ACQUISITION PAR BAMAKO DE NOUVEAUX EQUIPEMENTS MILITAIRES SUR FOND DE RETRAIT DE BARKHANE : C’est Le Terrain Qui Commande La Manœuvre

Le 19 avril dernier, le Mali recevait deux nouveaux hélicoptères de combat, fournis par son partenaire russe. L’annonce en a été faite par les autorités de Bamako, pour qui ce matériel doit « aider les FAMa dans leur lutte de tous les jours pour l’éradication du terrorisme ».  Des propos  qui permettent d’autant plus de nourrir l’espoir que dans le même temps, l’on apprend que l’armée malienne s’est dotée de « radars de surveillance de quatrième génération ». Au-delà des conjectures et autres supputations sur l’opportunité de l’achat des radars, ce sont d’importantes acquisitions qui ont de quoi gonfler le moral de la troupe et rassurer les Maliens quant à l’engagement des autorités de la transition, à relever le défi sécuritaire dans un contexte où le retrait annoncé de la force française Barkhane se poursuit allègrement sur le terrain. En effet,  après les bases de Kidal en mi-octobre 2021, de Tessalit un mois plus tard et de Tombouctou à la mi-décembre, c’est celle de Gossi qui a été évacuée par les soldats français, le 19 avril 2022.

 

Pendant que Paris se retire, Moscou semble renforcer sa relation de confiance avec le Mali

 

 

En termes de présence militaire française sur le sol malien, il ne reste donc plus que les bases de Gao et Ménaka qui seront bientôt rétrocédées aux autorités maliennes, après le départ des soldats français. Départ qui paraît imminent, à en croire certaines sources pour lesquelles ce ne serait plus qu’une question de semaines.  Le moins que l’on puisse dire, c’est que tout porte à croire que les autorités de Bamako ont pris le taureau de la lutte contre le terrorisme par les cornes, pour tenter de combler le vide laissé par le retrait des forces de soutien européennes, notamment françaises, suite à la crispation des relations entre Bamako et Paris.  Et le constat, pour ainsi dire, est que pendant que Paris se retire, Moscou semble renforcer sa relation de confiance avec le Mali à travers cette livraison de matériel de guerre.  Si cela n’est pas pour confirmer l’adage selon lequel « la nature a horreur du vide », c’est une situation qui n’est pas loin de cadrer avec ce jargon militaire selon lequel « c’est le terrain qui commande la manœuvre ». Autrement dit, ne pouvant plus compter sur l’appui de la France accusée de « lâchage en plein vol »,  pour les raisons que l’on sait, Bamako semble jouer à fond la carte de Moscou, pour espérer se sortir du péril terroriste qui menace le pays jusque dans ses fondements. C’est de bonne guerre. Et l’on peut même comprendre tout le tapage médiatique fait par les autorités de la transition, autour de ces nouveaux équipements censés renforcer les capacités de riposte du Mali face aux terroristes, tout en lui garantissant un meilleur contrôle de son espace aérien. La sécurité du pays, peut-on dire, passe aussi par là. Il y va aussi de sa souveraineté.

 

 

C’est sur le terrain des résultats que les autorités de la transition sont vraiment attendues

 

 

Seulement, il faut espérer que l’acquisition de ces radars dont l’opportunité est sujette à caution en tant que priorité au moment où le pays est toujours sous embargo de la CEDEAO, répond à un besoin pressant de l’armée malienne. Et surtout, que cela ne participe  pas d’une guerre par procuration de son allié russe dans le but de mieux contrôler les mouvements des pays occidentaux avec qui les popovs sont en rivalité dans cette partie du monde.  En tout état de cause, le tout n’est pas d’acquérir du matériel performant. Il est surtout impératif d’en ressentir les effets sur le terrain de la lutte contre le terrorisme,  à l’effet de réduire considérablement la voilure et les capacités de nuisance des forces du mal sur les populations maliennes. C’est dire si c’est sur le terrain des résultats que les autorités de la transition sont vraiment attendues. D’autant que dans le cas d’espèce, personne n’a pipé mot sur le coût de ces équipements. C’est dire aussi si ces équipements militaires doivent impérativement être opérationnels sur le terrain, afin  d’éviter le scénario de 2017, sous feu l’ex-président Ibrahim Boubacar Kéita (IBK), où le Mali s’était retrouvé floué dans l’achat de deux hélicoptères de combat, qui sont finalement restés cloués au sol, « faute de maintenance appropriée ».  C’est à ce prix et à l’aune des résultats sur le terrain, que les Maliens sauront si les autorités de la transition ont fait le bon choix et s’il y a du  satisfecit à tirer du renforcement de la coopération militaire avec l’Ours russe.

 

Source: Le Pays

 

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