Au Mali, les «prison breaks» se suivent et se ressemblent

On aurait juré qu’après l’attaque de la prison de Banamba, plus jamais les terroristes n’arriveraient à ouvrir de force un autre lieu de détention au Mali. Mais près d’un mois plus tard, les djihadistes réussissent un autre coup de force en s’attaquant à la prison de Niono le 6 décembre 2016. Hélas, cette localité située dans une zone à risque élevé d’attaque semblait peu préparée à faire échec à d’éventuelles attaques de prisons que les terroristes ont promises.

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Le pire, c’est de voir les terroristes constituer une armée au centre du pays avec la multiplication des attaques contre les prisons. Ils sont plus de 90 détenus à prendre la poudre d’escampette après l’attaque de la prison de Niono. Certains ont été appréhendés et remis dans les liens de la justice, mais le danger viendra surtout de l’orientation que vont prendre les évadés qui ne seront pas arrêtés par les forces de sécurité.

Du coup, les chefs djihadistes disposent d’une armée d’anciens forçats qui n’hésitent pas à suivre leurs libérateurs. Pire, le recrutement de militants sortis des geôles est un atout de poids, car ce sont généralement des brebis égarées des terroirs qui mèneront désormais les attaques et d’autres opérations visant à implanter les cellules terroristes. En rupture de ban avec la société, les ex-détenus n’ont pas tellement le choix.

Dans le cas de Niono, c’est encore l’impréparation et le défaut d’équipement des gardes en poste qui sont pointés du doigt dans la faillite de la riposte. Les assaillants venus à bord de motos ont eu peu de résistance, et ont réussi à repartir avec des prisonniers appartenant à leur organisation. L’attaque qui n’avait pas encore été revendiquée pourrait être l’œuvre de mouvements affiliés Al Qaeda au Maghreb islamique(AQMI).

 Ce qui s’est passé à Niono dans la nuit du lundi au mardi

Selon nos sources, l’attaque de la prison de Niono à une centaine de km de Ségou, a eu lieu à 00h25.Selon des témoins, les assaillants sont arrivés à pied laissant leurs motos plus loin. A l’intérieur de la prison, il y avait deux gardiens avec un seul fusil pour les deux. La prison serait sans électricité, et n’est même pas physiquement connecté au réseau électrique dont le dernier poteau est à 50 mètres de la prison.

Vers 1h du matin, quatre policiers dont le commissaire, deux gendarmes, deux gardes nationaux et les militaires arrivent à 500 m des lieux. « Alors s’engage un débat stérile de 1h30 mn de recherche de stratégie et ou de tactique. Excédés le commissaire et ses agents, les gardes et les gendarmes foncent sur la prison car les gardes apprennent depuis Mopti qu’au moins un gardien de la prison beigne dans son sang. Les militaires suivent le mouvement », selon nos sources. Ils trouvent que les assaillants se sont déjà retirés de la prison et les prisonniers volatilisés.

Les blessés sont extraits et évacués sur Niono puis sur Ségou. Un renfort d’une centaine de véhicules lourdement armés arrivent dans la nuit, de Diabaly. Par crainte des embuscades, les militaires attendront le petit matin pour commencer les recherches. L’analyse des douilles aurait montré que les assaillants étaient armés de PKM et PM.

Les terroristes ont plusieurs fois attaqué des prisons maliennes en vue de libérer leurs militants. Avant Banamba et Niono, il y a eu l’attaque contre la prison centrale de Bamako pour libérer le djihadiste Mohamed Ag Wadoussène en 2015. Ce dernier avait été arrêté par la suite dans un quartier de Bamako avant d’être relâché. Mais il aurait été tué dans un raid de l’armée française au nord du pays en 2016.

Soumaila T. Diarra

Source: Le Républicain

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