L’inquétante expansion de l’EI en Afrique et dans la péninsule Arabique

Les groupes affiliés à l’EI au Yémen, en Libye, au Nigeria et en Egypte sont passés à l’acte ces derniers mois

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Alors que la lutte contre l’Etat islamique en Irak s’intensifie, l’expansion du groupe djihadistes en Afrique du Nord et au Nigeria inquiètent les experts.

Les derniers mois ont vu des groupes tels que Boko Haram au Nigeria et Ansar al-Maqdis Beit dans la péninsule du Sinaï en Egypte prêter allégeance à Abou Bakr al-Baghdadi, le chef autoproclamé de l’Etat islamique.

Dans un enregistrement audio diffusé en novembre dernier, Baghdadi exhortait ses partisans à faire “éclater les volcans du djihad dans le monde entier”, et annonçait l’expansion de l’État islamique en Arabie Saoudite, au Yémen, en Egypte, en Libye et en Algérie

L’EI revendique l’attentat de Sanaa

Baghdadi appelait les djihadistes à mener des attaques notamment en Arabie saoudite et au Yémen, où 142 personnes ont péri vendredi dans un triple attentat revendiqué par l’EI contre des mosquées dans la capitale Saana.

On pensait jusqu’à présent que la présence de l’Etat islamique au Yémen était minime, du fait de la domination d’Al-Qaida dans le pays. Mais ce-dernier a nié être à l’origine de l’attaque de vendredi; ce qui donne de la consistance au message de Baghdadi.

Le même phénomène a été observé dans le Sinaï, où ces derniers mois, les attaques menées par Ansar al-Maqdis Beit, qui a changé son nom pour “Wilayat al-Sinai” (Province du Sinaï), ont augmenté en fréquence et la brutalité. Le groupe qui a prêté allégeance à l’EI a revendiqué la responsabilité de plus d’une douzaine d’attaques contre les forces de sécurité égyptiennes et des étrangers dans la péninsule.

Boko Haram prête allégeance

Boko Haram au Nigeria a lui prêté allégeance le mois dernier, et alors que les militaires nigérians et tchadiens ont chassé les djihadistes dans plusieurs villes, le groupe devrait recevoir des fonds, du matériel et ses membres devraient bénéficier d’entraînement militaire.

Jacob Zenn, un expert sur la question de Boko Haram, a récemment écrit dans une étude que la fusion avec l’État islamique était une décision stratégique et calculée prise par les chefs du groupe islamiste.

Entre 1.000 et 3.000 djihadistes en Libye

En Libye, des groupes affiliés à l’EI ont pris pied dans la partie orientale du pays, en particulier dans les villes de Derna, Benghazi, Tripoli et Syrte. Selon un rapport du Département d’État, on estime qu’entre 1.000 et 3.000 combattants djihadistes opèrent aujourd’hui dans le pays, avec parmi eux, des “hauts responsables” de l’EI venus de Syrie et d’Irak.

En raison de sa position stratégique, les responsables américains craignent que la désintégration de la Libye “offre à l’Etat islamique une ouverture pour s’implanter de façon légitime”.

Dans la vidéo montrant la décapitation de 21 Égyptiens coptes par des membres de l’EI, une voix avertit que les djihadistes “vont conquérir Rome, avec la permission d’Allah”.

Cet avertissement n’a pas été ignoré par les gouvernements européens, alors que plus de 3.000 Européens se sont rendus en Syrie et en Irak pour combattre dans les rangs des djihadistes.

Jeudi le Premier ministre français Manuel Valls avait averti que l’Europe était confrontée à la plus grande menace terroriste de son histoire.

“Le problème n’est pas de savoir s’il y aura une autre tentative d’attentat en France et en Europe, mais de savoir quand et où”, a-t-il averti.

Cellule dormante en Tunisie

En Tunisie, les deux hommes qui ont tué 21 personnes dans le musée du Bardo à Tunis, ont été formés dans un camp en Libye.

Les assaillants “ont quitté le pays illégalement en décembre dernier pour la Libye, où ils se sont entrainés au maniement des armes”, a déclaré le Secrétaire d’Etat tunisien à la sécurité Rafik Chelly.

Selon le Premier ministre tunisien Habib Essid, les deux assaillants faisaient partie d’une “cellule dormante”.

Les autorités affirment que 3.000 Tunisiens sont allés en Irak, en Syrie et en Libye pour rejoindre l’Etat islamique et d’autres groupes djihadistes, suscitant la crainte qu’ils commettent des attentats à leur retour.

L’EI a revendiqué l’attaque de mercredi contre les touristes étrangers à Tunis, le plus meurtrier depuis la révolution de 2011.

Des Kurdes décapités en Irak

En Irak, les djihadistes ont décapité trois peshmergas irakiens et menacé d’en tuer d’autres si les combattants kurdes poursuivaient le bombardement de leurs fiefs dans le nord du pays, dans une vidéo diffusée sur internet.

La vidéo, diffusée dans la nuit de jeudi à vendredi sur les sites islamistes, débute avec des images de personnes blessées conduites dans un hôpital et une voix off affirmant qu’elles ont été touchées par des tirs de peshmergas.

Les trois prisonniers, habillés d’une combinaison orange et les mains attachées derrière le dos, sont ensuite montrés à genoux. Ils sont ensuite décapités. Des personnes, dont de jeunes enfants, sont visibles sur la vidéo, en train de regarder la scène. Un combattant, s’adressant au président du Kurdistan Massoud Barzani, lance:

” A chaque roquette que vous tirerez contre les musulmans (…), nous tuerons l’un de vos hommes entre nos mains”.

Un génocide contre les Yézidis

Cette semaine encore, un rapport de l’ONU estimait que les attaques en Irak des djihadistes de l’Etat islamique (EI) contre la minorité yézidie “pourraient constituer un genocide”.

Le rapport fait état des exactions de l’EI depuis juin dernier : meurtres, tortures, viols et enrôlement des enfants, “contre de nombreux groupes ethniques et religieux en Irak, dont certaines pourraient constituer un génocide”, a indiqué dans un communiqué le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme.

 

 

Source: i24news.tv

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