices du pouvoir ont réussi à tripatouiller, à volonté, la constitution de leur pays juste pour rester aussi longtemps que possible aux commandes. On peut citer en exemple, le célèbre président Camerounais Paul BIYA, qui a accédé au pouvoir depuis 1982. Malgré l’âge, les contestations et les conflits entre les peuples francophones et anglophones, il parvient à diriger le pays avec une main forte. Son homologue équato-guinéen, depuis 1979 jusqu’à 2020, a considéré le pays comme sa propre maison où le père de famille n’a aucun opposant capable de changer la donne. OBAMA disait : « Quand un dirigeant essaie de changer les règles au milieu de la partie, simplement pour rester en poste, il s’expose à l’instabilité et à la discorde ».

L’Afrique doit connaitre une nouvelle ère avec de nouveaux dirigeants capables de hisser notre continent au sommet. Des dirigeants qui mettront l’homme qu’il faut à la place qu’il faut. Des dirigeants visionnaires capables de prôner une nouvelle armature territoriale cohérente et qui ont une élégance républicaine. L’Afrique en a marre des coups d’État sanglants. Notre chère Afrique mérite des hommes d’État de valeur et d’éthique qui mettent en avant les intérêts du peuple et qui respectent la république (pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple).

Bocar Harouna DIALLO

Sahel Tribune

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