État de la nation: comment s’en sortir…

Douze mois après la rectification, le Mali-Kura est à la croisée des chemins. Le bateau Mali n’a pas encore échoué entre les mains des colonels et CKM, mais il tangue vertigineusement sous le coup des attaques répétées des terroristes et de la dangereuse hausse des prix. Pourtant sur le plan économique, les acquis du gouvernement sont indéniables et la montée en puissance de l’armée se matérialise chaque jour à travers de nouvelles acquisitions. Mais l’arbre ne doit pas cacher la forêt, si la tendance des pertes sur le terrain doit impérativement être inversée, le salut de la nation résidera dans la prise de conscience et la convergence de tous les fils du pays. 

 

Pendant qu’à Bamako on célèbre en grande pompe l’acquisition de nouveaux équipements pour notre armée afin de mieux l’outiller dans la guerre qu’elle mène depuis dix (10) ans contre les obscurantistes, les fanatiques et les terroristes de tous acabits ; à Tessit la nation pleurait plus de quarante (40) de ses dignes fils qui plutôt que fuir, ont choisi de mourir les armes à la main. Pendant qu’au même moment, les brigades antifraude sont déployées partout pour verbaliser les spéculateurs afin d’adoucir le climat social très tendu, le gouvernement raillé comme failli par ses adversaires de l’intérieur et de l’extérieur, réussit la prouesse historique avec une remarquable participation des investisseurs à l’occasion de son retour sur le Marché des Titres publics de la Zone UEMOA.

Notre Trésor public avait besoin de 270 milliards FCFA, les investisseurs lui ont donné plus de 277 milliards, toutes choses qui signifie le retour de la confiance en notre pays, la restauration de celle des investisseurs à l’État du Mali, en son gouvernement et en la politique économique financière et budgétaire des plus hautes autorités.

Autant de belles et glorieuses pages écrites pour notre armée de l’air, notre économie et finance, autant de pages tristes et douloureuses pour notre nation. La vie d’une nation, comme celle d’un individu, est ainsi faite : de joie et tristesse, de gaieté et de larme, de bonheur et de malheur, d’épreuves et de progrès… Le contexte présent de notre pays traduit ce contraste, cette dualité qui est l’essence même de la vie.

Face à la guerre informationnelle

Face aux attaques qui s’intensifient comme dans l’ultime effort de faire chanceler nos convictions et briser notre rang compact autour de nos FAMas et face à l’instrumentalisation forcenée de la flambée des prix, qui n’épargne aucune page, dans le but de discréditer les autorités de la transition, de saper tous les efforts consentis par le gouvernement et d’amener les populations à leurs tourner le dos, nous nous devons de faire preuve de discernement et de lisibilité. Comme l’a dit un jour le visionnaire Thomas Sankara, notre peuple est «comme un cycliste qui grimpe une pente raide, qui a à gauche et à droite des précipices. Il est obligé de pédaler, de continuer de pédaler, sinon il tombe». Comme ce cycliste, pour le peuple malien, revenir en arrière est impossible. Il n’y a désormais qu’un seul chemin : en avant. Et quand on ne peut revenir en arrière, on ne doit se préoccuper que de la meilleure façon d’aller de l’avant. Quelle est aujourd’hui pour notre pays, confronté aux défis pluriels et existentiels, la meilleure manière d’avancer ?

Les médias mainstream et leurs relais locaux nous avaient prédit l’apocalypse avec les sanctions drastiques, illégales et injustes, prises par la CEDEAO contre notre pays. Au lieu de deux à trois semaines, le peuple du Mali a tenu six mois. Pour rendre irréversibles les prédications dantesques quant à l’effondrement de notre pays suite au retrait de Barkhane et de Takuba, on instrumentalise la frayeur et on dope la terreur : les attaques se multiplient avec leurs cortèges de morts à empiler tous les jours, d’approvisionnement et de vivres brûlés, de commerces et de marchés incendiés, de camps militaires et de chèque points attaqué… par-dessus tout une montée en puissance des prix des denrées de première nécessité à faire pâlir de jalousie les FAMas. On conjugue au pluriel les pénuries et on jacasse sur les marges de manœuvre fortement réduites de notre pays.

   

Au même moment, ces médias mainstream et leurs suppôts nous ont diverti tout le week-end dernier avec les mesures sociales de fuite en avant annoncée par le président Alassane Dramane Ouattara, mais ont mis en biseau qu’il avait promis de ramener sains et saufs les 49 soldats ivoiriens au bercail avant le 7 août sinon… Ils se sont délectés, avec leurs relais locaux des différentes attaques que notre pays a subies récemment : attentat aux cadavres qui a fait 12 morts à Ouakan (près de Bankass), l’attaque à l’EEI (engin explosif improvisé) contre la relève descendante du Poste de police frontière de Sona qui a fait 5 morts, attaque complexe de l’EIGS avec complicité avérée de Tessit ( selon le communiqué des FAMAs) qui a fait plus de 40 morts…

Des déboires militaires

Oui, des dignes fils du Mali sont tombés, et beaucoup d’autres tomberont, les armes à la main pour protéger et défendre l’intégrité du territoire et la souveraineté de la nation. Mais les Hommes du Mali, les Filles et fils de cette nation triompheront de l’adversité et de l’intimité et vaincront ensemble leurs ennemis communs. C’est pourquoi les Maliens ne se laisseront languir avec les sornettes des trolls rémunérés rubis sur ongles, car ils ont l’assurance que les forces de défense et de sécurité poursuivront avec bravoure et détermination leur lutte contre le terrorisme, l’insécurité, la criminalité et la délinquance sous toutes ses formes. La police nationale est à pied d’œuvre à Bamako à travers « l’opération coup de pied dans la fourmilière» afin de débarrasser le District de Bamako et ses alentours des nids criminogènes. Sans tenir compte de la descente de Police effectuée ne serait-ce que ce vendredi soir 5 août soir à Sabalibougou-Kourani et ses banlieues ont permis l’interpellation de dix-neuf (19) personnes suspectes dont deux (2) femmes et la saisie de six (6) motos dépourvues de toute pièce.

De nos succès ? Ils prennent la partie des dénégations et de remises en cause. Pour ce qui est de l’acquisition par l’État malien sur fonds propres pour les forces armées maliennes (FAMas) 6 avions dont 4 de chasse L639 de fabrication tchèque. Ils disent que c’est de la ferraille, un nouveau scandale de ‘’floutage’’ en perspective. Or, chasseurs de jour et nuit, les L630 qui ont été exhibés et présentés au peuple malien, aux amis du Mali et aux ennemis du Mali pour qu’ils sachent désormais qu’il y a du feu dans le ciel. Et solennellement en grande pompe et avec fierté exposée, ces équipements ont été remis ce mardi 9 août 2022 à l’armée de l’air par le Président de la transition, le Colonel Assimi Goïta, au pavillon présidentiel de l’aéroport de Bamako-Sénou.

Des succès indéniables

On les n’a pas entendu beaucoup parler, dans le cadre de la recherche de la souveraineté énergétique, de l’acquisition par le gouvernement ce vendredi 5 août 2022 de 50 générateurs électrogènes d’une capacité de 50 mégawatts chacun.

Cette acquisition qui n’a rien à voir avec un prétendu chantage de la Côte d’Ivoire de débrancher notre pays du réseau interconnecté qui permettra d’améliorer le secteur énergétique en alimentation. L’État malien qui n’agit ni sur de l’émotionnel ni au jour au le jour, comme certain, avait déjà planifié l’acquisition de ces générateurs. Ce sont les difficultés liées aux sanctions qui ont fait que ces équipements sont arrivés en retard. Il s’agit, selon les responsables de l’EDM, de la première étape d’un ensemble de programmes qui va compléter à 180 mégawatts la capacité de la structure.

Or, dans son Tweet de ce 30 juillet 2022, l’ancien ambassadeur de France dans notre pays, Nicolas Normand, devenu un troll, assurait que la Côte d’Ivoire allait nous couper l’électricité à partir de ce dimanche 7 août jour de leur fête d’indépendance, si notre pays ne libérait pas sans délai ses 49 soldats. Il s’agissait, croyait-il savoir, d’une mesure de rétorsion des hautes autorités ivoiriennes.

Dans ce contexte de doute et d’espérance, notre pays fait son grand retour sur le marché des Titres publics de la Zone UEMOA, ce mardi 9 août 2022, avec l’émission simultanée de bons et obligations du trésor d’un montant de 270 milliards avec une réussite de plus de 102%. Alors que des trolls faisaient courir le bruit que notre pays faisait chanter la Côte d’Ivoire pour nous permettre d’emprunter auprès des autres États. A-t-on besoin de cinglant démenti ? Dès qu’on peut emprunter publiquement sur le marché de l’UEMOA adossé à la confiance des investisseurs, pourquoi va-t-on se cacher pour emprunter auprès des États qui ne sont pas plus solvables que le nôtre ?

Avec la reprise avec la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), nos banques ont obtenu 100% du refinancement sollicité (601 milliards FCFA) le 1er août 2022 auprès de la BCEAO au taux de 2,5% confirmant ainsi la levée totale des sanctions économiques et financières du 9 janvier 2022.

Loyauté envers la Nation

Le gouvernement de transition a-t-il tout réussi ses succès économiques et au plan de l’équipement de l’armée ? Le service de l’État est une continuité. Quotidiennement le gouvernement œuvre à la satisfaction du bien-être et des attentes des Maliennes et des Maliens conformément à la mission qui lui est assignée par le Président de la Transition. Autant que la lutte contre le terrorisme et l’insécurité à laquelle la nation continue de payer le lourd tribut, la gestion de la hausse des prix, l’approvisionnement correct du marché et la satisfaction des attentes du peuple demeurent des challenges pour l’équipe dirigée par Choguel Kokalla Maïga.

Malgré le contexte d’attaques terroristes avec son cortège des morts qui s’allonge, le panier de la ménagère qui se vide, le vide politique sidéral autour de la Transition, le gouvernement n’a aucun bilan. Il doit être dissous et son chef, Choguel Kokalla Maïga, l’empêcheur de tourner en ronde, destitué et renvoyé. La doléance, au-delà des mots qui changent, n’a rien de nouveau. Et l’alchimie ne trompe plus personne, car ce sont des partisans (politiques) qui demandent un gouvernement non partisan (non politique), inclusifs donc ouvert aux partisans (politiques). L’avenir d’un pays ne se joue pas au plus malin. Le Mali a besoin de solutions confortées et non de tour de passe-passe.

Ce n’est pas le silence des adversaires sur les réussites du gouvernement qui est le plus affligeant pour les politiques, c’est de faire le malheur et la galère de la population un instrument de tension et de combat politicien contre le pouvoir en place.

Non ce qui préoccupe ces chercheurs de place, c’est de faire le vide pour qu’ils s’installent et se goinfrent à satiété et partir sans faire la vaisselle comme ils ont fait avec IBK, avant lui comme ils ont fait avec ATT…

Au moment où ils soufflaient dans la même trompette, un leader du M5-RFP Mali-Kura disait de Choguel Kokalla Maïga que par son savoir-faire politique, son intelligence, sa patience et son endurance, il avait pu et su maintenir les précaires équilibres au sein du M5-RFP, jusqu’à faire aboutir à la chute de IBK (en 2020) et à la Rectification (en 2021). En ces périodes de doutes et d’incertitudes, Choguel était le seul qui n’a jamais vacillé. C’est pourquoi il a eu la confiance du Peuple M5, des Jeunes et des Femmes du M5 de l’intérieur et de la Diaspora pour être Premier ministre.

Aujourd’hui ce leader fait partie des mécontents du M5-RFP, ceux qui n’ont pas eu à manger et qui contestent hypocritement Choguel K Maïga. Mais hier, lui comme tous les autres membres du Comité stratégique du M5-RFP, reconnaissaient alors Choguel comme leur leader naturel, le mieux à même de les souder et les conduire à la victoire finale. Qu’est-ce qui a changé entre-temps ? La gestion du pouvoir ? À moins que ce ne soient les appétits insatisfaits de certains politiciens qui veulent nous enfariner après nous avoir floués avec IBK.

L’indispensable convergence

Le contexte d’aujourd’hui de notre pays appelle au ressaisissement, sans renoncement de ses convictions, sur l’unité et la cohésion de la nation. Rarement notre pays n’a été si proche de la rupture, en raison principalement d’épreuves exogènes. Rarement notre peuple n’a été si soudé derrière ses dirigeants. Rarement dans l’histoire de la démocratie, notre peuple n’a été ainsi en déphasage avec ses élites politiques. Il nous faut, chacun en ce qui le concerne, procéder à un examen de conscience et à un réarment républicain et patriotique. La nation avant la République, la République avant la démocratie, la démocratie avant l’ambition et le projet.

Le Mali a besoin davantage d’unité de ses fils autour de son armée. Qu’on ne s’y trompe point. La défaite de cette armée, la nôtre, scellera le destin de la République du Mali. Et les 14.000 soldats et policiers de la Minusma déployés ne lèveront pas le petit doigt pour secourir nos FAMas. Quid  de Barkhane et Takuba redéployés au Niger voisin ? Ils finiront le travail…

Oublions nos divergences, et battons-nous pour la survie de la nation. Le Mali doit rester éternel. La République est aujourd’hui certes ballottée, mais le Mali vit et vivra. Pour paraphraser le père de la République, le mot Mali doit continuer «à résonner comme un gong sur la conscience de tous ceux qui ont œuvré à l’éclatement de la Fédération du Mali ou qui s’en sont réjouis». Aujourd’hui plus qu’hier, nous devrions rester mobilisés pour l’idée de l’unité africaine au regard de la fabuleuse mobilisation de nos frères africains autour de notre pays. Nous faisons face à des défis non insurmontables. « Nous avons perdu une partie, mais nous gagnerons la manche, inch’Allah. Les puissances d’argent, les forces rétrogrades et impérialistes n’y pourront rien ». Ensemble, nous pourrons.

LA RÉDACTION

Source : Info-Matin

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