Conflits intercommunautaires : Pourquoi l’Honorable Oumar Mariko s’agite pour la cause peulh? 

Le Centre du Mali s’enlise dans l’insécurité depuis quelques années.  Malgré les efforts du gouvernement pour sécuriser les populations civiles et promouvoir le vivre ensemble, les guéguerres entre peulhs et chasseurs traditionnels « donsos »  ne faiblissent pas. Et honorable Oumar Mariko, président du parti Sadi, profite de cette situation « désolante » pour redorer son blason sur l’échiquier politique national, surtout à l’approche de la présidentielle.

« On peut être opposé à un régime, mais jamais au Mali. Il faut que nos politiciens comprennent cela », explique Mamadou Togola, enseignant de sociologie et chercheur. Selon M. Togola, la crise entre peulhs éleveurs et chasseurs agriculteurs ne doivent jamais être un alibi pour les leaders d’opinions surtout les politiques pour se faire des électeurs. Non, dit-il, en rappelant que la gestion de cette question nécessite l’implication de tous : majorité et opposition car relevant de l’avenir de toute la nation malienne.

Il estime que les récentes sorties médiatiques d’Oumar Mariko lors de la conférence organisée le samedi 24 mars 2018 et celle du quatre avril dernier par rapport à la crise du centre ont été ratées. Car, rappelle-t-il, devant les protagonistes de la crise, le président du parti Sadi accuse ouvertement l’Etat de pousser les communautés les unes contre les autres ou à pousser les ethnies des déférentes communautés à se faire la guerre. Sans avancé de preuve concrète, honorable Mariko déstabilise le gouvernement qui, étant le garant de la sécurisation des personnes et de leurs biens, ne saurait prendre parti. « Un homme politique ne doit pas décrédibiliser un Etat qui, faut-il le rappeler, il prétend vouloir gérer un jour. L’Etat doit être l’arbitre dans ces conflits, et quand on taxe l’arbitre de soutenir une partie contre une autre, il ne pourrait plus jouer pleinement son rôle. Mariko doit comprendre cela », précise le sociologue tout en rappelant que ces « guéguerres » entre éleveurs et agriculteurs a toujours existé mais qu’avec l’arrivé des djihadistes dans la zone, il y a une confusion totale : « la confiance n’existe plus ». Il faut restaurer la confiance entre les voisins au lieu de mettre l’Etat sur le banc des accusés.

Etant dans la logique de tout mettre en œuvre pour empêcher la tenue des élections, honorable Oumar Mariko veut attiser le feu de la haine au centre pour contraindre le gouvernement et les partenaires du Mali à repousser la présidentielle. Il désire aussi bénéficier du soutien des communautés peulhs.  Son parti Solidarité Africaine pour la Démocratie et l’indépendance (Sadi), selon certains observateurs, aurait déjà enregistré l’adhésion de plusieurs peulhs.

Nous y reviendrons.

Abdoul Madjid Mohamed Maïga

Source: Koulouba.com

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