REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO : L’armée et les milices accusées de crime contre l’humanité

Les résultats des enquêtes menées par les Nations-Unies ont été rendus publics le mardi 26 juin 2018. Ils font état de plusieurs violations des droits de l’Homme et dénoncent même des crimes contre l’humanité perpétrés par l’armée et les milices congolaises dans certaines provinces du Kasaï.

Depuis près d’un an que les enquêtes sont en cours, les trois experts du Haut-commissariat aux droits de l’Homme des Nations-Unies viennent de rendre compte des résultats de leurs enquêtes.  Ces résultats confirment que les forces de sécurité et les milices se sont adonnées à des pratiques non recommandables sur les populations civiles. En effet, elles sont accusées notamment de meurtres, de mutilations, de pillages, de décapitations, d’attaques contre les bâtiments religieux, les écoles voire les hôpitaux. En outre, les droits des enfants sont violés par le fait de les forcer à rejoindre leur rang.

L’ONU a enquêté auprès de 524 victimes tous des témoins directs de ces exactions car la plupart sont des auteurs desdites bavures. Les Nations-Unies ont également examiné les photos, voire les vidéos disponibles entre les mains de ces témoins.  C’est ainsi qu’au terme de leur analyse, l’armée et les milices de la République Démocratique du Congo sont accusées de « crime de guerre » et de « crime contre l’humanité ».

En conséquence, le désarmement des milices a été la recommandation des experts des Nations-Unies. Cela constitue à leurs yeux une nécessité car il constitue une condition sine qua non à la recrudescence de la violence dans cette localité du Kasaï. Une fois le désarment fait, ils demandent que les responsables soient jugés.

Rappelons qu’en RDC, il y a deux milices : la milice Bana Mura et la milice Kamuina Nsapu.  Ces deux milices et l’armée se rejettent les unes les autres la responsabilité des actes commis. Bien vrai que certains faits soient enlevés de la responsabilité de l’armée congolaise, les experts l’accusent d’exactions.  « Si on dit qu’une armée est responsable de crimes contre l’humanité, c’est fort. Mais cela n’empêche pas de reconnaitre que les victimes au Kasaï existent des trois côtés […] Ce qui nous intéressait, c’est d’expliquer ce qui s’est passé, de définir comment cela s’est passé, d’identifier les acteurs. Nous avons des noms, des endroits, des faits », explique Bacre Waly Ndiaye, un expert des Nations-Unies.

Fousseni TOGOLA

Source: Le Pays

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