Au Mali, le processus de paix dans l’impasse (SYNTHESE)

Prévue pour la semaine prochaine à Alger, la reprise des pourparlers entre le gouvernement malien et les groupes armés du nord du Mali, semble maintenant hypothétique.

Abdoulaye Diop ministre affaires etrangere cooperation internationale

Non seulement le préaccord est rejeté par les forces vives du Mali, mais le nord s’embrase encore avec des affrontements entre la Plateforme des groupes d’autodéfense (pro-gouvernement) et la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA, séparatiste).

De surcroît, la réunion extraordinaire convoquée, les 5 et 6 février à Alger par la mission de l’ONU (MINUSMA) pour ramener le calme dans le nord et geler les positions des groupes armés rivaux, a été reportée sine die. Entraînant de fait le report de la reprise des pourparlers, prévue le 8 février.

En attendant cette reprise, l’administration continue à abandonner le septentrion. La semaine dernière, se sont des sous- préfets du cercle de Goundam qui se sont repliés sur Bamako.

“L’Etat n’existe que de nom après le départ de tous les sous- préfets”, déplore un élu de cette zone qui a requis l’anonymat.

“L’inquiétude et la colère étreignent les populations et les élus de la région de Tombouctou qui vivent à nouveau dans l’ angoisse car ils prennent la mesure du chaos qui ne cesse de grandir dans le nord”, regrette sur les réseaux sociaux Mme Oumou Sall Seck, maire de Goundam et membre de la délégation malienne aux pourparlers d’Alger.

Soumaïla Cissé, président de l’Union pour la République et la Démocratie (URD, opposition), déplore aussi l’inaction du gouvernement dans le nord.

Pendant ce temps, le gouvernement réaffirme sa volonté de ” poursuivre les pourparlers et de conclure rapidement un accord de paix global et définitif”. Cette position a, été réaffirmée vendredi par le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, devant les ambassadeurs des cinq pays membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie).

Pour les observateurs, la situation est chaotique car même la MINUSMA n’a plus la confiance des élus et des populations des régions du nord du Mali après les affrontements entre groupes rivaux en fin janvier.

Les partenaires du Mali, notamment l’Algérie et l’ONU, sont préoccupés et ne cessent de manifester des signes d’impatience.

Lors du dernier sommet de l’Union Africaine (30 et 31 janvier 2015 à Addis-Abeba), le ministre algérien des Affaires étrangères et médiateur en chef des négociations de paix au Mali, Ramtane Lamamra, s’est montré sceptique quant à une issue rapide des négociations.

En effet, le diplomate a exprimé son souhait de parvenir à la signature d’un accord de paix dans moins de six mois. On est loin de l’optimisme affiché après le 4e round, lorsqu’il affirmait qu’ un accord était possible dès la 5e phase.

Les acteurs nationaux haussent le ton pour pousser le président malien Ibrahim Boubacar Keita à prendre la situation en main.

Pour Mme Seck, porte-parole des élus (députés et maires) de la région de Tombouctou, il revient au chef de l’Etat et à son gouvernement de prendre les décisions qui s’imposent pour “éviter le pire et améliorer une situation sécuritaire bien précaire”.

Cette reprise en main est impérieuse et urgente car le temps n’ est pas plus le meilleur allié du gouvernement et des médiateurs pour l’aboutissement du processus, selon les analystes.

Agence de presse Xinhua

Source: Xinhua

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