Judo malien en deuil : Lamine Touré a tiré sa révérence

Deux jours après l’ouverture des jeux africains de Brazza, le 04 Septembre dernier, La nouvelle du décès de Lamine Touré premier médaillé d’Or en Judo aux Jeux Africains de Brazzaville en 1965, a vite fait le tour de la ville de Bamako.

Fils de feu le médecin Touré, Aîné du Général de Gendarmerie Naïni Touré, ambassadeur du Mali en Algérie et mère de Massaran Touré, épouse de l’actuel ministre de la défense, Lamine Touré est décédé le samedi 06 Septembre des suites de maladie. Son enterrement a eu lieu hier dimanche. En présence des proches ; amis ; des élèves de son dojo dont Habib Sissoko président du Comité National Olympique et sportif du Mali (CNOSM).

taekwondo karate judo boxe coupe onatel medailleEn effet, cet ancien Champion africain semble aujourd’hui remisé aux oubliettes et abandonné à son propre sort. Aussi, sa situation actuelle, qui est loin d’être réjouissante, en appelle à un devoir de reconnaissance pour tout ce que l’homme avait pu apporter au sport malien en général, et au judo en particulier.

Grand pratiquant de judo, juste après l’indépendance en 1960, Lamine Touré faisait partie de la délégation malienne qui avait participé aux Jeux Africains de Brazzaville en 1965, au Congo, en compagnie de l’équipe nationale de football et d’autres athlètes, comme Namakoro Niaré. A l’issue de la compétition, M. Touré avait obtenu le titre de Champion d’Afrique en Judo, avec une médaille en or. Aussi sera-t-il accueilli en héros à son retour au pays.

Après sa retraite, M. Touré était resté dans le milieu sportif et avait créé une maison de vêtements sportifs baptisée Mali-Sports. Ainsi, tous les articles sportifs (maillots, survêtements, ballons, crampons, bas…) y étaient vendus. Et tous les grands sportifs de l’époque étaient financièrement entretenus et soutenus par Lamine Touré. Tous les pratiquants sportifs de l’époque -de 1970 à 1980- ont eu à bénéficier de son aide, d’une manière ou d’une autre.

Du coup, M. Touré était devenu une idole et une référence dans le sport malien. Mais aujourd’hui, le temps et l’âge ont malheureusement eu raison de l’homme. “Je suis vraiment désolé pour Lamine Touré. Vu tout ce qu’il a fait pour le sport malien, il ne mérite pas un tel mépris, un tel oubli. J’interpelle les autorités politiques et sportives afin qu’elles réparent une injustice”, a déclaré un ancien footballeur. Et un autre, d’enchaîner : “Le sport est une discipline ingrate. Dire que Lamine a été le 1er médaillé d’or au Mali, et voir son état actuel, c’est vraiment déplorable”.

Notons qu’il a fallu attendre l’année 2007, soit quarante deux années après l’exploit de M. Touré, pour voir un autre Malien sacré Champion d’Afrique et du monde, cette fois-ci en taekwondo. Il s’agit de Daba Modibo Keïta. Ce qui prouve que les arts martiaux occupent une place de choix dans le pays.

Aujourd’hui, dans le milieu sportif, des voix s’élèvent de plus en plus pour interpeller l’Etat malien à propos d’un devoir de reconnaissance envers celui qui, durant toute sa splendeur, s’est consacré corps et âme pour faire avancer le sport malien, ainsi que tant d’autres.

Si bien que de nos jours, le premier médaillé malien en judo paraît fortement déçu du comportement des responsables sportifs maliens. Aussi serait-il réconfortant que le ministre des Sports et le Comité National Olympique et Sportif du Mali envisagent désormais des mesures pour venir en aide à ces anciennes gloires sportives oubliées.

Nous sommes conscients que le Président de la République ATT, le ministre des Sports Hamane Niang, que je connais bien, et Habib Sissoko, président du Comité Olympique, qui fut son élève, prendront les mesures nécessaires pour lui venir en aide…”, a déclaré un ancien footballeur converti dans le métier d’entraîneur.

L’appel sera peut-être entendu par les plus hautes autorités du pays afin qu’ils ne puissent pas donner raison à l’adage qui dit que “le sport reste et demeure une discipline ingrate”. En tout cas, il ne sert à rien de décerner des titres posthumes à des sportifs méritants, alors qu’ils en ont plutôt besoin… avant leur mort.


Source : Sadou BOCOUM

Le titre et le Chapeau sont de la Rédaction.

source : Le Pouce

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