Attaque du poste de police à l’Auto-gare de Sogoniko : fait terroriste ou règlement de comptes ?

Le poste de police de l’Auto-gare de Sogoniko a été la cible d’une attaque armée dans la soirée du mercredi 12 août 2015 aux environs de 20 h 30. S’agissait-il d’une attaque terroriste ou d’un règlement de comptes ? Les supputations vont bon train à Bamako.

ville bamako nocturne Fusillade SogonikoSelon notre premier témoin, Drissa Konaté, commerçant de son état qui a sa boutique à quelques mètres du poste de police, «ces hommes sont venus aux environs de 2o heures, après la prière. Ils étaient deux et se sont arrêtés à une bonne distance du policier, Diabaté, en poste, qui regardait vers la grande voie. Ils lui ont tiré une balle qui a touché sa tête. Malgré tout, il a voulu réagir.

C’est ainsi qu’ils ont enchaîné les tirs et il s’est effondré. Ils sont entrés à l’intérieur du poste en faisant des tirs partout, espérant trouver d’autres policiers. Lesquels devaient être en poste, mais en ce moment, il n’y avait personne. Juste après qu’ils sont partis, rentré à l’intérieur de l’Auto-gare, je me suis dépêché pour aller informer le commissariat du 7ème arrondissement qui semblait prédisposer à sortir. Les agents du 7ème arrondissement sont venus occuper les lieux».

«J’étais juste devant ma boutique quand j’ai vu des hommes venir vers moi. Je ne savais même pas que c’était les mêmes hommes qui venaient d’ouvrir le feu sur le policier Diabaté. Quand ils sont arrivés au niveau de ma boutique, celui qui avait l’arme l’a levée en l’air. Puis, il a effectué des tirs sporadiques, avant de rejoindre son complice sur une moto Jakarta.

Certains disent qu’ils étaient quatre, mais moi, j’ai pu voir deux hommes. Ils sont entrés à l’intérieur de l’Auto-gare à moto. C’est le matin de l’attaque que j’ai appris qu’il y a eu un civil blessé, en plus de l’officier de police Diabaté», témoigne Amadou Doumbia.

Et à un autre témoin, un peu plus loin, de lancer un appel à la vigilance, côté forces de sécurité et de la population : «Il faut que nos forces de sécurité redoublent de vigilance, en s’informant en temps réel sur l’ensemble des postes de contrôle pour que chacun, à son niveau, prenne les mesures nécessaires pour ne pas se faire surprendre. Pour ce faire, il faut impérativement des moyens de communication pour les forces de sécurité. Il faut également plus de vigilance de nos populations en dénonçant tout cas suspect».

Gabriel TIENOU/Stagiaire  

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Attaque du poste de police de l’Auto-gare de Sogoniko : Le film de l’événement à travers mon prisme

Nous sommes mercredi 12 août 2015. Vers 19 heures 30 minutes, je quitte la Maison de la presse pour Niamakoro Koko. Arrivé à l’Auto-gare de Sogoniko, je décide de faire un crochet chez une sœur pour reprendre des forces avant de rejoindre ma maison. Juste après les feux tricolores, à seulement 20 mètres du poste de police, un bruit inhabituel.

Que se passe-t-il ? Un pneu d’un gros camion ? Non, puisque quelques secondes plus tard, la riposte est-là : des tirs à la mitraillette. Pendant près de dix minutes, ce sont des tirs nourris qui se font entendre. Le sauve-qui-peut ! Ça court dans tous les sens.

Sans chercher de midi à quatorze heures, je me planque sous un autocar de transport. Que faisais-je là sans être mécanicien ? Quelques instants après, je sors de ma cachette éphémère et me mets à courir comme tous les autres. Je m’en sors avec une bosse au cran. Moindre mal.

Aux Halles de Bamako, c’est la psychose. Les rideaux des boutiques se referment frénétiquement. Certaines bonnes dames abandonnent leurs étalages et se cherchent dans la nature. Des Usain Bolt, j’en ai vu ce jour. La peur de mourir. Quelques minutes après, c’est ville morte, chacun s’étant terré chez lui.

Par la suite, policiers, gendarmes, gardes et militaires bouclent le périmètre de l’Auto-gare dans l’espoir de traquer les assaillants. C’est dans cette cacophonie jamais égalée que le ministre de la Sécurité intérieure et de la Protection civile, Sada Samaké, annonce sur les ondes de RFI que cette attaque des assaillants, qui a fait deux blessés (un militaire et un civil), n’est pas un acte terroriste, mais «un cas isolé», avant même toute enquête.

De toutes les façons, c’était la terreur au sein de la population. Ce qui est sûr et certain, si le ministre Samaké était sur les lieux au moment de cette attaque, il aurait pris ses jambes au cou.

Bruno E. LOMA

Source: Le Reporter

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