Attaque meurtrière dans un village du centre du Mali

Vingt-six personnes sont mortes à Binedama, localité majoritairement peule. Selon des témoins, les assaillants seraient des militaires. Le ministre de la défense a déclaré ne pouvoir à ce stade « rien confirmer ni infirmer ».

Une vingtaine de personnes ont été tuées vendredi dans une attaque contre leur village de la région de Mopti, dans le centre du Mali, ont fait savoir samedi 6 juin à l’Agence France-presse (AFP) une association peule et de deux responsables locaux. Les auteurs n’ont, à ce stade, pas été clairement identifiés.

Les habitants de ce village, Binedama, appartiennent principalement à la communauté peule, a précisé à l’AFP Aly Barry, un responsable de Tabital Pulaaku, l’une des principales associations peules du Mali. Les assaillants ont « abattu 26 personnes, dont une femme et des enfants », a-t-il ajouté, affirmant qu’il s’agissait de militaires arrivés à bord de dizaines de véhicules.

Le bilan a été confirmé par deux responsables locaux, soulignant que le village a été incendié et que son chef faisait partie des tués. Un élu local a pour sa part précisé que les assaillants étaient « habillés en tenue de l’armée malienne ».

Sollicité par l’AFP, le ministre de la défense, le général Ibrahima Dahirou Dembélé, a déclaré ne pouvoir à ce stade « rien confirmer ni infirmer »« On a l’information, la semaine prochaine on doit envoyer les enquêteurs de l’inspection générale des armées pour les investigations », a-t-il ajouté.

Exécutions extrajudiciaires

En avril, la mission des Nations unies au Mali, la Minusma, avait annoncé avoir dénombré 101 exécutions extrajudiciaires commises par des militaires entre janvier et mars. Elle soulignait que la majorité des violations des droits humains imputées à l’armée malienne et faisant « l’objet d’enquêtes par les autorités » s’étaient produites dans le centre du pays.

La région est prise dans un tourbillon de violences depuis l’apparition en 2015 d’un groupe djihadiste dirigé par le prédicateur peul Amadou Koufa, qui a largement recruté au sein de sa communauté. Les affrontements se sont ensuite multipliés et intensifiés entre les Peuls, majoritairement éleveurs, et les ethnies Bambara et Dogon, pratiquant essentiellement l’agriculture, qui ont créé leurs « groupes d’autodéfense », notamment en s’appuyant sur les sociétés de chasseurs traditionnels, les Dozos.

Quelque 500 civils ont été tués et des centaines d’autres blessés dans le centre du Mali en 2019 : « L’année la plus meurtrière pour les civils depuis le début de la crise politique et militaire dans ce pays en 2012 », a insisté dans un rapport en février l’ONG Human Rights Watch.

Le Monde avec AFP

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