Niger : l’attaque d’un groupe rebelle dans le nord du pays

Au Niger, les attaques meurtrières contre l’armée se poursuivent dans le nord du pays. En effet, dans la nuit du 14 au 15 juin, des gendarmes ont été tués et plusieurs autres blessés par un groupe armé dirigé par Mahmoud Sallah, ancien syndicaliste étudiant, dans la région désertique du Djado, à l’extrême nord du Niger, a-t-on appris. 

Le Niger fait face depuis plusieurs années à des attaques terroristes, voire de certains groupes armés basés dans le pays. En effet, ce pays du Sahel frontalier avec le Mali et le Burkina, deux autres pays qui sont eux aussi confrontés à l’expansion djihadiste, a perdu dans la nuit du 14 au 15 juin dernier une dizaine de gendarmes et plusieurs autres ont été blessés. Par ailleurs, « l’Union des forces patriotiques pour la Refondation de la République », qui rassemble essentiellement des combattants de l’ethnie Toubou, est née il y a deux ans à la frontière entre le Niger et la Libye. Elle avait surgi dans le débat politique avant les élections présidentielles de 2021.

L’appel aux forces de sécurité

Son jeune fondateur, Mahmoud Sallah, ancien syndicaliste étudiant et ancien militant de l’opposition, a qualifié cette attaque d’avertissement à l’endroit des forces de sécurité du Niger. Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux où on le voit en treillis, au milieu d’un groupe d’une dizaine d’hommes armés, il demande aux forces de défense et de sécurité du Niger de « prendre leurs responsabilités » contre le régime au pouvoir.

« Les forces de défense et de sécurité ne sont pas notre ennemi. Nous n’avons rien contre les forces de défense et de sécurité. Seulement, ils doivent faire le travail qui est le leur. De tous temps au Niger, depuis les indépendances, ils sont toujours intervenus pour rétablir l’ordre. Et l’ordre n’a jamais été menacé à ce point dans le pays. Alors, ils doivent s’assumer et prendre leurs responsabilités pour nous éviter une guerre inutile et fratricide. Où ils seront derrière ce régime corrompu, ce régime de prédation et nous les traiterons comme une milice progouvernementale », a déclaré Mahmoud Sallah à la caméra.

«L’opération du Djado est un avertissement. Il y aura des opérations et nous continuerons à nous battre pour la dignité du peuple nigérien. La résignation ne résoudra rien et nous refusons la servitude que veulent nous imposer Mahamadou Issoufou, ses alliés et ses partisans », a-t-il poursuivi.

Après une année d’observation du successeur et héritier de Mahamadou Issoufou, Mohamed Bazoum, élu au printemps 2021, le leader de l’Ufpr, a décidé de reprendre l’offensive. Les gendarmes ont été pris pour cibles en raison de la proximité de leur corps avec le parti au pouvoir, semble-t-il.

En plus des attaques des groupes rebelles, le Niger est aussi confronté à des attaques terroristes, notamment dans la région de Tillabéry.

Cette région appelée zone dite « des trois frontières » est confrontée depuis des années à une insécurité grandissante et devenue le théâtre des actions sanglantes des groupes terroristes. Il demeure ainsi instable malgré d’importants efforts pour tenter de la sécuriser.

Par ailleurs, de fin 2019 à aujourd’hui, plusieurs centaines de personnes, civiles et militaires, ont trouvé la mort dans la région de Tillabéry. Le 2 janvier 2021, dans l’intervalle des deux tours de la présidentielle, 100 personnes avaient été tuées suite à des attaques de deux villages de la commune de Mangaïzé. Le 9 janvier 2020, 89 soldats nigériens étaient morts dans l’attaque du camp militaire de Chinégodar. Et un mois plus tôt, le 10 décembre 2019, ce sont 71 soldats nigériens qui avaient péri dans une attaque à Inates, une autre localité de la région de Tillabéry.

Rappelons que le président nigérien Mohamed Bazoum a amorcé une nouvelle approche ces derniers mois, celle du dialogue avec des chefs djihadistes afin de tenter de retrouver la paix. Cependant, la riposte militaire se poursuit sur le terrain, puisque quelque 12 000 soldats nigériens combattent dans une dizaine d’opérations anti-djihadistes dont près de la moitié le long des plus 1 400 km de frontières avec le Mali et le Burkina Faso.

Ibrahim Djitteye

Source: LE PAYS

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