Lettre ouverte pour une Plateforme Globale Résiliente de Défense Stratégique et de Sécurité Durable au Mali

 ANASSER AG RHISSA docteur expert tic informatique telecom gouvernance insecurite zone sahelo saharienne

Excellence Monsieur le Président de la République du Mali,

Excellence Mesdames et Messieurs les représentants des partenaires du Mali,

Excellences Messieurs les médiateurs pour la crise Malienne,

Excellences Messieurs les facilitateurs pour la crise Malienne,

Excellence Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale du Mali,

Excellence Monsieur le Premier Ministre du Mali,

Excellences Mesdames et Messieurs les Ministres,

Excellence Monsieur le Ministre des affaires étrangères et de la coopération internationale du Mali, chef de la délégation Malienne aux pourparlers inclusifs,

Excellence Monsieur le Haut représentant du Président Malien dans les pourparlers inclusifs inter-Maliens,

Excellence Monsieur le Ministre de la réconciliation nationale,

Excellence Monsieur le Ministre de la défense et des anciens combattants du Mali,

Excellence Monsieur le Ministre de la sécurité et de l’intérieur,

Excellence Monsieur le ministre de la communication, de l’économie numérique et de l’information du Mali,

Mesdames et Messieurs les participants au groupe thématique Défense et Sécurité du processus d’Alger,

Mesdames et Messieurs les participants aux pourparlers inclusifs inter-Maliens,

Chers frères et sœurs Maliens,

Certains Maliens s’étaient posés et se posent des questions sur l’efficacité, sur le terrain, des forces de défense et sécurité du Mali et des forces étrangères (MINUSMA et SERVAL succédée par la force régionale BARKHANE) qui les appuient.

Quelles sont les attentes des civils vis-à-vis de ces forces (de défense et sécurité du Mali, de la Minusma et de Barkhane) ?

Comment améliorer les relations entre ces forces et les civils ?

Que faut-il pour que ces forces puissent assurer de façon efficace la sécurité des personnes et de leurs biens au Mali ?

Quelle solution globale, résiliente et pérenne pour lutter contre l’insécurité et le terrorisme dans la zone sahel et son lien avec le triptype sécurité, développement et paix ?

Quelle plateforme globale résiliente pour assurer une défense stratégique et une sécurité durable au Mali ?

Nous tenterons d’apporter des éléments de réponse à ces questions ouvertes.

La contribution de chacun(e) est souhaitable.

Dans ce sens, il faut saluer l’initiative de l’Ambassade des Etats Unis d’organiser, en liaison avec le Mali, une conférence, sur la sécurité et les relations entre les civils et les militaires, qui aura lieu, à Bamako, du 18 au 21 Août 2014.

Je suis heureux d’être invité à cette importante conférence à laquelle je participerai et j’apporterai cette contribution.

1. ATTENTES DES CIVILS ET COMMENT AMÉLIORER LES RELATIONS ENTRE LES CIVILS ET LES AGENTS DES FORCES DE DÉFENSE ET SÉCURITÉ DU MALI, AINSI QU’AVEC CEUX DE LA MIMUSMA ET DE BARKHANE ?

1.1 ATTENTES DES CIVILS

L’attente principale des civils et l’objectif commun des forces de défense et sécurité du Mali, de la Minusma et de Barkhane est la protection et la sécurisation des personnes et de leurs biens au Mali.

D’autres attentes des civils sont :

–       le renforcement de leur résilience (capacités d’adaptation) face aux problèmes d’insécurité,

–       s’impliquer dans les négociations inclusives afin de contribuer à la réconciliation nationale et à leur sécurité de façon durable,

–       l’implication effective de ces forces dans les négociations inclusives,

–       l’implication effective de ces forces pour rendre effectifs les cessez-le-feu et l’arrêt des hostilités entre entités en conflit sur l’étendue du territoire,

–       l’implication effective de ces forces dans le DDR (Démobilisation, Désarmement et Réinsertion) des groupes armés et d’autodéfense,

–       l’implication effective de ces forces dans la société en contribuant à résoudre certains des problèmes auxquels elle est confrontée,

–       leur souhait que ces forces soient proches d’eux à travers la contribution à la prise en charge de leurs besoins (sécuritaires, de développement, sociaux, …).

Pour que ces attentes soient satisfaites et sur la base de cet objectif commun, l’entente et la confiance entre les forces de défense et sécurité du Mali, la Minusma et Barkhane doivent être réelles et la synchronisation, entre elles, parfaite.

Les civils doivent être les bénéficiaires de cette entente, de cette confiance et de cette synchronisation.

Pas de sécurité sans la participation active de ceux qu’on sécurise, c’est pourquoi, les civils doivent participer à leur sécurisation et doivent être impliqués après avoir créé la confiance avec eux.

Ainsi, ils pourront devenir des agents de sécurité efficaces et alerter en cas de danger (terrorisme, …) de toute sorte.

Ils aideront à créer une base de renseignements, nationale, régionale (à travers Barkhane) et internationale (à travers la Minusma et Barkhane), pour une sécurité efficace et durable au Mali, dans la région sahel et dans le monde.

1.2 CONDITIONS POUR CRÉER LA CONFIANCE AVEC LES CIVILS

Pour créer la confiance entre les civils et les forces de défense et sécurité du Mali, mais aussi avec la Minusma et avec Barkhane, il est indispensable :

–       De communiquer sur leurs rôles respectifs,

–       D’instaurer une communication entre les civils et les forces de défense et sécurité du Mali, mais aussi avec la Minusma et avec Barkhane,

–       Leur implication effective dans les négociations inclusives, dans le DDR (Démobilisation, Désarmement et Réinsertion) des groupes armés et d’autodéfense ainsi que dans la société,

–       l’implication effective de ces forces pour rendre effectifs les cessez-le-feu et l’arrêt des hostilités entre entités en conflit sur l’étendue du territoire,

–       l’implication effective de ces forces dans la société en contribuant à résoudre certains des problèmes auxquels elle est confrontée,

–       Que ces forces soient proches des civils à travers la contribution à la prise en charge de leurs besoins (sécuritaires, de développement, sociaux, …).

Par exemples :

–       que des communiqués en direction des populations soient conçus par ces forces et publiés,

–       que des débats auxquels elles participent soient organisés,

–       que des représentants des forces de ces forces soient intégrés dans les négociations inclusives,

–       que les civils soient convaincus que leur sécurisation et leur protection soient vraiment assurées par ces forces,

–       que des projets de développement, sociaux et culturels soient menés en liaison avec ces forces,

–       des tournois sportifs entre des civils et des agents de ces forces soient organisés.

2. QUELLE ORGANISATION POUR UNE DÉFENSE ET UNE SÉCURITÉ DURABLE AU MALI ?

J’avais écrit et publié en ligne sur Malijet, une contribution, le 02 février 2014, portant sur :
MINUSMA (ONU), SERVAL ET LES FORCES DE DÉFENSE ET SÉCURITÉ DU MALI : QUELLE ORGANISATION POUR UNE SÉCURITÉ DURABLE ET POUR DÉSARMER LES GROUPES ARMÉS.

Elle indique la nécessité d’une synchronisation intelligente entre les trois entités (SERVAL, MINUSMA ET LES FORCES DE DÉFENSE ET SÉCURITÉ) pour une sécurisation et une sortie durables de la crise au Mali.

Merci à SERVAL pour le DLAO (Détachement de Liaison et d’Appui Opérationnel) en appui à la MINUSMA et aux forces de défense et sécurité du Mali.

Ce type d’appui, à travers le DLAO, a aidé dans le cadre de cette synchronisation intelligente dans je parle.

De même que les patrouilles mixtes, entre la police de la MINUSMA et la police Malienne, doivent être une réalité. Certains les contestent ou trouvent qu’elles sont insuffisantes.

Comme vous le savez, concernant la situation au Mali, le conseil de sécurité de l’ONU souhaite un règlement politique durable, une paix et une stabilité à long terme dans tout le Mali, Un et Indivisible.

Quelle organisation mettre en œuvre au Mali, en liaison avec les partenaires (ONU, SERVAL, CEDEAO, UA, UE, …), pour une sortie durable et définitive à travers un règlement politique durable de la crise Malienne ?

Cette organisation est-elle efficace sur le terrain ?

Vous trouverez ci-dessous un extrait de cette contribution.

On y pointe à l’adresse suivante :

http://www.bamada.net/les_faits_divers_au_mali/lettres_ouvertes_mali/92386-minusma-onu-serval-et-les-forces-de-defense-et-securite-du-mali.html

Nous (le Mali) n’avons pas intérêt à nous mettre la communauté internationale, entre autres, à travers l’ONU, la MINUSMA, BARKHANE (force régionale qui a succédé à Serval), la CEDEAO, l’UA, l’UE, sur le dos, nous devons travailler de concert pour que la sécurité au Mali soit assurée de façon efficace.

Le respect mutuel et la synchronisation des opérations entre la MINUSMA (ONU) et les forces de défense et sécurité doivent être exigés, de même qu’entre BARKHANE et les Forces de défense et sécurité du Mali.

Après la guerre de Kidal, une mise au point sérieuse et une décrispation de l’atmosphère, en présence de ces dernières, doivent être faites afin de répartir dans de bonnes conditions et d’oublier les différends.

Ce qui a été fait, en partie, lors de la rencontre entre Koenders (émissaire de l’ONU) et le Président IBK.

Je pense qu’il serait judicieux de penser à une nouvelle organisation de la MINUSMA avec plus d’implication du Mali et pour le Mali (nécessité d’appliquer les nouvelles attributions de la MINUSMA, découlant de la résolution 2164 (2014) de l’ONU, pour agir en s’impliquant plus) ET plus de synchronisation entre la MINUSMA et les forces de défense et sécurité du Mali.

De même, le lien entre ces dernières (MINUSMA et Forces de défense et sécurité du Mali) et BARKHANE doit être repensé avec plus de synchronisation.

CERTAINS DISENT QU’IL EST DIFFICILE DE COLLABORER AVEC L’ARMÉE MALIENNE DONT CERTAINS MEMBRES S’ENFUIENT DES QU’IL Y A UNE ATTAQUE SÉRIEUSE.

N’est-ce pas dû, en partie, au manque de communication et de synchronisation.

A Kidal, en mai 2014, lors de l’offensive et de la contre-offensive, si elle était au courant qu’elle était réellement épaulée par Serval et MINUSMA, certains auraient-ils fui ?

Justement, une mise au point permettra d’éviter cela et pour cultiver l’esprit d’entraide, de communication, de persévérance et de synchronisation.

2.1. ORGANISATION GLOBALE A TROIS PIEDS

Une nouvelle organisation globale, axée sur une synchronisation intelligente entre les trois entités, MINUSMA, BARKHANE et les forces de défense et sécurité du Mali, doit être mise sur pieds ou doit promouvoir son efficacité.

Elle repose sur ses trois pieds: MINUSMA, BARKHANE et LES FORCES DE DÉFENSE ET SÉCURITÉ DU MALI.

Cette organisation va gérer la base de renseignements (support de la guerre de renseignements) sur le terrorisme et sur la sécurisation du Mali et le lien avec celle de la zone sahel.

DONC, UNE COOPÉRATION RÉGIONALE ET INTERNATIONALE EST NÉCESSAIRE POUR VENIR A BOUT DU TERRORISME ET DES CONFLITS INVOQUANT PLUSIEURS PAYS DU CHAMP.

Cette nouvelle organisation, en s’appuyant sur la force régionale BARKHANE, prendra en charge efficacement la sécurité au Mali.

En particulier, elle sécurisera dans de bonnes conditions le dialogue et les pourparlers inclusifs, inter-Maliens, s’ils se tiendront dans les régions au Mali.

SANS CETTE SÉCURISATION, UN DIALOGUE SEREIN, AVEC UNE QUIÉTUDE TOTALE, N’AURA PAS LIEU.

Le manque de définition claire des tâches de chacune des parties prenantes (certains MALIENS CROYAIENT QUE LA MINUSMA DEVAIT COMBATTRE AU PRES DES FORCES MALIENNES), de synchronisation, de communication sur ces tâches et de dialogue a empêché et empêchera cette organisation, à trois pieds, d’être efficace.

Prenons-nous la main dans la main avec nos partenaires, avec une communication et une synchronisation intelligente, nous vaincrons.

2.2. QUI DOIT DÉSARMER LE MNLA ET LES GROUPES ARMÉS ET ASSURER LEUR RÉINSERTION ?

La résolution 2100 de l’ONU parle du désarmement.

L’accord de Ouagadougou parle du cantonnement et du désarmement à la fin.

Le conseil de sécurité de l’ONU, dans son communiqué du 23 janvier 2014, parle du cantonnement et du désarmement immédiat.

La résolution 2164 (2014) de l’ONU stipule que le MINUSMA doit intervenir dans les pourparlers inclusifs et pour le DDR (Démobilisation, Désarmement et Réinsertion) des groupes armés et d’autodéfense.

Qui doit assurer le désarmement du MNLA et des groupes armés et leur réinsertion ?

Après les négociations, en fonction de ce qui aura été décidé lors de ces dernières, sous le couvert des résolutions 2100 et 2164 (2014)  de l’ONU, l’organisation à trois pieds, MINUSMA, BARKHANE ET LES FORCES DE DÉFENSE ET SÉCURITÉ DU MALI, dont j’ai parlée dans ma contribution, en liaison avec le gouvernement Malien, doit assurer le DDR des groupes armés et d’autodéfense.

Il faut se parler, s’organiser en se synchronisant intelligemment et ne pas se mettre l’ONU, la MINUSMA et BARKHANE sur notre dos MAIS travailler avec elles pour y arriver.

Ce manque (ou l’insuffisance) de cette synchronisation et de communication a été ressenti (e) pendant la guerre de Kidal en mai 2014.

Prenons-nous les mains dans les mains avec nos partenaires et dialoguons pour y arriver.

La bonne volonté et l’engagement de TOUS sont indispensables…cliquez ici pour télécharger l’article complet

SOURCE / REDACTION

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