Maurice – Législatives : victoire éclatante de l’Opposition !

Changement de gouvernement à Maurice. Le 10 décembre dernier, l’Alliance, dirigée par le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a été sévèrement battue.

anerood jugnauth ex president mauricienne

Aux dernières élections législatives, du mercredi 10 décembre, à Maurice, l’électorat a choisi d’écrire un nouveau chapitre de l’histoire politique de la jeune république de l’océan Indien. L’alliance de trois partis de l’opposition a remporté une éclatante victoire. Elle obtient 47 des 62 sièges à pouvoir à l’Assemblée nationale.

La déroute de l’Alliance gouvernementale

Cette consultation populaire a été marquée par une déroute de l’Alliance gouvernementale conduite par le Premier ministre. Navin Ramgoolam est battu dans sa circonscription, où il est député depuis 1991, par trois néophytes. Ces derniers sont à leur première participation à une élection. Seul quatre des 30 candidats qu’avait présentés le Parti Travailliste (PTr) de Navin Ramgoolam se sont fait élire. Un seul membre du gouvernement a pu retrouver le chemin de l’Assemblée nationale. Il s’agit du ministre du Travail, Shakeel Mohamed.

Le MMM également sanctionné

Paul Bérenger, l’ancien leader de l’opposition, qui s’est allié au Premier ministre, quelques mois avant les élections, est aussi sanctionné. Son parti le Mouvement Militant Mauricien (MMM) qui avait aussi présenté 30 candidats à la députation, ne compte que neuf élus. Cependant, Bérenger, lui, retrouve son siège de député, mais il termine bon dernier sur la liste de trois élus.

La revanche de Sir Jugnauth

L’alliance de l’opposition qui a infligé une sévère défaite au gouvernement sortant était dirigée par l’ancien président de la République, Sir Anerood Jugnauth. Ce vétéran de la politique, âgé de 84 ans, élu pour la première fois en 1963, est redescendu dans l’arène, l’année dernière, à la demande de Paul Bérenger quand ce dernier était encore dans l’opposition.

En sanctionnant sévèrement, le gouvernement sortant, les Mauriciens ont enterré un projet d’une deuxième république. En effet, le Premier ministre et son allié le leader du MMM avaient fait de l’instauration de la 2e République, l’enjeu principal de ces consultations populaires. Ils se proposaient, dans l’éventualité d’une victoire aux élections, d’instaurer un septennat présidentiel avec partage des pouvoirs entre le président de la République et le Premier ministre. Les deux postes devaient revenir aux deux partenaires, soit Ramgoolam à la présidence de la République et Bérenger à la primature.

La “2e République” enterrée

Cette démarche a été perçue, par de nombreux Mauriciens, comme une tentative de modification de la Constitution pour répondre aux attentes personnelles des dirigeants politiques. Les électeurs ont, par leur choix dans les urnes, fait barrage à ce projet en désavouant le chef du gouvernement. Arvind Boolell, ministre des Affaires étrangères, et haut dirigeant du Parti Travailliste (PTr) reconnaît que “le rejet de la proposition de deuxième République est la cause principale de la déroute de l’équipe gouvernementale”.

Ramgoolam reconnaît sa défaite

Du coup, Navin Ramgoolam se retrouve dans la situation d’un chef de gouvernement qui est chassé du pouvoir après avoir proposé un amendement constitutionnel visant à le conforter dans sa position de gouvernant. Avec la différence qu’à Maurice, cela s’est fait dans le calme et à travers les urnes. Dans une allocution télévisée dans la soirée d’hier, le Premier ministre, qui est le chef de l’exécutif, a concédé la défaite et a annoncé son intention de démissionner pour laisser la place à son successeur.

Jugnauth veut poursuivre le développement économique

De son côté, sir Anerood Jugnauth entouré des autres dirigeants de l’Alliance de l’opposition, s’est adressée à la nation, lors d’une conférence de presse retransmise en direct à la télévision nationale et par les radios privées. Il a eu le triomphe modeste et a assuré la population de la poursuite du développement économique, sans aucun projet de deuxième République.

Ces élections législatives mauriciennes ont été marquées par un taux d’abstention record, soit 26% des 936 075 électeurs inscrits. Depuis l’indépendance du pays, en 1968, c’est la première fois que la participation des électeurs aux élections législatives n’atteint que 74 %.

 

Source: lepoint.fr

 
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