Nigeria : le président, affaibli, pressé de s’exprimer sur ses intentions

LAGOS, 6 janvier 2014 (AFP) – Au Nigeria, le président Goodluck Jonathan, confronté à une crise politique sans précédent, laisse planer le doute sur sa candidature à sa propre succession, l’an prochain, alors que certains le disent déjà mort politiquement.

Nigeria président Goodluck Jonathan

Chacun se demande si le chef d’Etat de 56 ans a la capacité de rebondir avant les élections générales de 2015 ou si le Parti démocratique populaire (PDP), au pouvoir depuis la fin des dictatures militaires, en 1999, risque de connaître sa première défaite.

Le mois dernier, l’ancien dirigeant Olusegun Obasanjo, fondateur du PDP et qui a dirigé le Nigeria entre 1999 et 2007, a tiré la sonnette d’alarme et exhorté M. Jonathan à ne pas se représenter à la présidentielle de 2015.

Dans une lettre ouverte de 18 pages, il a accusé le président d’être resté impuissant face à la corruption, au vol de pétrole organisé dans le premier producteur de brut d’Afrique et aux graves problèmes de sécurité. Il est allé jusqu’à l’accuser de former une milice privée pour faire assassiner ses rivaux politiques.

Outre son ancien allié Obasanjo, le président a perdu de nombreux soutiens politiques ces dernières semaines. Cinq influents gouverneurs d’Etats ont rallié le Congrès des progressistes (APC), principal parti d’opposition, le mois dernier, suivis la semaine dernière par 37 députés du PDP, faisant perdre au parti présidentiel sa majorité absolue au parlement.

Au Sénat, d’autres membres du PDP pourraient aussi basculer dans l’opposition, au moment où les partis commencent à s’organiser en vue du scrutin de 2015.

M. Jonathan “est un président très affaibli à l’heure actuelle”, estime Clement Nwankwo, directeur du centre de réflexion et de recherche Policy and Legal Advocacy Centre, à Abuja.

“Il est en position d’échec et il a beaucoup à faire s’il veut regagner le soutien de l’opinion publique”, ajoute-t-il.

Pour le commentateur politique Dapo Thomas, il est temps pour M. Jonathan de choisir s’il veut servir son parti ou se concentrer sur ses propres ambitions politiques. “Il doit lâcher un des deux et permettre aux mécanismes du parti d’opérer librement”, pense le professeur de l’université de l’Etat de Lagos.

Chrétien originaire du Sud, le vice-président Jonnathan est parvenu au pouvoir en 2010 à la mort subite de son prédécesseur, Umar Musa Yar’Adua, un musulman du Nord qui n’avait pas servi trois ans.

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