À propos de kidal: ce qu’ils ont dit

De la zone de confrontation à la zone de sécurité ; la reprise des hostilités entre les deux principales composantes armées du processus de paix a occupé la UNE de l’actualité et préoccupé tous les acteurs politiques et les parties prenantes au processus de paix. Si le souci est partagé quant au respect du cessez-le-feu et des engagements en faveur de la paix, la dissonance est inquiétante quant aux options offertes et les divergences se creusent à propos des moyens pour y parvenir.

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Qu’est-ce qu’ils en pensent et qu’est-ce qu’ils en disent ? Nous vous proposons des extraits de leurs déclarations sur le sujet rendu public tout au long de la semaine. Une semaine au cours de laquelle, les pépites seront de simples verbatim.

LA MINUSMA

La MINUSMA exhorte les parties à immédiatement cesser les combats et à retourner sur les positions qu’elles occupaient avant le 15 août 2015.

La MINUSMA est déterminée à assumer ses responsabilités en ce qui concerne la protection des populations civiles.

Dans ce cadre, et pour parer à toute éventualité d’une extension des combats qui pourraient affecter la population de la ville de Kidal, la MINUSMA annonce les mesures suivantes :

– Une zone de sécurité de 20 km autour de la ville de Kidal entrera en vigueur à partir de demain mardi 18 août à 8h00, et le restera jusqu’à nouvel ordre,

– Tout mouvement à l’intérieur de cette zone de sécurité par des éléments de la Plateforme, ou affiliés à la Plateforme, seront considérés comme constituant un danger imminent pour la sécurité de la population de la ville de Kidal,

– En cas de violation de cette zone de sécurité par des éléments de la Plateforme, ou affiliés à la Plateforme, la MINUSMA agira en conséquence conformément à son mandat.
(Communiqué du 17 août 2015)

Radhia Achouri Porte-parole de la Minusma

» C’est une série de mesures à titre préventif dans le cas où les affrontements entre la plate-forme et la coordination des mouvements de l’Azawad s’étendent pour atteindre la ville de Kidal. Donc la nouvelle mesure consiste en fait dans l’établissement d’une zone de sécurité d’une vingtaine de kilomètres autour de la ville de Kidal. Et l’on a indiqué que si jamais les éléments de la plate-forme, ou des éléments qui lui sont affiliés, entrent dans ce périmètre de 20 kilomètres, leur mouvement sera considéré comme un risque imminent pour la sécurité des populations et par conséquent, la Minusma prendra des actions à laquelle elle est autorisée dans le cadre de son mandat, la Minusma pourra recourir à la force si nécessaire ».
(déclaration du 18 août 2015 sur RFI)

LA MÉDIATION INTERNATIONALE

La Médiation internationale apporte tout son soutien aux efforts de la MINUSMA en vue ramener le calme sur le terrain, ainsi qu’à ceux déployés par le Gouvernement malien, en concertation avec les partenaires du Mali, aux fins de ramener les belligérants au strict respect de leurs engagements. Conformément à l’Article 54 de l’Accord, elle appelle également les Nations unies et l’Union africaine à contribuer, dans les meilleurs délais, à la clarification des responsabilités, y compris en diligentant une enquête, et à prendre, le cas échéant, des mesures contre tous ceux qui entraveraient la mise en œuvre des engagements contenus dans l’Accord.
(Communiqué du 17 août 2015)

LE GOUVERNEMENT

Le Gouvernement de la République du Mali a pris connaissance du communiqué produit par la MINUSMA le lundi 17 août 2015 au sujet des affrontements meurtriers qui se sont déroulés dans la zone de Tagalot (…).
Toutefois, par rapport à la détermination d’une zone de sécurité autour de la ville de Kidal, le Gouvernement exhorte la MINUSMA à rester dans son rôle de protection des populations, et de toutes les populations, dans toutes les zones exposées, à l’instar de Kidal, aux mêmes risques d’insécurité.
En la matière, tout traitement inéquitable produira des effets pervers nuisibles à la recherche de la paix et de la concorde (…).
Le Gouvernement de la République du Mali poursuivra le dialogue avec l’ensemble de ses partenaires et les invite, tous, à une lecture objective de la situation.
(Communiqué du 18 août 2015)

LA COORDINATION DES MOUVEMENTS DE L’AZAWAD (CMA)

Depuis la signature de l´accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du « processus d´Alger, les milices pro gouvernementales, usant des moyens et de la logistique de l’État, tentent de reconquérir de nouvelles positions, tenues depuis le cessez le feu du 23 mai 2014, par la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA) en violation flagrante des arrangements sécuritaires et des termes de l’Accord de Paix signé les 15 Mai et 20 Juin 2015.
Cette attitude belliqueuse vise délibérément à remettre en question l’accord d’Alger dans sa globalité et tous les engagements pris par les différentes parties (…).
La Coordination des Mouvements de l’Azawad demande à la MUNISMA de lever expressément et dans les meilleurs délais toutes les zones de sécurité établies sur le territoire de l’Azawad à Tabankort, Anafif, Menaka, Goundam, Ber, Tombouctou, Gao, Kidal et ailleurs et de laisser le soin à toutes les parties de régler leurs différends.

La Coordination des Mouvements de l’Azawad, qui condamne la formation, l’armement et l’utilisation des milices, est déterminée à prendre ses responsabilités face à l’histoire, en protégeant les populations de l’Azawad et en créant des conditions de vie meilleures et un espace d’épanouissement socio-économique préservant l’identité et la culture du peuple de l’Azawad.
(Communiqué du 19 août 2015)

LA PLATEFORME DES FORCES PATRIOTIQUES

Les Mouvements de la Plateforme du 14 juin 2014 d’Alger ont pris à témoin l’ensemble des membres de la médiation internationale ainsi que l’opinion nationale et internationale dans un communiqué en date du 15 août 2015 dénonçant une attaque perpétrée contre leurs positions à Edjerer Amassine dans l’oued de Touzik, en dépit des arrangements sécuritaires convenus les 18, 19 et 20 juillet 2015 entre les principaux responsables militaires sur le terrain.

Ce jour 16 août 2015 vers 17 heures, au même endroit les positions de la Plateforme ont été victimes d’une seconde attaque, toujours de la part des combattants de la CMA, malgré les assurances données par Checkh Awissa, un des principaux responsables militaires de la CMA qui au cours d’une conversation téléphonique a qualifié d’incident malheureux l’évènement d’hier, présenté des excuses, et promis la persévérance pour sauvegarder les arrangements sécuritaires.
La Plateforme rappelle que la zone en question n’a jamais auparavant été occupée par des combattants de la CMA et que les populations vivant dans les oueds de Takaloute, Tassik, Infelefele, Touzik Amassine, etc. sont en grande majorité des communautés de la Plateforme.

Les Mouvements de la Plateforme attirent l’attention de tous les partenaires de la stabilisation du Mali sur la nette amélioration de la sécurité dans cette zone depuis que ses combattants s’y trouvent.

La Plateforme soucieuse de la paix et de la réconciliation au Mali informe toutes les parties impliquées au processus qu’elle n’a jusqu’ici répondu à aucune de ces provocations, elle appelle toutefois la médiation internationale à assumer toutes ses responsabilités vis-à-vis de ceux qui pourraient avoir des desseins inavoués.
(Communiqué du 17 août 2015)

Me Harouna Toureh, porte-parole de la plateforme

« Les combattants de la CMA sont à Gao, à Kidal, à Tombouctou et partout au Mali, dans leur famille et avec leurs parents. Mais la CMA ne veut pas que cette liberté de mouvement et autres avantages soient accordés aux combattants de la Plateforme dans les localités qu’elle contrôle.
Elle ne veut pas que nos combattants partent chez eux, dans leur lieu de naissance, pour voir leurs proches… voilà pourquoi nous avons riposté à leurs attaques. Nous n’avions d’autres choix que de se défendre. Et la riposte a été à la hauteur des agressions car les assaillants ont subi d’énormes pertes… C’est une violation de l’accord d’Alger à laquelle nos combattants ont répondu ».
(Déclarations à L’Aube du 20 août 2015)

UNION POUR LA RÉPUBLIQUE ET LA DÉMOCRATIE (URD)

L’URD a appris avec une forte inquiétude que des échanges de tirs ont eu lieu entre les mouvements de la Plateforme et de la CMA dans la région de Kidal, le samedi 15 et le dimanche 16 août 2015.
L’URD condamne de tels actes inadmissibles et injustifiables qui violent manifestement l’accord de paix signé par les mêmes groupes armés, le Gouvernement et la Médiation internationale en mai et juin 2015.
L’URD appelle tous les groupes armés au respect strict de leur engagement à cesser les hostilités, invite le Gouvernement du Mali et la Médiation internationale à prendre toutes les mesures appropriées pour non seulement éviter de tels dérapages, mais aussi, et surtout infliger des sanctions à tous ceux qui constitueraient un obstacle au retour de la paix.
Le Parti rappelle que notre pays, meurtri par la recrudescence des attaques terroristes, djihadistes et autres actes de banditisme, ne saurait supporter de tels comportements qui mettent en péril le très fragile processus de paix et de réconciliation.

(Communiqué du 16 août 2015)

L’ALLIANCE DES DÉMOCRATES PATRIOTES POUR LA SORTIE DE CRISE (ADPS)

Le Directoire de l’Alliance des Démocrates Patriotes pour la Sortie de crise (ADPS) condamne fermement la décision unilatérale et manifestement illégale de la MINUSMA de créer une prétendue « zone de sécurité » de 20 kilomètres autour de Kidal sous le prétexte fallacieux de ‘’protéger les populations civiles ‘’ de cette localité malienne.
En effet, la résolution 2227 reconnait textuellement que la responsabilité première de la protection des populations civiles incombe aux autorités maliennes. Par cette décision mal inspirée qui n’est en fait qu’un subterfuge pour sauver les groupes armés hostiles à l’intégrité territoriale du Mali, la MINUSMA outrepasse les limites de sa mission, procède à une grave perversion de son mandat officiel, se rend coupable d’usurpation injustifiée des pouvoirs de l’État malien et confirme, s’il en était besoin, ses connivences ouvertes avec les forces négatives à l’origine de la crise qui martyrise les populations depuis plusieurs années déjà.
Comme peuvent en témoigner nos frères et sœurs de Kidal, tous groupes ethniques confondus, la principale menace qui pèse sur les paisibles populations civiles découle de la présence de groupes armés hostiles à l’unité nationale, à l’intégrité territoriale du Mali et au caractère républicain, démocratique, unitaire et laïc de l’Etat malien. Le cantonnement et le désarmement sans condition de ces forces négatives, comme prescrit par la résolution 2227 du Conseil de Sécurité de l’ONU en date du 29 juin 2015, est donc le préalable indispensable au retour de la paix, de la sécurité et de la concorde nationales. En érigeant une ceinture de protection au profit de ces groupes séparatistes, djihadistes et narco-terroristes, la MINUSMA semble avoir manifestement perdu son âme et le sens de sa mission officielle.
(Communiqué du 19 août 2015)

RASSEMBLEMENT POUR LE MALI (RPM)

C’est tout simplement regrettable, regrettable parce qu’on est en train de chercher à installer la confiance entre tous ceux qui sont concernés, tous les Maliens. Ce n’est pas le moment de mettre de l’huile sur le feu. Je pense que les relations personnelles et collectives doivent se sentir interpellées pour s’investir immédiatement dans un climat de paix et de confiance, sans lesquelles il n’est pas possible de discuter, il n’est pas possible de réussir la paix.
(Déclaration de Nankoma Keita, Secrétaire politique du RPM dans le Républicain du mardi 18 aout)

PARTI POUR LA RENAISSANCE NATIONALE

… Ce qui est arrivé à Kidal … nous n’en sommes pas surpris. Quand on prend les patriotes du Gatia, ils sont meurtris de ne pouvoir rendre visite à des parents à 20-30 km sans l’aval ou l’accompagnement de Maliens qui ont pris les armes contre leur pays et qui y règnent en maître, contre la volonté de la majorité. Ce qui se passe aujourd’hui n’est donc que le résultat du mauvais accord imposé au Mali à cause d’une gouvernance sans vision, d’un pilotage à vue. Il faut repenser ce fameux accord pour sa mise en œuvre efficiente. Cela se fera avec les forces vives qui comptent dans ce pays.
(Extraits déclaration de Djiguiba Kéïta dit PPR, Secrétaire général du PARENA dans le républicain du mardi 18 août 2015)

ALLIANCE POUR LA DÉMOCRATIE AU MALI (ADÉMA-PASJ)

Ces affrontements entre la CMA et le Gatia compromettent la bonne application de l’accord de paix signé à Bamako ainsi que sa mise en œuvre. Il faut que les parties reviennent à de meilleurs sentiments et rangent les armes, tout en donnant la chance à la bonne application de l’accord de paix signé
(Déclaration de Tiemoko Sangaré, Président de l’Adema Pasj dans le Républicain du mardi 18 août 2015)

PARTI SOCIALISTE YEELEN COURA (PS YEELEN COURA)

C’est inquiétant, ce qui vient d’arriver entre le Gatia et la Coordination des mouvements de l’Azawad (Cma)… Ça interpelle tout le monde. Le gouvernement … doit s’atteler à la mise en place des membres du Comité de suivi pour la mise en œuvre de l’accord… dans tous ses volets, que ça soit le volet militaire ou politique. Le volet militaire prévoit le cantonnement des groupes armés, ce qui permettra de réduire ce genre de conflit. C’est quand même regrettable de voir la situation dégénérer ainsi.
(Extraits déclarations de Amadou Koïta, Président du PS-YK dans le républicain du mardi 18 août 2015).

par Mariam KEITA

Source: Info-Matin

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