RDC: à Rutshuru et Kiwanja, Kabila promet d’oeuvrer pour une paix durable

kabila president RDC

En tournée dans l’est du pays depuis une semaine, Joseph Kabila a fait halte à Rutshuru et à Kiwanja le vendredi 29 novembre. Deux villes fortes en symbole, encore sous le contrôle du M23 il y a un mois. Cette visite était très attendue par les Congolais. Le président n’était pas venu dans ces villes depuis 2009. C’est avec plusieurs heures voire plusieurs jours de retard que Joseph Kabila est finalement arrivé à Kiwanja et Rutshuru.

Depuis des semaines déjà, les habitants du Nord-Kivu s’interrogeaient sur l’absence de leur chef d’Etat pour fêter la victoire historique contre le M23. Mais fidèle à son habitude, le président a imposé son rythme et sa façon de voyager. Il est venu dans l’est par la route, lui même au volant de son 4×4. Des images de sa voiture bloquée dans la boue ou sur des pistes impossibles ont circulé sur la toile.

Après huit jours de voyage, Kabila est finalement arrivé à Rutshuru. Tout un symbole… Fief de la rébellion il y a encore un mois, la ville est aussi très proche de la frontière avec l’Ouganda et le Rwanda. Une situation géographique que Joseph Kabila n’a pas manqué d’évoquer dans son discours.

Dans le stade de Rutshuru

Il a lancé un appel très ferme à ses voisins, en prenant le soin de n’en désigner aucun en particulier : aucune tentative d’incursion ou de soutien à une nouvelle rébellion ne sera tolérée, a affirmé Kabila. Il a été vivement applaudi par les quelques milliers de personnes venues l’écouter dans le stade à moitié vide de Rutshuru.

Mais Kabila s’est aussi voulu compatissant et proche de son peuple. Dans son discours en swahili, il a à plusieurs reprises présenté ses condoléances pour les pertes humaines mais aussi la violence et les exactions endurées par la population quand le territoire était sous contrôle du M23.

Il a promis d’oeuvrer pour une paix durable et que l’argent de la guerre servirait au développement. Une promesse faite en 2009 déjà et à laquelle tout le monde dans le Nord-Kivu rêve de croire !

Kiwanja en fête

La petite ville de Kiwanja, à 80 km au nord de Goma, a accueilli vendredi le président Joseph Kabila, sur le passage de sa tournée dans l’Est. Des milliers de personnes se sont rassemblée au bord de la route, brandissant des drapeaux et des banderoles.

Le jour avait été déclaré chômé. Une bonne partie de Kiwanja était donc dans la rue pour saluer le président, attendu depuis longtemps. « Je suis très content de l’arrivée du président parce qu’il avait promis que ces rebelles qui nous ont fait souffrir, seraient mis dehors et c’est ce qu’il a fait ! Il a tenu promesse ! Nous sommes très très contents», dit un homme.

Mais juste à côté, debout devant le restaurant La paix, une dame n’est pas du tout d’accord : « En quoi est-ce que nous allons dire qu’il est notre président ? La route est en mauvais état, les maisons ont été détruites par des balles, beaucoup n’ont pas l’électricité. Ici nous pleurons beaucoup ».

Finalement, Joseph Kabila arrive, traverse la ville à pied. Tout un symbole, dans ce qui était encore le fief du M23 il y a un mois. Dans son discours, il promet que l’argent de la guerre servira au développement. Et que la paix, cette fois, sera durable : « Je sais que dans les territoires de Rutshuru, les gens ont été traités comme des chèvres. Quand ces bandits décidaient de tuer, ils le faisaient. Quand ils décidaient de violer, ils le faisaient. Je suis vraiment désolé pour tout cela. Mais je vous le promets, c’est la fin. Cette situation ne reviendra plus jamais!».

Mais ce jeune homme de Kiwanja a du mal à y croire. En 20 ans d’existence, il a vécu trois guerres déjà. La paix est encore fragile, mais ici tout le monde rêve qu’une nouvelle histoire commence dans le Nord-Kivu.

Cheka court toujours

Depuis la chute du M23, les redditions se multiplient. Le chef de la mission de l’ONU en RDC, Martin Kobler, a annoncé hier qu’une milice maï-maï accusée de tueries et de viols massifs avait déposé les armes. Selon la Monusco, en quelques jours, quelques 150 combattants de Cheka se sont rendus. Une reddition obtenue sous la pression. Mais le chef de guerre, sous sanctions de l’ONU, lui, court toujours.

Cela faisait plusieurs mois que Cheka était dans le collimateur de la mission onusienne. Enlèvements d’enfants, décapitations et menaces en tout genre. La milice Cheka est de fait le deuxième groupe armé, après le M23, à faire les frais de la nouvelle brigade d’intervention de la Monusco.

L’ultimatum de l’ONU

Les Nations unies avaient donné jusqu’au 25 novembre au chef de guerre pour désarmer. Celui-ci l’avait promis. Mais le jour dit, ce sont des nouvelles recrues avec des fusils hors d’état de marche qui se sont présentés. Deux jours plus tard, le 27, Cheka promet à nouveau de se rendre, dit qu’il souhaite simplement que la Monusco assure sa sécurité jusqu’à son procès.

Mais dans les faits, il amasse des troupes. Le pas de trop. Dans la nuit, quelques 70 éléments des forces spéciales tanzaniennes sont dépêchés à Pinga, son fief, pour le neutraliser. Le tuer si nécessaire, explique une source onusienne. Mais, sans doute prévenu, le chef de guerre a déguerpi avec ses 150 combattants les plus aguerris.

Aujourd’hui, 300 casques bleus de la brigade d’intervention sont déployés à Pinga avec pour mission de sécuriser la ville et de retrouver Cheka. Ces 300 hommes viennent s’ajouter aux quelque 150 soldats d’un bataillon uruguayen qui, depuis des mois, subissaient sans pouvoir réagir la présence du chef de guerre.

Alors que la semaine prochaine, le président congolais Joseph Kabila devrait se rendre à Paris pour participer au sommet Paix et Sécurité de l’Elysée, il devrait également rencontrer le secrétaire général de l’OIF, Abdou Diouf. L’avocat d’Eugène Diomi Ndongala et le secrétaire général de son parti, la Démocratie chrétienne, ont effectué ces derniers jours plusieurs rencontres avec des partis européens dont le parti socialiste français pour les sensibiliser au cas de l’opposant congolais détenu depuis avril dernier.

Selon Maître Richard Bondo Tshimbombo Bontshi, la santé du président du parti Démocratie chrétienne déclinerait et il y aurait urgence à obtenir sa libération, au moins pour des raisons humanitaires. Il aurait demander au parti socialiste français d’intervenir. Pourquoi maintenant? Il s’en explique.

 

Source : RFI

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