Burkina Faso: Bilan de l’insurrection populaire – 19 morts et 625 blessés

19 morts, 625 blessés, 14 biens publics pillés, saccagés et/ou incendiés et plus de 260 cas d’atteintes aux privés, tel est le bilan, à la date du 20 novembre 2014, établi par un comité ad hoc mis en place par l’ex-chef de l’Etat, Yacouba Isaac Zida, au lendemain de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 et des manifestations des jours qui ont suivi. Cette commission, présidée par Clarisse Merindol Ouoba, a fait le point de la situation à la presse le mardi 25 novembre 2014 dans la salle de conférences du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération régionale.

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“Des pertes en vies humaines, des pillages et des destructions de biens publics et privés dans plusieurs localités du pays ont été constatés. Prenant la mesure de cet état de fait, et préoccupé par la necessité qu’une vigilance accrue soit accordée aux questions de droits humains, Son Excellence Monsieur le Premier ministre, le lieutenant-colonel Yacouba Isaac Zida, alors chef de l’Etat, avait souhaité qu’un état des lieux soit fait. Ainsi, un Comité ad hoc a été mis en place pour l’évaluation de l’état des atteintes aux droits humains pendant l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre et au cours des manifestations des 1er et 2 novembre 2014”, a indiqué la présidente du Comité, Clarisse Merindol Ouoba, enseignante-chercheur et conseillère technique au département des Affaires étrangères.

Elle était entourée lors de l’exercice par les autres membres provenant du ministère des Droits humains et de la Promotion civique, de ceux de la Sécurité et de la Défense, du département de la Santé, de la Justice, des Affaires étrangères et de la Coopération régionale. L’organe a pu travailler en toute indépendance en se basant sur les informations transmises par les ministères de la Santé et de la Justice, l’ensemble des structures sanitaires par région et les états fournis par les services de police et de gendarmerie. Ainsi, la situation en pertes humaines fait ressortir 19 morts constatés et enregistrés. Il ressort que 14 personnes ont perdu la vie dans les structures sanitaires et 5 ont fait l’objet de constat par les services de santé dans les domiciles. Selon le comité, les causes de ces décès seraient liées aux complications des blessures par balles, à une noyade, à des asphyxies, aux complications de traumatismes et de brûlures graves. Sur ces 19 morts, 2 n’avaient pas été identifiés ou réclamés par leurs familles.

Mais à ce jour, a relevé la présidente Ouoba, l’identification de ces personnes décédées est effective. Le rapport indique aussi que 625 blessés ont été enregistrés avec des lésions de toutes natures. Au niveau des dégâts matériels enregistrés, le comité a recensé 14 cas d’atteintes à des biens publics et plus de 260 cas au titre des biens privés. Il a été noté que des mutineries constatées lors de l’insurrection populaire au sein de la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO) et de celle de Bobo-Dioulasso ont provoqué 5 morts, portant l’ensemble des pertes en vies humaines, au moment du soulèvement populaire, à 24 morts. Des dégâts d’un montant de 7 248 000 FCFA ont été constatés à la MACO. Le comité a formulé des recommandations en vue du renforcement d’une véritable paix et d’une cohésion sociale. Il s’agit de l’organisation d’une journée nationale d’hommage aux morts de l’insurrection populaire; de la poursuite et de l’intensification des actions de sensibilisation des populations pour l’instauration d’une culture du civisme et de respect des droits humains sur toute l’étendue du territoire; de la prise en compte du rapport du Comité ad hoc (qui sera validé par l’ensemble des composantes de la société) par la Commission Vérité, Justice et Réconciliation prévue dans la charte de transition.

Par Cyr Payim Ouédraogo

Source: L’observateur Paalga

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