Le Soudan du Sud plonge toujours plus loin dans l’horreur

Un rapport de l’ONU établit que des femmes ont été violées et brûlées vives par l’armée sud-soudanaise. Les enfants sont aussi parmi les premières victimes de cette guerre civile.

enfant jeune soldat combatant rebelle soudan sud

Le Soudan du Sud sortira-t-il un jour du chaos? Le plus jeune pays du monde, créé en 2011, est secoué par uneguerre civile sanglante depuis décembre 2013, qui a fait plusieurs dizaines de milliers de victimes. Ce mardi, l’ONU a dévoilé un rapport de “violations des droits de l’Homme généralisées” à travers le pays, qui connaît une valse d’offensives et de contre-offensives depuis le mois d’avril.

Sous cette expression policée, il est fait état de massacres contre les civils et de destruction de villages entiers par l’armée sud-soudanaise (SPLA). Mais aussi de l’enlèvement et du viol de femmes et de jeunes filles “dont certaines auraient été brûlées vives dans leurs maisons”, selon le témoignage de 115 victimes et témoins dans l’Etat d’Unité (Nord), l’un des plus touchés par le conflit.

Violences et famine

De rapport en rapport, les actes commis par les belligérants des deux bords qui parviennent à être documentés dépeignent la grave crise dans laquelle est plongée le Soudan du Sud. Plus tôt ce mois-ci, l’Unicef a alerté sur une épidémie de choléra et sur les violences faites aux enfants: “Des survivants ont raconté qu’on a laissé saigner à mort des garçons émasculés… que des filles d’à peine huit ans ont été violées collectivement puis assassinées”, a rapporté l’organisation. L’un des chefs de milices, passé à la rébellion, est accusé par les Nations unies d’avoir enlevé des centaines d’enfants sud-soudanaispour en faire des combattants.

De son côté, l’ONG américaine Famine Early Warning Systems Network estime que les conditions de famine sont réunies dans certains Etats en proie aux combats -essentiellement dans le Nord et le Nord-Est du pays, riche en pétrole. L’ONG rapporte que des civils meurent de faim, et craint un aggravement de la situation si l’aide alimentaire ne leur parvient pas. La FAO, l’agence de l’ONU pour l’alimentation et l’agriculture a déjà classé de grandes régions en “état d’urgence”, juste avant les critères retenus pour définir la famine. Les Nations Unies estiment que 4,5 des 12 millions de Sud-soudanais n’ont pas suffisamment à manger.

Un sempiternel échec des négociations

Pendant ce temps, les deux camps qui s’opposent ne parviennent pas à se mettre d’accord. Le conflit politico-ethnique a éclaté après que le président, Salva Kiir -de l’ethnie Dinkas- a limogé et accusé son ancien vice-président Riek Machar -de l’ethnie Nuer- d’avoir fomenté un coup d’Etat. Ce week-end, alors que les deux hommes s’entretenaient sans résultat à Nairobi, au Kenya, les combats faisaient rage à Malakal, le dernier accès aux rares champs pétroliers encore actifs du pays.

A la faveur de plusieurs tentatives de négociations, sept cessez-le-feu ont déjà été signés et rompus tout aussi rapidement. L’ONU a menacé de sanctionner au moins six hauts-responsables militaires du pays tandis que l’Union africaine a souhaité des sanctions économiques ainsi qu’un embargo sur les armes. Mais rien, pour l’heure, ne semble disposé à faire plier les deux hommes forts de ce pays, ni les 50 000 morts et les 1,5 million de déplacés, ni même les exactions commises contre la population.

 

Source: Lexpresse.fr

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