M. Bourba Fofana Dit Michel, ancien entraineur du Djoliba AC : «Le groupe du Mali est jouable, la Côte d’ivoire n’est plus un foudre de guerre»

«Je crois que le Mali a fait fausse route en recrutant Henry Kasperczak… Il n’a plus d’autorité sur son groupe, ses choix sont contestables… Il n’a jamais été capable de mettre en place une équipe type et compétitive du début jusqu’à la fin des éliminatoires»

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Cette semaine nous avons rencontré pour vous l’ancien entraîneur du Djoliba AC, M. Bourba Fofana dit Michel dans son quartier sis à N’Tomikorobougou dans la Commune III du district de Bamako.

En effet, Michel a débuté sa carrière d’entraineur au Djoliba AC en 1999-2000 dans les catégories inferieurs (école de foot, Juniors) avant d’être adjoint de l’entraineur principal en 2003-2006, puis entraineur principal de l’équipe première en 2006 et un passage en tant qu’ entraineur principal de l’AS Police en (1er division en 2011-2012).

L’Express de Bamako : Est-ce que vous avez suivi les éliminatoires de la coupe d’Afrique des Nations ?

Michel : Oui !, évidemment, comme tout amateur du football, j’ai suivi en tant qu’entraineur presque tous les matchs des éliminatoires avec intérêt.

L’Express de Bamako : Que pensez-vous du parcours des Aigles ?

Michel : Un parcours de combattants avec des prestations en dent de scie. L’équipe a fait un bon début de tournoi avec deux (2) victoires d’affilée, puis elle est retombée dans ses travers avec deux (2) grosses contre performances avec la défaite contre l’Ethiopie à Bamako et la deuxième en terre Malawite pour enfin gagner en forcing contre l’équipe favorite du groupe, l’Algérie.

L’Express de Bamako : Avez-vous une idée sur l’entraîneur des Aigles (le choix des joueurs, le système de jeu…) ?

Michel : En tant qu’entraîneur, je me vois mal parler sur mon homologue de surcroît un étranger, mais je crois que le Mali a fait fausse route en recrutant Henry Kasperczak avec tout le respect que je lui dois. C’est un entraîneur qui est arrivé au terme de son utilité. Dans notre jargon, on dit qu’il a perdu la main. C’est quelqu’un qui n’a plus de pouvoir, qui n’a plus d’autorité sur son groupe, ses choix sont contestables, il n’a jamais été capable à mettre en place une équipe type et compétitive du début jusqu’à la fin des éliminatoires. Cela veut dire ce que cela veut dire.

Par rapport aux jeux de l’équipe, on ne sent pas une visibilité claire aussi bien dans l’animation offensive que défensive.

L’Express de Bamako : Le Mali a hérité d’un groupe composé de la Côte d’ivoire, du Cameroun et de la Guinée Conakry, quelle analyse faites-vous sur ce tirage et quelles sont les chances des Aigles ?

Michel : Le Mali est tombé dans un groupe D, difficile avec comme adversaire le Cameroun, la Côte d’ivoire et la Guinée. Pour moi, c’est un groupe jouable, la Côte d’ivoire n’est plus un foudre de guerre, c’est une équipe en phase de reconstruction qui mérite le respect mais pas imbattable.

Quant au Cameroun, c’est une équipe émergente avec la retraite de certains joueurs cadres, c’est une équipe qui n’a plus son niveau d’antan. Je m’inquiète par rapport à l’équipe Guinéenne. C’est l’une des meilleures nations de foot en Afrique du moment, c’est une équipe à prendre très au sérieux. A mon avis avec une bonne préparation, le Mali peut se tirer d’affaire dans ce groupe.

L’Express de Bamako : L’équipe du Mali pourra-t-elle faire mieux qu’en 2012 et 2013 ou elle a terminé 3è d’Afrique ?

Michel : L’équipe du Mali a un statut à assumer, c’est-à-dire pour faire aussi bien qu’en 2012 et 2013, il va falloir rehausser son niveau de jeu en mettant les hommes qu’il faut, c’est-à-dire les joueurs. Ceux qui sont capables de mettre le bleu de chauffe et qui sont prêts à représenter vaillamment le pays avec l’envie de jouer qu’ils ont démontré contre l’Algérie à Bamako. En conclusion, c’est une compétition très ouverte, ou le Mali peut aller très loin à condition de s’y prendre au sérieux.                                                                                                               Mohamed DIAKITE

SOURCE: L’Express de Bamako  du   10 déc 2014.
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