L’ANP élimine dix terroristes à la frontière avec le Mali

Les tentatives d’intrusion terroriste en territoire national se poursuivent. La lutte antiterroriste menée par l’Armée nationale populaire (ANP), les services et forces de sécurité ne connaît pas de répit. La  situation sécuritaire au nord du Mali connaît des remous, autant d’ingrédients qui imposent l’évocation de la situation sécuritaire dans la région.

 

Dans un communiqué rendu public hier, le ministère de la Défense nationale (MDN) a annoncé, dans un nouveau bilan, que le nombre de terroristes éliminés lors de l’opération antiterroriste menée depuis lundi après-midi, par un détachement des forces combinées de l’Armée nationale populaire (ANP) près de Tin-Zaouatine (Tamanrasset), s’est élevé à dix dans un nouveau bilan, affirmant que l’opération était «toujours en cours».

 

Lors de cette opération, 12 fusils automatiques de type kalachnikov, un lance-roquettes RPG-7, un fusil de chasse, un système lance-grenades GP58, onze roquettes pour RPG7, treize grenades, trois caisses de munitions pour FM, une caisse de munitions pour mitrailleuse 12,7 mm, quatre mines antichar et vingt chargeurs de munitions pour kalachnikov ont été récupérés, a précisé la même source.

 

Cinq téléphones portables, un GPS, une plaque d’énergie solaire, un PC portable ainsi que trois véhicules tout-terrains et deux motocyclettes ont été également récupérés, a encore précisé le MDN.

 

Ce n’est pas tout puisque, indique le communiqué du MDN, un autre détachement de l’ANP a mené une opération de recherche au niveau de la zone du col d’Anai, relevant du secteur opérationnel de Djanet (IVe Région Militaire), qui a permis hier (lundi) matin de récupérer une quantité d’armes et de munitions, suite à des informations.

 

Il s’agit d’un canon de confection artisanale destiné au lancement de roquettes de type C5KO (spécifiques aux hélicoptères), 87 roquettes C5KO et 75 fusées pour ces roquettes, qui étaient enfouis sous le sable, a précisé la même source.
Les tentatives d’introduction d’armes et de munitions par les frontières se multiplient mais butent sur la vigilance de l’ANP qui a pu saisir des lots importants d’armes de guerre ces derniers mois dans différentes localités frontalières, notamment à Bordj Badji Mokhtar, ville frontalière avec le Mali.

Là également, des armes et munitions de guerre enfouies sous le sable ont été saisies par l’Armée nationale populaire. Des armes provenant fort probablement de Libye, transitant par le nord du Mali.

 

L’intervention de l’Otan en Libye a arrangé les affaires des organisations terroristes qui sévissent au Sahel. Parmi ces nébuleuses, Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) et le Mouvement pour l’unité et le djihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) qui se sont équipés en lots importants d’armes et de munitions de guerre libyennes.

Conséquences sur la Syrie également
Cette réalité a été rappelée, il y a quelques jours, par l’expert américain des questions du terrorisme, Daveed Gartenstein Ross, qui a relevé, vendredi dernier, devant le Congrès américain, l’impact de la situation sécuritaire en Libye sur la sécurité en Algérie.

Il a indiqué que l’intervention de l’Otan en Libye «est une faute», expliquant que l’intervention de l’Otan a «un effet potentiellement déstabilisateur» non seulement sur les voisins immédiats de la Libye, citant l’Algérie, la Tunisie et l’Egypte, mais aussi sur le Mali puisque, selon lui, elle a favorisé de manière significative une prise de contrôle des djihadistes au nord malien entraînant une autre intervention militaire menée par la France.

Plus encore, selon lui, l’intervention de l’Otan en Libye «a également accéléré les événements en Syrie» où sévissent des organisations terroristes dont Al Qaida, «Djabhat Al Nosra» et autres nébuleuses affiliées ou non à la nébuleuse d’Aymane Al Zawahiri, successeur d’Oussama Ben Laden.

«Lorsqu’on observe les effets de l’intervention de l’Otan en Libye, il semble que cette décision ait nui aux intérêts stratégiques des Etats-Unis et rendu la région plus dangereuse», a-t-il soutenu devant la commission de supervision relevant de la Chambre des représentants, tout en rappelant qu’il a prévenu que la combinaison entre l’installation de camps d’entraînement en Libye par ces groupes, la grande disponibilité des armes et l’établissement de sanctuaires ont tendance à transformer la Libye «en base arrière pour des attaques terroristes éventuelles».

Des «informateurs» de l’armée française tués
Au Sahel, les terroristes qui bénéficient d’importants lots d’armes et de munitions de guerre libyens reviennent à la charge sporadiquement.

C’est ainsi que, selon l’AFP, les groupes «djihadistes» du nord du Mali ont formé un commando qui, en onze mois, a assassiné une dizaine de personnes accusées d’être des informateurs de l’armée française ou de la rébellion touareg.

«Au moins onze personnes accusées d’être des informateurs de Serval (nom de l’opération française au Mali) ou du MNLA (Mouvement national de libération de l’Azawad, rébellion touareg), ont été assassinées ces onze derniers mois par les islamistes», a indiqué une des sources citées par cette agence de presse française.

Le dernier assassinat en date «est celui de Sidati Ag Baye, sur lequel deux hommes à moto ont tiré» à Kidal, fief de la rébellion touareg dans l’extrême nord-est du pays, a ajouté l’AFP.

Une autre source militaire a précisé que cet homme, soupçonné «de travailler pour l’ennemi», était «surveillé depuis une dizaine de jours à Kidal par AQMI et qu’il a été «victime d’un assassinat ciblé».

Affaiblis, ces groupes restent néanmoins actifs dans la région en dépit d’une intervention militaire internationale lancée en janvier 2013 à l’initiative de la France, toujours en cours, est-il rappelé par l’AFP.

L’appel des oulémas du Sahel
Assurés de la disponibilité d’armes et de munitions de guerre, les organisations terroristes exploitent la détresse sociale et économique dont souffrent des populations du Sahel pour «recruter» parmi des jeunes «embobinés» par des discours radicaux et extrémistes prononcés par les «djihadistes».

C’est justement pour contrecarrer ces discours de haine qu’est née la Ligue des oulémas, prêcheurs et imams du Sahel : orienter les populations sur les vraies préceptes de l’islam et les protéger contre les discours radicaux et extrémistes.

Dans une déclaration faite à Niamey, au Niger, il y a quelques jours, cette ligue qui a appelé à «la libération de tous les otages retenus dans la sous-région afin qu’ils regagnent leurs familles sains et saufs» rappelle qu’elle œuvre pour «contribuer à l’expansion des valeurs de paix, de tolérance, de coexistence pacifique et de réconciliation entre tous les fils des peuples de notre chère sous-région».

Cette ligue ajoute, d’autre part, «déplorer et condamner avec fermeté ce qui se passe en Centrafrique contre les musulmans vulnérables, comme les nettoyages ethniques et les massacres collectifs».

 

 

 

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