Pourquoi Hollande a fait une escale éclair à Bangui

A peine arrivé à Bangui, vers 19 h hier soir le président français François Hollande s’est recueilli devant la dépouille des deux soldats du 8e régiment parachutiste d’infanterie de marine de Castres (Tarn).

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Ils ont été tués la veille dans la capitale centrafricaine au cours d’opérations de désarmement de groupes armés, chrétiens ou musulmans, sévissant à Bangui. La situation y reste très instable, avec des pillages et des tentatives de représailles. Par précaution Air France a d’ailleurs suspendu hier sa liaison aérienne avec la capitale centrafricaine.
Lors de sa brève escale, François Hollande devait rencontrer les responsables religieux du pays et les autorités de transition, dont le président putschiste Michel Djotodia, ex-chef de la Séléka, qu’il avait très vivement critiqué samedi dernier.
Quelques heures plus tôt, depuis Johannesburg où il rendait hommage à la mémoire de Nelson Mandela, le président français avait entendu son homologue américain, Barack Obama exhorter les Centrafricains à « rejeter l’engrenage de la violence », invitant le gouvernement de transition à rejoindre cette voie.
Cette violence endémique sévit toujours au Nord Mali où l’armée française, engagée depuis janvier, a éliminé hier, près de Tombouctou, dix-neuf djihadistes au cours d’un accrochage.

réactions politiques

” Une affaire de quelques mois “

Répondant aux députés et sénateurs hier, Jean-Marc Ayrault s’est voulu rassurant.
L’opération Sangaris déclenchée jeudi dernier en Centrafrique « n’excédera pas quelques mois », conformément au mandat onusien. Juste « le temps nécessaire aux forces interafricaines sur place de développer leurs capacités opérationnelles ». « Attendre davantage était prendre le risque d’un désastre et celui d’une opération plus coûteuse encore », ajoute le Premier ministre. Le chef du gouvernement ne nourrit par ailleurs aucune inquiétude sur le financement de cette nouvelle intervention. Il est inscrit « au budget régulier de l’État » et nos alliés (UE, Royaume Uni, Belgique, États-Unis) ont promis « un complément ».
Le temps et l’argent. Sur ces deux points au moins, Christian Jacob président du groupe UMP à l’Assemblée émet des réserves. « Pourquoi sommes-nous tant isolés sur une mission qui risque de s’étirer », s’interroge l’élu. Son homologue du Front de gauche, André Chassaigne reprend l’argument et s’afflige de ce que « la France redevient le gendarme du continent noir ». « Cause juste conforme au devoir et à la place de la France dans le monde », comme le soutient Matignon ? « Notre puissance militaire est acquise, notre faiblesse politique est totale. La France reste un nain en la matière », constate le centriste Jean-Louis Borloo. Le président du groupe UDI appuie l’initiative du gouvernement, comme l’ensemble de la représentation nationale pour l’heure, mais il redoute l’enlisement.

SOURCE /lanouvellerepublique.fr

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