Après la proclamation de la victoire d’Ali Bongo Ondimba par la Cenap : des scènes de violence à travers le Gabon….la grande inquiétude des communautés étrangères

C’est vainqueur un peu décontracté, après des semaines d’intense campagne et plus de trois jours d’une attente stressante des résultats, qui s’est présenté à ses fans au jardin botanique de Libreville, quelques minutes seulement après la proclamation officielle des résultats du scrutin du 27 août 2016 par le ministère de l’Intérieur.

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Ali Bongo Ondimba puisque c’est de lui qu’il s’agit, s’est adressé à ses compatriotes avec un triomphe modeste, et il a tout à fait raison. Il sait que la victoire a été courte, les chiffres sont serrés, seulement un écart de 1% avec son rival Jean Ping, lequel rejette d’ailleurs les résultats proclamés par la Commission électorale nationale permanente (Cenap).

« Cette courte victoire nous oblige à prendre en compte les aspirations du peuple gabonais. Ces aspirations ne sont pas qu’économiques et sociales, elles sont aussi politiques qu’institutionnelles ».

C’est pourquoi le président Bongo place ce nouveau septennat sous le signe des réformes lesquelles concerneront la gouvernance territoriale notamment la décentralisation. Il entend faire en sorte que la voix de chacune des 9 provinces du pays soit entendue.

Aussi, la formation constituera un axe fort du présent septennat notamment à l’endroit des femmes et les jeunes. Les jeunes auxquels Ali Bongo Ondimba dédie sa victoire seront au cœur de son slogan de campagne : « changeons ensemble ».

L’homme qui dit être le président de tous les Gabonais, appelle ses compatriotes au rassemblement, à l’unité et à l’amour du pays. « Chérissons notre beau pays qui nous a vus naitre », a enseigné Ali Bongo Ondimba. Il a dénoncé les tentatives de déstabilisation qu’on a pu constater au cours du processus électoral.

Les étrangers inquiets

Aussitôt après la proclamation des résultats, des scènes de violence ont éclaté dans plusieurs quartiers de Libreville et à Port-Gentil. Des jeunes pro-ping affrontent les forces de l’ordre au niveau des artères de Libreville. L’Assemblée nationale aurait été incendiée, mais pour l’instant, nous n’avons pas assez de précisions sur cette information.

Les étrangers sont inquiets surtout la communauté malienne qui est l’une des plus importantes dans le pays. Un chauffeur de taxi nous a expliqué que c’est généralement les étrangers qui payent le prix de ces genres de violence.

Au centre de la discorde, les résultats de l’une des neuf provinces du pays, le Haut-Ogooué, fief de l’ethnie Téké du président Bongo. D’après les procès verbaux, le président sortant obtiendrait dans cette province 95,46 % des suffrages, avec une participation de 99,93 % pour 71 714 inscrits. Des scores que le camp Ping rejette.

Ces résultats ont permis ainsi au président sortant de remporter la victoire avec 49,80 % au niveau national, contre 48,23 % pour son rival, avec un taux de participation de 59,46 %. Ce qui représente une différence de 5 594 voix en faveur d’Ali Bongo sur 627 805 électeurs inscrits pour l’élection.

Paris et Bruxelles recommandent la publication des résultats bureau de vote par bureau de vote au risque de ne pas reconnaitre la victoire d’Ali Bongo. Ce que les autorités gabonaises n’admettent pas, arguant que cela ne fait pas parti de la loi électorale du pays.

 

Abdoulaye Diakité, envoyé spécial

 

La rédaction

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